IV. — Culture du Microsporum tomentosum sur gélose maltosée
après 25 jours.
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SABOURAUD. — Teignes.
Planche VII
Masson & Cie, Editeurs
Phototypie Bertliau.i, Paris
MICROSPORUM EQUINUM .
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deux notes que je dois résumer sur une forme Oospora (S treptolhrix) du Microsporum du Cheval (').
Cette forme était apparue, sur le duvet blanc fané, des très vieilles cultures à demi desséchées, sous la forme de petits points plâtreux, faciles
à isoler et à cultiver.
Transportée sur gélose glycérinée, ou glucosée à 3 pour 100, cette culture pousse bien plus rapidement qu'aucune teigne, puisqu'en vingt heures, la strie d'inoculation montre déjà une traînée grisâtre. En trois ou quatre jours, de distance en distance, sur la strie, se forment des points plâtreux, qui s'accroissent, et se fusionnent pour tonner une culture longue , aride, d'un blanc jaunâtre , de surface irrégulière , montrant de petits lisérés plâ:
treux concentriques, au niveau de ses bords.
Cette culture , examinée microscopiquement, se montre faite de filaments très petits, de 0 pi, 7 de diamètre, offrant les caractères de fructification conidienne des Streplothrix ou Oospora- Aclinomyces.
A bien examiner les conditions dans lesquelles cette forme nouvelle a été obtenue, on garde dès l'abord un doute sur sa filiation avec le Microsporum equinum, et sur sa valeurparasitaire. Elle est survenue sur de vieilles cultures délaissées, et probablement mortes, puisque leur duvet était fané. Elle pousse trop vite,
Fig. 78. — Coupe d'un follicule pilaire d'un Cobaye inoculé de Microsporum equinum. xl2l). Le carton montre le même poil, x 260. Préparation de Bodin, prêtée par lui. Dessin de
Bessin.
Fig. 79. — Forme Oospora a tl ribuée au Microsporum equinum. par Bodin. Agar glycérine lS'jour.
(') E. Bodin. Sur la forme Oospora (Streptotrix) du Microsporum du Cheval. Archives de parasitologie, 1899, p. 362. — Note additionnelle sur la forme Oospora du Microsporum du Cheval. Archives de parasitologie, 1899, p. 605. — Polymorphisme des Champignons des teignes. Comptes rendus du Congrès international de Dermatologie de Paris, p. 432.
2<±u MICROSPORIES,
elle présente un aspeet objectif et microscopique qui l'éloigné de toutes les formes pléomorphiques connues de Dermatophytes, et enfin, chose remarquable, sa culture, au lieu d'exhaler l'odeur ammoniacale et urineuse de toutes les vieilles cultures de Dermatophytes, présente uneodeur de bois pourri des plus prononcées, qu'aucune culture de teigne ne présente jamais. Enfin, tandis que les iuoculations de la culture-mère étaient positives à coup sûr, entre les mains de Bodin, celles qu'il pratiqua avec la forme Oospora demeurèrent stériles. Il voyait seulement la forme Oospora produire, sur la peau du Cheval, une lésion squameuse qui avait disparu, dans tous les cas, au bout de dix à douze jours. Or c'est là une inoculation négative, puisque une inoculation de teigne n'est positive que vers le dixième jour.
Cependant Le Calvé et Malherbe, à Nantes, étudiant, par la culture, des plaques alopéciques spéciales, d'aspect peladoïde et non'microsporique, et de nature indéterminée, chez le Cheval, retrouvèrent la culture du Champignon étudié par Bodin, et, le croyant innommé, l'appelèrent Tr : minimum. Ils l'inoculèrent au Cheval, au Chien, au Cobaye et, crurent reproduire, par l'inoculation, des plaques alopéciques sur l'Animal ('). Notons que ces auteurs obtinrent cette culture non seulement des plaques péladoïdes des Chevaux, mais de la paille même île leur litière*. Plus tard ils retrouvèrent le même Champignon sur le Mulet et sur le Chien (2). L'identification du Champignon ne présente d'ailleurs aucun doute, car elle fut faite par Bodin lui-même (5). Depuis lors, il semble bien que Bosellini ait observé le même microorganisme en Italie (4).
