‹ Les tapisseries de TournaiChapitre 22 sur 51 · Tapis de table d ouvrage de haultelisse · texte numérisé non relu

Tapis de table d ouvrage de haultelisse

«à fond vert acheté à Antoine Calme pour la chambre du conseil des mayeurs et échevins(2).

180 — 1615. « (Tapis sandrés... tapis à la guise et ri fachon de tapisserie - inventé par Simon Bedoret, hautelisseur) (3).

1S1 — 1615. Houx tapis de table, de diverses couleurs, achetés à Jacques Descobecq pour 264 livres (4).

182 — 1616, Tapisseries (8 pièces) léguées à l'église Saint Tiat par noble dam»' Ami» --Marie de Lannoy, veuve de messire Jean de Henin Liétart. (Son compte d'exécution testamentaire 1627.)

183 — 1641. I /Assomption et le couronnement de

la S. Vierge, tapisserie conservée au musée de Tournai.

A gauche on voit la tombe vide, «jnentourent plusieurs personnes dans l'attitude de l'admiration; au premier plan, une femme cueille des lleurs; dans le haut la sainte Vierge s élevant au ciel, soutenue par les anges. A droite et séparée du premier sujet par une colonnetie, se trouve la s.-ene du couronnement : la Vierge agenouillée sur les nuages entre les trois personnes de la sainte Trinité. La bordure est ornée de

(1) T. Compte d'ouvrages \rr avril 1022 f 41 et 1633 f° 37. — Comptes généraux 1683-84.

(2) Archives générales <lu Royaume, registre 40028 f° 143.

(3) T. Conaaux du 28 juillet 1615 et 17 mai 1616.

(4) Archives du Royaume, registre 4030 f° 135.

vases avec fleurs et fruits formant guirlande. Dans le haut, deux écussons armoriés avec une couronne comtale et sur une banderole la date 1631, deux fois répétée.

Cette tapisserie, toute laine, aux tons assez passés, ne porte aucune marque.

M. A. de la Grange qui l'a étudiée, reconnaît dans les armoiries dont elle est ornée celles de Philippe de Rubempié, comte de Vertain et de Jacqueline de Récourt, sa femme.

Le comte de Vertain fut gouverneur de Tournai, de 1626 à 1636; il protégeait particulièrement les ordres religieux établis dans cette ville. Or en 1G31 , les dominicains obtinrent l'autorisation de reconstruire leur monastère à Tournai. « Ne faudrait-il pas voir alors, continue M. de la Grange, dans notre panneau de tapisserie, un don fait par Philippe de Rubempré aux dominicains de Tournai avec une date destinée à rappeler la fondation de leur couvent. D'ailleurs si Ton voulait reconnaître dans les blasons la preuve que notre tapisserie appartint au comte de Vertain on ne saurait s'expliquer sa possession actuelle par la ville, d'autant plus qu'il avait quitté Tournai à l'époque de sa mort. Au contraire dans notre hypothèse le panneau qui nous occupe serait demeuré en place lors de la suppression des dominicains et aurait échappé à la vente par suite du peu de valeur que l'on attribuait aux tapisseries dans les dernières années du XVIIIe siècle » (î).

Nous ne pouvons que nous rallier à cette opinion. Quant à l'origine tournaisienne de la tenture en ques-

(1) Voir : Bulletins de la Société historique et littéraire de Tournai. Tome 22 page 303.

tion, elle ne nous paraît pas contestable; elle présente les caractères de notre fabrication.

184. — Portrait du de Dugué de Bagnols ou peutêtre d'un membre du Parlement ; le personnage représenté dans cette tapisserie porte avec la grande perruque, la toge et le rabat des magistrats. 11 est grandeur nature.

On ne connait pas l'origine de ce travail remarquable à plusieurs points de vue, mais son grain permet de l'attribuer aux ateliers de Tournai.

Il a été déposé longtemps au local des archives de la ville et se trouve actuellement conservé au musée d'antiquités.

185. — 1633. Tapisserie de l'histoire de Samson reprise à l'inventaire dressé à la mortuaire du chanoine Antoine d'Aubermont, en 1633 (î).

1SC) — 1<;:*3. Une grande tenture de 1 hachement(?) d'Italie chez le même.

187 — 1 (•,;;<•». ])<mix tapis de table décorés de l'effigie de Philippe IV et de nombreuses armoiries. Ces tapis conservés à l'hôtel de ville de Fumes, ont été achetés à Tournai en 1636 pour la rhatellenie de Furnes. Ils se ressemblent fort et ne diffèrent que par leurs dimensions et quelques menus détails. Le plus grand mesure 5 mètres GO centimètres de long et le plus petit 8 mètres 93 centimètres. Leur hauteur à tous deux est de 1 mètre 17 centimètres. Le petit n'a pas de bordure, le plus grand en a une, qui n'est autre que le

(1) Manuscrit de la collection E. Desmazières.

fond lui-même du tapis, séparé de celui-ci par une étroite bande quadrillée.

L'un et l'autre offrent l'effigie plusieurs fois répétée d'un souverain dont le nom : Philippe inscrit sur une banderolle ne peut désigner que Philippe IV, entouré de divers attributs et emblèmes tels que la croix de Bourgogne, des grenades, les colonnes d'Hercule avec la légende Plus oultre, et accompagné de grands écus couronnés, avec l'aigle impériale et le collier de la Toison d'or, d'autres écus à fond d'hermine avec un lambel et enfin de petits écussons à la tour.

Le plus grand porte 4 fois en hauteur l'image du souverain et le petit 3 fois seulement.

Des bandes composées d'écussons aux armes de diverses provinces des Pays-Bas alternent avec les personnages. Ces écussons et leur disposition diffèrent dans les deux tapis. Les noms des provinces sont écrits près des écussons; on en compte, dans le plus petit des deux tapis, 15 sur une seule ligne.

L'un et l'autre tapis sont de deux tons, le jaune et le bleu foncé, en laine, et travaillés mécaniquement au moyen du tissage, comme les numéros 190 et 191 qui suivent.

On connaît l'origine tournaisienne de ces tapis de table par les comptes de la chatellenie de Furnes où leur achat est relaté : le magistrat en acheta trois (il n'en reste plus que deux, conservés avec soin à l'hôtel de ville de Furnes) qu'il paya 156 livres (î).

La planche ci-contre reproduit un fragment du plus petit des deux tapis.

(1) M. H. Van de Velde. président du tribunal de Furnes a signalé le premier ces tapis dans les annales de l'académie d'archéologie de Belgique, t. xin, en 1856.

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