‹ Les tapageurs: comédieChapitre 8 sur 144 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

une supériorité un peu réelle dans le high-life, ou eu politique, en politique surtout, nous n*avons plus une fantaisie sans qu'on y attache un grelot; tout, dans notre existence, devient sujet à discussion; c'est un assaut de pourquoi et de comment à détruire la réputation la mieux établie. Je vous jure qu'un chef de parti qui reste honnête homme pour le public a les reins solides. Mais quand on a pour soi sa conscience...

VALAJOL.

Oh! la conscience! on l'a toujours pour soi, ou on n'en a pas.

MADAME PUYJOLET.

Il y a bien des compensations.

SAI>'T-CHAMAS.

Sans doute, madame, il y a les succès de tribune.

VALAJOL.

M. de Jordane, par exemple, qui a conquis par ses triomphes oratoires une orphehne de dix-neuf ans, immensément riche : voilà im vrai succès de tribune.

SAINT-CHAMAS.

Sans doute! Enfin nous demandons seulement qu'on s'occupe moins de nous.

VALAJOL.

Nous le demandons en grâce.

UN VALET DE PIED, entrant par la gauche.

La commission de monsieur est faite.

Il sort à droite.

VALAJOL.

Bien. — C'est la liste des invités que Jordane m'a prié d'envover aux journaux.

PUYJOLET, à part.

Et ils ne veulent pas qu'on s'occupe d'eux !

MADAME PUYJOLET.

Alors un dîner à sensation?

YÂLÂJOL, passant à elle.

Pas du tout, un dîner simple, un dîner où l'on dîne, douze couverts, (ii compte sur ses doigts.) Jordaue, madanae de Jordane, Raoul, la vicomtesse de Folny, la plus belle des veuves !

SAINT-CHAMAS.

Le dôuil est terminé?

YALAJOL.

Il se termine : on en est aux couleurs tendres. La jolie madame de Balistrac.

MADAME PUYJOLET.

La femme de l'ancien préfet?

SAINT-CHAMAS.

Alors, le docteur Bajol ?

YALAJOL.

Naturellement. M. de Balistrac, M. et madame Descourtois.

SAINT-CHAMAS.

Ah! ah! madame Descourtois est parvenue à se faire inviter?

YALAJOL.

Elle a pris un mari pour enfoncer les portes, c'est un bélier.

MADAME PUYJOLET, à Piiyjolet.

Une ancienne institutrice qui a épousé un millionnaire. . , trop tard !

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