LE COURONNEMENT DE LA VIERGE
énéralement l’on rattache aux tapisseries de la « Scuola vecchia », c’est-à-dire aux Actes des Apôtres , le Couronnement de la Vierge , conservé au Vatican dans les appartements particuliers du Pape h Mais, si la composition de cette tenture procède d’une esquisse de Raphaël et offre des traits se rapportant à Léon X, il résulte, par contre, du témoignage des documents anciens, que jamais elle n’a fait partie de la série de la « Scuola vecchia ». Exécutée dans les Flandres, longtemps après la mort de Léon X et de son peintre favori, elle n’est entrée au Vatican que sous le pontificat de Paul III, à qui elle fut offerte par le cardinal de Liège, Everard de la Marck (i537).
Dans l’intervalle entre l’exécution de l’esquisse de l’Université d’Oxford et l’achèvement du carton, la composition a subi des modifications profondes, qui ne sont peut-être pas imputables à Raphaël. Un dessin de la Bibliothèque ambrosienne à Milan, conforme à la gravure du maître au dé, nous montre les saints réduits au nombre de deux : à -gauche saint Jean-Baptiste, à droite saint Jérôme avec son lion ; saint Pierre et saint Paul ont disparu. Par contre, quatre anges sont venus compléter la scène : deux sont debout au premier plan ; deux autres, placés au fond, écartent les rideaux qui encadrent le trône de la Vierge. Malgré la légende tracée sur la gravure ( Coronatio beatæ Mariæ Virginis. Ra. in.), il est probable que le remaniement de la composition, telle qu’elle paraît dans le dessin de Milan, dans la gravure du maître au dé, et dans la tapisserie, est dû, non à Raphaël, mais à un de ses élèves. Le dessin d’ailleurs diffère lui-même de la tapisserie: le Christ n’y tient pas le sceptre de la main gauche ; le Père éternel et les chérubins manquent encore 2 .
Au Louvre, parmi les dessins non exposés, faussement attribués à Raphaël, figure un Cou,-
1. — Paliard, le Couronnement de la Sainte Vierge . — Histoire de la Tapisserie en Italie , pp. 23-24. — Raphaël, sa vie, son œuvre et son temps , pp. 493-494.