VI. — TRICHOPHYTON PERSICOLOR (Sabouraud
Le dernier des Trichophytons gypseums n'a jamais été étudié. Il a dû être vu par Adamson qui rencontra « dans une trichophytie palmaire » présumée d'origine tropicale, un Trichophyton à culture « couleur de pêche, (peach-coloured) ».
Aucune comparaison ne donne une plus juste idée de la couleur et de l'aspect de sa culture. xVussi conserverons-nous à Ce Parasite le nom donné par Adamson en le latinisant simplement. Et ce sera le Trichophyton persicolor.
Étude clinique. — Nous avons observé deux fois cette trichophytie.
La première au menton, chez un jeune Homme de 20 ans presque glabre : lésion peu visiblement circinée, à peine squameuse, un peu rouge, très peu et irrégulièrement saillante, mamelonnaire. Chacune des saillies de ce placard était acuminée, rose, et marquée d'un point central de suppuration. La lésion resta unique, d'évolution bénigne; elle guérit, en deux semaines, par des applications iodées faibles. A aucun moment on ne put observer de follets envahis par le Parasite. L'examen microscopique des squamules était aisément positif; la culture du pus des folliculites très facile.
Le second cas concernait un Homme de 15 ans, atteint, comme le malade d'Adamson, d'une trichophytie palmaire typique de la main droite. La lésion occupait presque toute la paume de la main, elle avait un centre et des bords. Les bords étaient faits d'une multitude de phiyctènes plates, presque cohérentes, et dont plusieurs fusionnées; les plus grosses d'un centimètre de diamètre, les plus petites comme une tête de grosse épingle, toutes plates; leur coupole faite d'un épiderme corné épais, jaune, difficile à rompre. Elles contenaient un liquide louche, non puriforme; abrasées et vidées, les phiyctènes semblaient taillées à l'emporte-pièce, toujours rondes ou polymicrocycliques, à fond rouge. En soulevant l'épidémie, on voyait que des
TRICHOPHYTIES.
phlyctènes voisines étaient communicantes alors qu'on les croyait isolées. Les phlyctènes les pins excentriques étaient les plus vivantes et les plus actives. Elles étaient entourées d'un anneau rose d'inflammation circonvoisine.
En dedans d'elles, les phlyctènes moins récentes contenaient moins de liquide, plusieurs étaient comme flétries, et plusieurs sèches. Sous leur épiderme corné, abrasé, on trouvait des lamelles d'épiderme micacé, blanc, brillante, superposées en strates, et faciles à dissocier
en parcelles. Quant à la lésion du centre, c'était une énorme phlyctène sèche semblable à celles que je viens de décrire, mais elle occupait les deux tiers de la paume de la main. Ces lésions s'étendaient de jour en jour. Vne médication appropriée : abrasion aux ciseaux de l'épiderme décollé, et nettoyage du fond des phlyctènes à la teinture d'iode au dixième, amena la guérison en trois semaines.
Quelques nouvelles phlyctènes apparurent entre les plus excentriques et lurent arrêtées par les mêmes moyens. Dans aucun des deux cas que nous avons observés, les commémoratifs n'indiquaient nettement l'origine animale possible de la maladie.
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163. — Trichophyton persicolor. Squame de l'épidémie palmaire infiltré de filaments mycéliens. x 260.
Examen microscopique. — L'examen microscopique des squames micacées des vésicules sèches était facile et probant. Elles étaient toutes infiltrées de filaments mycéliens rubanés de 5 p. de large, composés de cellules rectangulaires de 9-10 [x de long, sans rien qui indiquât d'ailleurs une espèce trichophytique nouvelle et rare.
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