ACTE DEUXIÈME
J'en ai peur.
MADAME DESCOURTOIS.
Il a fondé dans vos provinces du Danube une grande société française.
LE PRINCE
Je Tai appris en France.
MADAME DESCOURTOIS.
Vous supposez que cette société n'est pas sérieuse ?
LE PRINCE
Je ne dis pas cela. A Paris les étrangers distinguent très difficilement le sérieux du comique.
MADAME DESCOURTOIS.
Ah ! vous n'aimez pas M. Cardonat.
LE PRINCE
Je ne lui ai jamais parlé.
MADAME DESCOURTOIS.
Il a une femme remarquablement belle.
LE PRINCE
Est-elle ici ? .
MADAME DESCOURTOIS.
Eh! mais, prince, il me semble que, sans le vouloir, je VOUS intrigue déjà ?
LE PRINCE
Je ne peux jamais réprimer un mouvement de joie quand on m'annonce le présence d'une jolie femme.
Je vois que vous connaissez madame Cardonat.
LE PRINCE
Je l'ai vue hier, une seconde.
MADAME DESCOURTOIS.
Elle est Moldave, vous auriez pu la rencontrer en Orient.
LE PRINCE
Je l'y avais rencontrée, en effet, une ou deux fois. Elle doit l'avoir oublié.
MADAME DESCOURTOIS, à part.
Il y a quelque chose.