Tout cela demeurait assez obscur, quand Suis retrouva, à Toulouse, le même Champignon, dans la fourrure d'un Chien non atteint de teigne. Des recherches entreprises par lui, il résulte que ce parasite, qui ne semble pas une forme pléomorphique de Microsporum , mais une Mucédinée spécifiquement différente, est un hôte habituel de la fourrure et tle la litière des Animaux domestiques, et qu'on a pu le croire parasite actit de lésions qu'il habitait sans contribuer à les faire.
En ce qui concerne ses inoculations supposées positives, de deux choses l'une : ou bien il est inoculable vraiment à l'animal et déterminerait une maladie spéciale non encore définie et nommée ; ou bien, ce qui est plus probable, les auteurs auraient pris, pour le résultat d'inoculations positives, le résultat des traumatismes de leur inoculation. 11 faut se rappeler que Bodin, qui a une extrême habitude des inoculations de teigne, n'a rien obtenu de positif avec ce Champignon.... Jusqu'à plus ample informé, il doit donc être considéré comme un saprophyte inoffensif, sans autre relation que celle d'un voisinage fréquent avec les Dermatophytes de nos Animaux domestiques.
(') Le Calvé et Maliierue. Sur un Trichophyton du Cheval à cultures lichéj noïdes (Trichophyton minimum). Arch. de parasitai, 11,2, 1899, p. 218. — Nouvelles recherches sur le Trichophyton minimum. Ibid. II, 4, 1899, p. 489.
(-) Nouvelles ohservations de tondante causée par le Trichophvton minimum. Ibid, III, I, 1900.
(3) Bodix. Note additionnelle sur la forme Oospora du Microsporum du Cheval. Ibid., II, 4, 1899, p. 606.
(4) Bosellini. Di una specie di tigne du Microsporum Audouïni, var. equfl forma Oospora (Bodin) (Giornale italiano délie malattie veneree e délia pelle, 1900, fasc. 5, p. 524).
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I, I. — Culture primaire du Microsporum lanosum, sur gélose maltosée après 15 jours (en matras d'Erlenmeyer).
12, I-. — Même culture après 18 jours (en tubes).
13, I3. — Même culture après 25 jours (en tubes).
14, I*. — Même culture après 30 jours (en matras d'Erlenmeyer).
II, II. — Culture du Microsporum lanosum, sur gélose peptonisée 3 0/0 après ~20 jours.
III, III. — Culture du Microsporum lanosum, sur gélose glucosée après
18 jours (en tubes).
IIP. — Même culture après 30 jours (en matras d'Erlenmeyer).
IV, IV. — Culture de la forme pléomorphique du Microsporum lanosum,
sur gélose maltosée après 30 jours (en matras d'Erlenmeyer).
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MICROSPORUM TOMENTOSUM. .— MIGROSPORUM FULVUM. 241
Microsporum tomeïnïosum (Pelagatti, 1909).
Ce Microsporum a été découvert par Pëlàgatti à Sassari (Sardaigne) dans une tondante raicrosporique de l'enfant de type banal, dont rien n'indiquait l'origine animale.
Son origine animale est pourtant probable car sa culture a toutes les caractéristiques de celles des Microsporums animaux.
Nous la reproduisons (PI. VII, fig. iv) à l'âge adulte, sur gélose maltosée. C'est une culture vivace, portant, en son centre, un ombilic polygonal, ourlé, centré ou non par un petit umbo duveteux. Toute la culture est couverte de duvet blanc, serré ; elle est partagée en secteurs par quelques fossettes radiées. Son aspect est d'un tapis duveteux, très égal. Elle atteint près de (> centimètres de diamètre en vingt-cinq jours.
