ACTE TROISIÈME
BAI.ISTRAC.
Passez donc, Saint-Chamas.
SAINT-CHAHAS.
Après vous, mon cher Balistrac.
BALISTRAC, voyant les journaux on mains.
Ah! les comptes rendus de la redoute I Parle-t-on de moi?
LE DOCTEUR
Oui : « Un homme d'esprit déguisé en clown... »
BALISTRAC.
On ne me nomme pas? Alors, à quoi bon me trouver spirituel?
Il prend le journal au docteur.
GUSTAVE
J'aurais dû envoyer mon nom aux journaux, moi; j'ai été bête.
RAOUL, entrant par la gauche.
Bonjour, messieurs. Ma vénérable tante, la marquise, est là. Vous n'êtes pas pressés d'entrer?... Non, je comprends.
GUSTAVE, se levant.
Moi, je l'aime, la marquise. Nous nous comprenons, quand nous ne parlons pas politique.
RAOUL
Vous êtes content, Balistrac ? Vous avez obtenu un succès énorme dans votre clown.
N'est-ce pas?
RAOUL, montrant un autre journal.
Seulement on s'est trompé. ,
BALISTRAC.
En quoi?
RAOUL
On vous a pris pour Saint-Chamas.
BALISTRAC et SAINT-CHAMAS, ensemble.
Hein?
RAOUL
Vous vous étiez si bien grimé !
SAINT-CHAMAS.
Mais c'est très désagréable, cela.
BALISTRAC.
Je crois bien que c'est désagréable.
RAOUL, lisant.
« M. de Saint-Chamas, un de nos députés les plus spirituels, sous les traits d'un clown connu... » *
SAINT-CHAMAS.
Voilà de quoi briser une carrière.
BALISTRAC, à part.
Il ne sait pas le bien que ça lui fera, (u prend le journal et le lit en causant.) Au souper, j'ai été admirable... J'ai escamoté le Champagne.
GUSTAVE
Quelle joUe plaisanterie I
BALISTRAC, à Raoul.
Vous n'y étiez pas? On vous avait entraîné. (Bas.) Avezvous été heureux?
RAOUL
Très heureux... au baccarat; j'ai terminé ma nuit au club.
LE DOCTE
liais, ^les donc, BaoïA, W, e dans ce joumal.