‹ Les teignes tondantes du cheval et leurs inoculations humainesChapitre 7 sur 16 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Le trichophyton pyogène, à cultures blanches, du cheval.

1° La maladie chez le cheval. — Le trichophyton pyogène, à cultures blanches, cause chez le cheval une folliculite suppurée, expulsive. — Analogie de la lésion chez l’animal avec la lésion humaine. — Évolution rapide de la maladie. — Elle est peu contagieuse de cheval à cheval. — ■ Étiologie. — Traitement.

2° La maladie chez l’homme. — Le trichophyton pyogène, à cultures blanches, détermine chez l’homme, comme chez l’animal, une folliculite suppurée, expulsive. — Aspect de la lésion dans les régions pilaires et non pilaires : KérioD Celsi, sycosis, folliculite agminée. — Évolution de la maladie. — Sa terminaison par cicatrice. — Diagnostic. — Étiologie ; fréquence. — Traitement. — Observations.

3° Examen microscopique. — La recherche du trichophyton à cultures blanches doit être faite sur les poils follets ou dans le pus des vésico-pustules. — Le trichophyton à cultures blanches au niveau du poil est endo-ectothrix ; il a des spores irrégulières. — Impossibilité de distinguer au microscope cette espèce trichophytique des autres espèces d'origine animale. — Absence des bactéries dans le pus des vésico-pustules jeunes.

4° Cultures. — Le moût de bière est le milieu nutritif le plus favorable au développement du trichophyton à cultures blanches. — Aspect des cultures sur moût de bière gélosé, sur milieu d’épreuve, sur pomme de terre. — Variétés de cette espèce trichophy tique.

5° Inoculations expérimentales. — Inoculations au cobaye. — Suppuration au point inoculé. — Développement ultérieur, sur le cobaye, d’une trichophytie serpigineuse, rebelle, sans folliculite suppurée. — Le trichophyton à cultures blanches conserve sa virulence même après une longue série de passages successifs sur milieux artificiels.

6° Mycologie. — Le trichophyton à cultures blanches est, au point de vue botanique, le type des trichophytons ordinaires. — Fructification conidienue en grappe. — Rapprochement avec les Botrytis ou les Sporotrichums. — Les trichophytons sont peut-être des formes conidiennes de périsporiacées. — Chlamydospores. — Fuseaux. — Vrilles. — Vieilles cultures.

1° La maladie chez le cheval.

Nous allons éludier maintenant le trichophyton pyogène, à cultures blanches et ses inoculations équines et humaines. Nous verrons que

la virulence de ce trichophyton, son rôle pyogène, l’intensité des lésions qu’il détermine, en font l’une des espèces trichophy tiques les plus importantes.

Chez le cheval le trichophyton à cultures blanches n’est pas très fréquent relativement aux autres trichophytons : il cause chez cet animal une teigne d’évolution rapide eL dont les caractères sont nettement tranchés.

Siégeant le plus souvent sur les naseaux ou sur la tête du cheval, les lésions apparaissent sous la forme de placards pouvant atteindre 5 à 6 centim. de diamètre et dont l’aspect rappelle celui d’un bouton de vaccine en voie de régression ; aussi est-ce là une erreur fréquemment commise, même par les vétérinaires.

Sur toute l’étendue de ces placards les poils sont agglutinés à leur base par une croûte brunâtre, molle et épaissie par places. Si l’on opère une traction, même légère, sur ces poils, la croûte qui les agglomère à leur base tombe en laissant à nu une surface saillante, rouge et d’aspect fongueux. On y voit de petites dépressions à fond grisâtre, provenant de l’ouverture de pustules acuminées dont il est possible de retrouver un certain nombre à la périphérie de la plaque malade. En aucun point on ne peut enfin trouver de poils cassés ainsi que cela s’observe pour d'autres trichophyties du cheval.

Les caractères de cette lésion sont donc ceux de la suppuration folliculaire expulsant le poil en entier ; je ne crains pas d’y insister car ils permettent d’établir un rapprochement bien naturel entre cette lésion du cheval et la lésion humaine de même origine.

L’aspect que je viens d’indiquer est trop particulier pour n’avoir pas été remarqué depuis longtemps.

Dès 1878, Mégnin (1) a parlé de cette forme de trichophy tie équine et l’attribuait à un parasite spécial, le trichophyton épilans, ainsi appelé du fait de la chute des poils soulevés et expulsés par l’irritation folliculaire.

Il y rattachait une dermatose contagieuse, observée par Weber, sur la nature de laquelle la description de cet auteur ne laisse pas de doute et caractérisée par de petites papules, surmontées d’une croûte recouvrant une surface grisâtre, bourgeonneuse, simulant un bouton

(1) Mégnin. Les teignes des animaux. Bulletin de la Société centr. de méd. vetérin., 1878, p. 205.

de variole en voie de régression. Après Mégni n. Yiseux. Delamotte, Evrard, Neumann (1) ont successivement reconnu et décrit cette teigne du cheval.