Microsporum fulvum (J. Uriburu, 1907).
Historique. — Ce Microsporum, inconnu en France, a été rencontré à Buenos-Aires par Julio Uriburu, qui me l'a adressé aux fins d'identification. C'est une espèce nouvelle, et que je ne crois pas avoir été rencontrée déjà, en Europe.
Elle portera le nom de Microsporum fulvum, de la couleur roussàtre particulière de sa culture.
Clinique. — J'ai eu peu de renseignements sur le cas clinique qui l'a fourni, et qui est resté unique : Microsporic du cuir chevelu d'assez large extension et de réaction inflammatoire légère.
Examen microscopique . — D'après Uriburu, le cheveu de l'Enfant n'aurait pu se différencier du cheveu atteint par le Microsporum Audouïni.
Origine animale. — Ce parasite a tous les caractères des Microsporums animaux; et son origine animale est très probable; néanmoins elle est demeurée insoupçonnée dans le cas clinique humain qui en a fourni la culture.
Cultures. — Ces cultures sont tout à fait particulières. Elles sont extrêmement vivaces et atteignent, dans le même délai, les mêmes dimensions que les cultures des Microsporums lanosum et felihewn, par exemple. Très rapidement, sur milieux d'épreuve, on voit se faire autour de Y umbo central une aire ronde couverte de poudre brunâtre, et souvent semée de cercles concentriques plus ou moins
LES TEIGNES. lt:
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marqués. La périphérie de la culture est bordée d'une frange cotonneuse de duvet blanc faisant un léger bourrelet (PL VIII, fig. i et i2). Sur pomme de terre, le Microsporum fulvum donne la plus active de toutes les cultures microsporiques. La traînée d'ensemencement fait une bande irrégulière, de 3 à (> millimètres de large, d'un brun pale, ocreux, faite d'un duvet très court, poudreux. Tout le milieu est infiltré par le Champignon, et des points isolés de culture saillante se montrent partout à sa surface.
Pléomorphisme. - - Comme pour les Microsporums vivaces, le M. fulvum fournit un duvet blanc pléomorphique, qu'il est possible de recueillir et de cultiver séparément. Il se présente, en culture, comme un tapis rond de duvet blanc difficile à différencier des cultures pléomorphiques des autres grands Microsporums.
Microsporum villosum (Minne, 1907).
Le Microsporum villosum que je présenterai ensuite appartient encore au groupe des Microsporums vivaces, et il en a les principaux caractères. Il a été découvert par Ach. Minne (de Gand), dans une microsporie infantile que rien en apparence ne distinguait d'une microsporie banale, ni à l'examen objectif, ni à l'examen microscopique. Ce cas est resté unique.
Origine animale. — L'origine animale de ce Microsporum est probable, tant ses caractères le rapprochent des Microsporums animaux, mais on n'en a point de preuve.
Je rappelle, pour mémoire, que les dermatophyties des Bovidés ne sont pas rares dans le pays de Gand, où le même auteur en a décrit très parfaitement de beaux cas. Il se pourrait donc que ce Microsporum vint à l'Homme par la Vache ou la Génisse.
Culture. — Le Microsporum villosum prend son nom de l'aspect de sa culture en milieu d'épreuve maltosé. Sur ce milieu, il fait un disque de six centimètres de diamètre, dont le centre plat, poudreux et d'un brun léger, montre l'ébauche de sillons radiés. Autour du centre, qui présente un centimètre de diamètre, est une couronne de petits mamelons duveteux, dont les plus gros entourent l'aire poudreuse centrale, et dont la grosseur diminue, du centre à la périphérie, qui est duveteuse, entourée de fins rayons immergés (PI. VIII, fig. m, m2).
Sur milieu de conservation l'aspect de la culture est très spécial.
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