La Bataille de Roncevaux
Tapisserie tissée de laine et de soie. Dans la mêlée confuse entre Francs et Sarrasins, une inscription désigne au regard Roland et son épée Durandal. Principaux épisodes représentés, de gauche à droite : 1) Roland frappe à mort le Sarrasin Marsile ; 2) Roland, épuisé et privé de ses compagnons d'armes, sonne désespérément du cor pour réclamer du secours ; 3) ne voulant pas remettre son épée au fourreau, il essaie en vain de la briser contre le roc ; 4) il s'assied au pied d'un arbre pour attendre la mort ; 5) Bauduin, son frère, arrive trop tard pour secourir le héros et s'en retourne emportant Durandal et le cor. Dans le haut, inscription en vieux vers français.
Provient de la collection de Somzée. Travail de Bruxelles, de Tournai ou de Bruges ? Seconde moitié du xv« siècle. H. 3",78 ; L. 5'",64.
9, 10. Judith et Holopherne.
Tapisserie tissée de laine et de soie. Elle présente deux compositions séparées l'une de l'autre par une élégante colonnette surmontée d'une figurine : 1) Judith, une couronne sur la tête et accompagnée de sa fidèle Abra, se présente à Holopherne entouré de sa cour. Au second plan, dressoir chargé de vaisselle précieuse et gardé par deux hallebardiers. Dans l'angle supérieur gauche, Judith et Abra implorant la Vierge et l'Enfant Jésus. 2) Judith prend part au repas d'Holopherne, assise à sa gauche, mais elle se fait servir les aliments qui lui sont apportés par sa fidèle compagne. Au premier plan, des pages occupés à préparer les boissons. Bordure formée de bouquets de fleurs réunis, tiges contre tiges, au moj'en de nœuds enrubannés.
Provient de la collection de Somzée. Travail toumaisien ? Commencement du xvi« siècle. H. 4",38 ; L. 6°,14.
11, 12, 13. Le Triomphe du Christ.
Tapisserie tissée de laine et de soie. La scène médiane et principale représente J.-C. entouré d'anges et présidant, en sa qualité de Rex Regiim, titre qui lui était toujours reconnu autrefois, aux destinées de l'élément religieux et de l'élément civil qui se fondaient jadis dans une société unique, et qui sont représentés ici par leur membres principaux : à la droite du Christ, le pape, deux cardinaux, des prélats, des moines et des religieuses ; à sa gauche, l'empereur, l'impératrice, un roi, une reine, des personnes de différentes classes. Aux pieds du Christ, à sa droite, la Miséricorde sous les traits d'une vierge tenant un lys ; à sa gauche, la Justice avec le glaive. Dans les angles supérieurs du même compartiment figurent Adam et Eve. Dans le compartiment latéral de gauche, l'empereur Octave-Auguste entouré de sa cour et recevant Cléopâtre ; au second plan, la sibylle de Cumes montre à Octave la Vierge qui apparaît dans le ciel avec son Fils. Dans le compartiment latéral de droite, Assuérus, assis sur son trône, écoute les supplications que lui adresse Esther en faveur de ses compatriotes ; au second plan, deux personnages devant une table, dont l'un scelle un écrit, peut-être l'édit de proscription des Juifs. Dans le registre supérieur du compartiment latéral de gauche : 1) un ouvrier, le pied droit appuyé sur une bêche, écoute les ordres que lui donne un personnage accompagné de deux hommes ; c'est l'interprétation de la parabole : « Le royaume des Cieux est semblable à un trésor enfoui dans les champs ; l'homme qui le trouve le cache, et tout heureux de sa trouvaille, il s'en va, vend tout ce qu'il a et achète ce champ. » 2) Charlemagne et à ses pieds une tête de Turc. Dans le registre supérieur du compartiment latéral de droite : 1) deux dames, suivies d'un gentilhomme, s'enti'etiennent avec un homme qui leur déroule une pièce de brocart ; c'est l'interprétation de la parabole : « On peut encore comparer le royaume des cieux à un marchand qui cherche des perles précieuses; en ayant trouvé une d'un grand prix, il s'en va, vend tout ce qu'il possède et l'achète. » 2) Godefroid de Bouillon tient im écu aux armes du saint Sépulcre, et Artus un écu chargé de trois couronnes. Ces diverses scènes sont séparées par des colonnettes et des doubles arcatures trilobées. La bordure est formée de fleurs de jardin. L'auteur du carton a imité de près la tapisserie du Triomphe du Christ de M. Pierpont Morgan.
Provient de la collection de Somzée. Travail bruxellois. xv«-xvi^ siècle. H. 3",70 ; L. 4'°,68.
14, 15, 16. La Communion d'Herkenbald.
Tapisserie tissée de jaine, de soie et d'or. Elle représente la légende d'Herkenbald, le justicier brabançon, qui avait déjà été interprétée par Roger van der
Weyden pour l'hôtel de ville de Bruxelles, dans des tableaux aujourd'hui perdus, mais qui ont été reproduits dans des tentures conservées au Musée de Berne. A gauche, en haut, on voit le neveu d'Herkenbald séduisant une jeune femme ; à droite, l'oncle frappant à mort le jeune débauché. Le milieu, séparé des épisodes latéraux par des colonnettes dans le goût de la Renaissance, est occupé par la scène de la communion. Herkenbald, sur le point de mourir, refuse de déplorer le meurtre qu'il a commis sur l'un des siens. A ce moment, en présence de nombreux assistants, l'hostie sainte sort du ciboire tenu par le prélat qui l'avait engagé à se repentir et vient se poser sur la langue du moribond. Dans la bordure, pampres couverts de grappes de raisins et fleurs diverses alternant tantôt avec un calice surmonté de l'hostie, tantôt avec l'agneau pascal. L'auteur du projet de carton est Jean van Brussel, dit van Room, peintre bruxellois. Le cartonnier est un certain maître Philippe, dont le nom patronymique n'est pas encore fixé. Le hautelisseur est appelé maître Lyon ou Léon, de Bruxelles. Cette tapisserie avait été commandée par la confrérie du Saint-Sacrement, établie en l'église Saint-Pierre à Louvain.
Travail de Bruxelles, exécuté vers 1513. H. 3",87 ; L. 4'°,30.