III. — TRICHOPHYTONS NÉO--ENDÔTHRII
(endothrix pseudo-ectothrix)
A côté des Trichophytons endothrix purs, et en dehors des Tri chophytons ectothrix, doivent se placer deux espèces qui n'appartiennent tout à fait ni au premier type ni au second.
TRICHOPHYTONS NEO-ENDOTHR1X.
Elles n'appartiennent pas au second, car, dès que la trichophytie qu'elles déterminent a passé au stade d'état, on trouve, dans leurs lésions, de nombreux cheveux malades dans lesquels le parasite reste strictement endothrix.
Et elles n'appartiennent pas tout à fait au type des Endothrix purs parce que, pendant toute la durée des lésions qu'elles déterminent, on peut trouver quelques poils qui non seulement sont envahis par le Parasite, mais en présentent quelques filaments autour d'eux. Je définirai donc ces Trichophytons, des Endothrix qui gardent, pendant presque toute leur vie, sur certains poils ou cheveux, les caractères d'ectothricité que présentent tous les Trichophytons à leur période d'envahissement.
Et j'étudierai dans ce groupe deux espèces trichophy tiques, l'une très fréquente et l'autre rare, à Paris du moins : le TV. cerebriforme et le Tr. plicalile. Voici un tableau qui montre leur fréquence et leurs localisations.
Tr.
endothrix purs .
Tr.
néo-
endo-
thrix.
Trichophyton crateri forme.
Tr. effractum ......
Tr. fumatum
Tr. umbilieatùm
Tr. regulare.. ......
Trichophyton acuminatum .
Tr. piîosum
Trichophyton violaceum. .
Tr. glabrum
Trichophyton cerehrifonne Trichophyton plicatile . . .
Ce cas a été rencontré après ma statistique arrêtée et n'en fait pas partie.
Tableau montrant la fréquence relative des principaux Trichophytons endothrix et Néo endothrix sur 500 Dermatomycoses, à Paris en 1906-1909.
TRICHOPHYTON CEREBRIFORME (Sabouraud 1895)
J'ai observé treize fois l'espèce trichophy tique dont je vais parler maintenant. Elle n'est donc pas des plus rares. Elle tire un intérêt particulier de ce fait qu'elle ressemble beaucoup en ses cultures au Tr. crateri forme, surtout au début, et que plusieurs auteurs, des
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meilleurs en ces questions, ont confondu ces deux espèces, d'où un grand nombre d'erreurs assez faciles à dissiper désormais.
Il y a quinze ans, je n'avais pas nommé botaniquement les diverses espèces de Dermatophytes que j'avais reconnues et différenciées. Et j'avais désigné cette espèce sous le nom de Trichophyton à culture jaune, craquelée, vermiculaire(1). Bodin latinisa ce nom et ce Trichophyton devint le Tr. flavum.Je trouve ce nom médiocre, car beaucoup de Dermatophytes ont une culture jaune sur milieux d'épreuve, et je crois, puisque le présent travail a pour but de refondre et d'unifier toutes les recherches déjà faites sur ces sujets, devoir lui donner le nom bien plus caractéristique de cerebriforme qui, non seulement désigne mieux l'aspect spécial de ce Parasite en culture, mais, par sa forme et sa consonance, fait à la fois symétrie et opposition au nom du Tr. cratériforme, celui de tous les Trichophytons avec lequel il a le plus de ressemblance et dont il importe le plus de le distinguer.
Cultures. — Ce qui caractérise sa culture sur les milieux d'épreuve, c'est que, dès son origine, et de plus en plus, sa surface est comme chiffonnée. A son tout premier début, on peut penser à une culture cratériforme, mais bientôt sa surface se plisse et perd sa régularité. A l'âge où la culture cratériforme prend l'aspect d'un bouton, celle-ci est bosselée, contournée et sa surface prend peu à peu un aspect cerebriforme tout à fait caractéristique et qui s'accusera avec l'âge. Alors sa forme ne ressemble plus que de très loin à celle de la culture cratériforme adulte. Sa couleur est blanche d'abord, puis elle de-: vient crème sur milieu d'épreuve. Plusieurs autres caractères distinguent cette culture de la culture cratériforme. Lorsqu'elle vieillit, son centre prend un aspect finement craquelé caractéristique que les figures il, il de la planche XIII, mettent en valeur. Cette surface ressemble très exactement à la face profonde d'une pelure de poire desséchée, craquelée, grumeleuse, jaunâtre. Le pourtour de la culture présente aussi des particularités très différentielles : tandis que les rayons qui entourent la culture cratériforme sont tous égaux et très fins, constituant autour de la culture une auréole poudreuse très égale, les rayons qui entou rent la culture cerebriforme sont distincts un par un et inégaux; leur dos est poudreux quand ils affleurent la surface; vus par transparence ils ressemblent à des brins de mousse.
Tout cela est très étranger à la culture cratériforme. Sur aucun milieu, d'ailleurs, le Tr. cerebriforme ne peut se confondre avec le Tm crateri forme.
(*) Sabouraud. Contribution à l'étude de la trichophytie humaine. IIIe mémoire. Annales de Dermat. et de Syph., juin 1895, p. 815.
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