ACTE DEUXIÈME i
MADAME nESCOURTOIS.
Et je m'en félicite, puisque tu vas te marier.
VALENTINE
Vous vous mariez?
RAOUL
Mais non, c'est une plaisanterie qu'on fait toujours.
MADAME DESCOURTOIS, s'approchant de Valentine.
Est-ce que les dames patronnesses des jeunes égarées auraient l'intention de s'égarer elles-mêmes?
Elle la quitte.
VALENTINE
C'est madame Descourtois.
RAOUL
Vous croyez?
VALENTINE
J'en suis sûre.
ARCADIE, allant à Raoul.
Sais-tu quelle est la petite dame qui ressemble à Esther?
RAOUL
Pas du tout.
ARCADIE
C'est une femme du monde et le prince ne la quitte pas. J'ai été forcée d'inventer un accident pour qu'il se dérange. Il lui adonné la meilleure place. Si les femmes du monde nous prennent nos amants maintenant...
VALENTINE, effrayée.
Allons! boni •
RAOUL
Calme-toi, Arcadie.
arcàdie.
Non, je ne me calmerai pas... Elles nous donnent leurs maris ! Si elles croient que c'est une compensation...
RAOUL
Arcadie, je ne te reconnais plus, toi si distinguée d'ordinaire.
ARCADIE
Distinguée, toujours, mais tu sais que je lui ôterai son masque, moi, à la femme du monde.
RAOUL
Cela, par exemple, je te le défends.
ARCADIE
Tu la connais donc aussi?
RAOUL
Cela ne te regarde pas.
ARCADIE
Je suis chez moi, ici, mon cher.
Eh bien, tant pis pour toi!
Il la quitte.
VALENTINE, effrayée.
Est-ce qu'elle ferait ce qu'elle dit?
RAOUL
Soyez tranquille : vous et vos deux amies, vous êtes sous ma garde et je réponds de tout.
Ils s'éloignent.