L’évolution de cette trichophytie équine est en général rapide, en quatre ou cinq semaines la guérison survient et n’est pas suivie, contrairement à ce que nous verrons chez l’homme, de cicatrice alopécique.

Enfin la maladie se localise ordinairement à l’individu qu elle atteint, il est rare d’observer des cas de contagion parmi les animaux voisins. Cette particularité, jointe au siège habituel des lésions sur l’extrémité céphalique du cheval, me paraît appuyer l'opinion dont j’ai parlé précédemment (v. p. 20) sur l’étiologie des teignes animales et d’après laquelle les trichophytons auraient une existence saprophytique. Ils existeraient dans la nature sur des matières inertes ou sur des végétaux et pourraient ainsi être inoculés à l’animal au moment où, par exemple, il saisit ses aliments.

Quant au traitement de cette trichophytie chez le cheval, il consiste, outre les mesures prophylactiques et l’isolement de l’animal malade, en applications antiseptiques : pommade mercurielle, huile de cade. pommade phéniquée, lotions au sublimé, etc., etc.

2° La maladie chez l'homme.

Comme chez le cheval, le trichophyton à cultures blanches déter mine sur le tégument de l’homme la suppuration profonde des follicules pileux.

Chez l’homme la lésion élémentaire est donc une folliculite suppurée à tendances expulsives. Le début a lieu par un petit élément acuminé, d’aspect furonculeux et qui s’accroît avec une grande rapidité. En quelques jours un placard de folliculites et de périfollioulilcs s’est formé et peut mesurer 6-8 centim. de diamètre. Ce placard, rouge, arrondi, surélevé au-dessus des téguments et nettement délimité sur ses bords, ressemble tout à fait à un macaron ; sa base est toujours notablement indurée.

(1) L.-G. Neumann. Traité, des maladies parasitaires non microbiennes des animaux domestiques, 1 802, p. 267.

La surface forme une sorte de gâteau fongueux, irrégulier d’aspect et sur lequel on voit, suivant l’àge des lésions, de petites pustules blanchâtres, plus ou moins acuminées ou de petites dépressions irrégulières, à fond bourbillonneux et grisâtre, résultant de l’ouverture des pustules et parfois surmontées d’une croûte gris jaunâtre, plus ou moins épaisse.

L'affection s’est-elle développée dans une région pilaire, les poils ou les cheveux n’adhèrent plus, sur la plaque malade, au follicule pileux dont la suppuration les a détachés, ils viennent à la moindre traction dans toute leur longueur et avec leur apparence normale. Ils ne revêtenl jamais cet aspect si particulier que l’on observe sur les placards des tondantes, ils ne sont pas cassés à une faible distance de l’épiderme.

Les poils follets toutefois peuvent, à la périphérie de la lésion, être envahis par le parasite et devenir cassants ; ils apparaissent alors comme de légères saillies surmontées d’un point grisâtre correspondant à l’extrémité cassée du follet.

J'ajouterai que les ganglions, recevant les lymphatiques de la région malade, sont constamment le siège d’un engorgement plus ou moins prononcé.

En quelque point que le trichophyton pyogène à cultures blanches s'inocule, il donne toujours lieu à ces lésions folliculaires profondes et suppurées, aussi l’aspect général reste-t-il le même sur la peau glabre, au cuir chevelu ou dans la barbe de l’adulte.

Je rappellerai que ces trois localisations différentes d’un même parasite : folliculite agminée, sycosis de la barbe et Kérion Celsi du cuir chevelu, étudiées et décrites séparément depuis fort longtemps, ont été réunies par Sabouraud et rattachées par lui au même agent causal (1).

L’évolution de la folliculite agminée trichophytique est toujpurs rapide, aboutissant à une cicatrice définitive et alopécique, contrairement à ce qui se passe chez le cheval. Le Kérion de Celse est donc la seule forme de trichophytie qui soit suivie d’alopécie irrémédiable.

Le diagnostic de ces lésions folliculaires trichophytiques est aisé ; les caractères de profondeur et d’induration des placards

fl) Sabouraud. Loc. vit. •

malades, la suppuration, l’intégrité des poils qui ne sont pas cassés suffisent pour les différencier au premier coup d’œil d’avec les autres formes de trichophytie. La confusion aurait plutôt lieu, au début du moins, avec le furoncle ou l’anthrax, mais alors l’évolution est moins rapide et s’accompagne de phénomènes douloureux que l’on ne retrouve pas dans le kérion.

