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militaire, où elle travaille comme lingère. Malheureusement pour elle, son désir de voir disparaître ses tatouages l'a entraînée déjà à plusieurs essais malencontreux ; elle s’est brûlée à diverses reprises avec des acides.
Elle porte un vaste tatouage qui occupe toute la région médiane du front, un tatouage moyen sur chaque joue, un petit tatouage sur la région nasale droite el enfin un tatouage occupant toute la région mentonnière médiane ; ce tatouage se prolonge même assez loin sous le menton.
Ilest assez difficile de bien reconnaitre la forme des dessins, d'ailleurs assez bizarres et légèrement défigurés par les brûlures aux acides. Sur les joues les brûlures ont été plus marquées et je propose l'ablation au bislouri ; je réserve la méthode au chlorure de zinc pour les autres tatouages, plus étendus et mieux respectés.
Première séance. Le 8 octobre 1900. — J’attaque avec la solution aux 3/4 le tatouage du front. La malade supporte tout d’abord assez courageusement mes piqüres, mais bientôt elle me prie de cesser, au moment où je viens de passer au latouage du nez. Je remets donc la suite de mon intervention au lendemain et je me décide à recourir à anesthésie locale.
Deuxième séance. 9 octobre. — Ablation des tatouages des joues au bistouri; sutures. (Anesthésie à l’aide de piqûres à la cocaïne). Attaque au chlorure de zine du tatouage du menton après injec-
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tions de quelques gouttes de cocaïne en divers points.
Troisième séance. — Pansement et retouche le 15 octobre. Lei l'asepsie a été bien complète, bien que les pansements aient été faits simplement avec du coton imbibé de collodion (1).
Quelques jours plus tard, le 21 octobre, on ne voit plus que les deux lignes de mes incisions jugales, et c'est à peine si sur le front et le menton on distingue un ou deux petits points bleus ayant échappé au délatouage.
La malade ne veut plus d'autre retouche ; elle se déclare satisfaite.
À son tour, en 1898, le D° Brunet (2) propose un autre procédé. Il déclare ne pas avoir réussi constamment après avoir tenté l’ablation de tatouages par la méthode du docteur J. Brault. « Le tatouage » fut-il trop récent, . dit-il, et encore profondément » incrusté ; est-ce dans la crainte d’avoir une cica- » trice trop profonde, pour n'avoir pas assez enfoncé » les aiguilles au milieu du sang ? »
Le repiquage au chlorure de zinc ne semble toutà-fait pratique au D° Brunet que pour les tatoua-
(1) Dans cette région, un autre pansement eut été fort gênant.
(2) Essai de détatouage par un procédé nouveau. Félix Brunet. Archives de médecine navale et coloniale, 1898,
t. LXX;'p 270.
De DÉS ges des organes génitaux! ? Nous reviendrons plus loin là-dessus.
Quoi qu'il en soit, le procédé préconisé par le D° Brunet consiste à faire des frottis avec un crayon de nitrate d'argent sur le derme préalablement mis à nu à l’aide d'un vésicatoire à l’'ammoniaque. Cette méthode comprend les temps suivants :
a). Anesthésie à la cocaïne et limitation avec du diachylon du champ opératoire.
b). Vésicatoire à l’ammoniaque pour enlever l’épiderme et découvrir le derme tatoué.
c). L'épiderme enlevé, frottis des traits du dessin au crayon de nitrate d'argent, en insistant suivant la profondeur du tatouage.
d). Après cinq minutes d'action, pansement humide à l’eau salée ou à l'eau boriquée, jusqu’à ce que lescarre soit formée et facile à détacher.
e). Caicatrisation de la plaie par un pansement sec à la poudre de Lucas-Championnière et massage de la cicatrice.
L’escarre obtenue par ce procédé, le D° Brunet le reconnaît lui-même, comprend toute létendue du dessin sur une certaine épaisseur. C’est linconvénient des procédés de Variot et de Sherwe!l.
Le D° Brunet ajoute : «Nous ne rendons pas Justiciables de ce traitement les tatouages des organes génitaux, pour lesquels le repiquage au chlorure de zine suffit. »
Mais justement le D° J. Brault à obtenu ses meilleurs résultats sur le front, et en général sur les
régions offrant un plan sous-jacent résistant. L’exemple de son légionnaire, orné du mot vengeance sur le front, en est une preuve.
Il est évident que dans les cas de tatouages très étendus occupant une grande partie des membres ou du tronc, la méthode du D' Brault, comme toutes les autres d’ailleurs, deviendrait trop pénible. Il est des tatouages auxquels il vaut mieux ne pas s'attaquer. M. Brault a souvent refusé à des détenus de pénitenciers l’ablation de vastes dessins qu'ils avaient sur le tronc. Dans le cas où des tatouages ont déjà été brûlés à laide de caustiques puissants et ont en partie disparu en laissant des cicatrices indélébiles, il vaut mieux {si les parties atteintes n'ont pas une étendue excessive) recourir à l’ablation pure et simple au bistouri {voir plus haut l'observation III du D' Brault).
Evidemment aussi, des retouches sont souvent nécessaires, Pour des opérations de ce genre, dont le résultat est si délicat à obtenir, il n’est pas de méthode mathématique, le résultat dépend un peu de l’habitude que l’on a, et de l’habileté de chacun. Il faut en outre savoir mesurer l’action du caustique à la nature et à la profondeur du tatouage.
Tout ceci explique les divergences d'opinion. En outre, la technique, un peu trop résumée, n’a peutêtre pas toujours été bien comprise.
Le D' Brunet reconnaît lui-même les avantages de la méthode Brault pour certains cas.
Enfin un autre auteur, Hausen, donnela préférence
ET dites au procédé du D'Brault. C.-J. Hausen (1) a essayé le détatouage sur 50 dessins chez 24 malades. Il donne la préférence absolue aux méthodes de Variot et de Brault, surtout à la dernière, qui cause moins de douleurs tout en donnant un résultat aussi certain, avec des cicatrices plus belles, plus lisses et plus souples que la méthode de Variot.
Naturellement, la méthode ne doit être pratiquée qu'après avoir rigoureusement réalisé l’asepsie de la région. Elle peut être dangereuse lorsqu'elle n'est pas maniée avec prudence. Si le champ opératoire n'est pas exactement nettoyé, des suppurations peuvent s'établir, dont les résultats sont des cicatrices plus ou moins profondes. Plusieurs individus tatoués, connaissant la recette du D' Brault, ont voulu s'opérer eux-mêmes : ils ont eu un peu de suppuration et des cicatrices.
Il est, de plus, préférable d'appliquer un pansement sur la région repiquée. Une simple occlusion au collodion peut exposer à l'infection (2).
La méthode peut être appliquée sans anesthésie, chez les sujets mâles non pusillanimes, surtout en
(1): Om Fjernelse af Tatoveningen. C.-J. Hausen. Hospitalstidende, 10 nov. 1897. (V. Annales Dermatologie, p. 405, 1898.)
(2) Voir plus haut Obervation IT. Capitaine X...
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répétant'les expériences. Chez la femme on pourra être obligé de recourir à l'anesthésie locale (cocaïne), voire même au besoin, si les latouages sont très étendus, à l'anesthésie générale. Toutefois, M Brault a opéré des femmes, même sans anesthésie aucune.