‹ Les tableaux de Peter Bruegel, le vieux, au Musée Impérial à VienneChapitre 15 sur 16 · REPAS DE NOCES · texte numérisé non relu

REPAS DE NOCES

Bois de chêne ; 114 : 163 cm.

Collection de l’archiduc Léopold Guillaume.

À la fin de sa vie Bruegel semble avoir renoncé complètement à la tendance qu'il avait jusqu'alors dans ses tableaux à personnages de peupler tout le panneau d'innombrables figurines et de provoquer ainsi toujours à l'examen du détail. Il peint maintenant des tableaux avec peu de personnages et beaucoup plus grands et procure ainsi au spectateur la possibilité de saisir toute la scène d'un coup d'œil. C’est grâce à ce principe de composition qu'il a créé le tableau de mœurs à proprement parler pour la première fois. La noce paysanne, en question, appartient aux peintures les plus parfaites du genre. Au milieu de la table placée en biais de la scène, la laide mariée est assise dans cette attitude maladroite, indolente et raide, que nous retrouvons encore après Bruegel dans presque toutes les représentations hollandaises de noces, même dans la « Noce de Simson » de Rembrandt à Dresde. La mimique des invités assis à table, des joueurs de cornemuse et des valets faisant le service est inimitablement rendue. Tout à droite, à côté d’un religieux, on voit un particulier habillé à la mode de la ville, dans lequel on aimerait à reconnaître le peintre lui-même, qui n'a pu atteindre que par l'observation directe à une telle vérité dans la description de la vie paysanne.

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