En trois ou quatre semaines, si l’affection siège sur les parties glabres, en cinq à six semaines, si elle atteint le cuir chevelu ou la barbe, un traitement approprié amène la guérison. On voit d’abord les pustules disparaître et la surface malade se recouvrir d'un épiderme rouge, lisse et très mince, puis l’induration et la saillie de la lésion diminuent progressivement jusqu’à disparition complète en même temps que l’épiderme subit une desquamation légère. Cette trichophytie est donc moins grave que son aspect pourrait le faire penser tout d’abord, toutefois l'alopécie définitive qui en est souvent la conséquence commande toujours dans ce cas un pronostic réservé.

L’étiologie de cette lésion humaine ne m’arrêtera pas ; dans les antécédents des malades, l’origine équine directe ou indirecte de la maladie se retrouve constamment. Je ferai cependant remarquer que, contrairement à ce que j’ai signalé pour le cheval chez lequel le trichophyton à cultures blanches est relativement rare et peu contagieux, ce parasite se montre chez l’homme plus souvent que les autres espèces trichophytiques équines. L’homme a donc pour le trichophyton à cultures blanches une réceptivité toute particulière.

Quant au traitement de la folliculite agminée trichophytique, quel que suit son siège, il est simple. Les applications antiseptiques sous forme de badigeonnages de teinture d'iode ou d’applications permanentes de vaseline iodée suffisent dans tous les cas pour amener la rétrocession rapide des lésions ainsi que le prouvent mes observations.

Quelquefois cependant sur les placards, guéris dans leur presque totalité, on voit persister, malgré le traitement, un petit point de suppuration folliculaire. En semblable circonstance, nous recommandons une pointe de feu au galvano cautère ou avec la pointe fine du thermo-cautère sur le point rebelle.

Nous ne conseillons pas le traitement préconisé par M. Tenneson et qui consiste en un curettage des lésions suivi d'applications

iodées car une semblable méthode peut augmenter l’étendue de la cicatrice définitive.

Lorsque les pustules ont disparu et qu’il ne reste plus qu’un gâteau rouge et induré, les applications de rondelles d’emplâtre de Vigo ou d’emplâtre rouge de Vidai sont enfin d’une utilité incontestable pour hâter la guérison.

Voici quatre observations de folliculites agminées dues au tricliophyton pyogène, à cultures blanches, du cheval dont j’ai pu suivre l’évolution et pratiquer l’examen mycologique complet.

Observations I-II-III

Le 27 mai 1895 se présentaient à la consultation de M. le Dr H. Rendu, à l’hôpital Necker, trois individus présentant des lésions trichopliy tiques semblables entre elles. Ces trois malades étaient employés aux magasins militaires et avaient été atteints à la même date, quatre ou cinq jours après avoir visité et nettoyé des harnais prêtés par l'administration pour une représentation théâtrale et ayant servi à des chevaux de louage. Aucun autre employé des magasins militaires n’avait touché ces harnais et aucun ne présentait de lésions cutanées quelconques.

Obs. I. — Go.., 35 ans, présentait, au niveau de la partie médiane du menton, une plaque de sycosis grande comme une pièce de un franc environ, faisant une saillie d’un demi-centimètre sur la peau saine, d’aspect général arrondi et à bords bien délimités.

La surface de ce placard était irrégulière, grisâtre et fongueuse, mais on n’y voyait plus de pustules. Les poils existant à ce niveau n’étaient pas cassés et n’apparaissaient pas engainés à leur base ; à la traction de la pince à épiler on les enlevait très facilement en entier et avec leur racine normale.

Cette lésion, développée en six à sept jours, était très indurée à la palpation et, dans la région sous-maxillaire gauche, se trouvait un ganglion lymphatique engorgé.

En aucun point de la barbe ou de la peau glabre, il n’y avait d’autre lésion trichophytique.

Obs. IL — Frédéric Gai.., 18 ans, offrait sur la face antérieure de l’avantbras droit, près du bord radial, un élément circiné, rouge et saillant au-dessus de la peau comme le sycosis de son camarade. Les bords de cette lésion, absolument nets, se continuaient en pente brusque avec la peau saine.

La surface rouge présentait de petites vésicules blanchâtres, distendues par du pus et en nombre assez considérable. Ces vésicules n’étaient pas rompues à la périphérie dé la lésion, mais au centre elles étaient presque toutes ouvertes de sorte que cette partie centrale se montrait recouverte |de croûtes jaunâtres, peu

adhérentes et au-dessous desquelles se trouvait une surface rouge, suintante et irrégulière. Au palper toute la lésion était indurée.

Aucun poil malade n’existait sur cette lésion.

Un ganglion épitrochléen induré et douloureux à la palpation mais pas de ganglions axillaires.

Aucune autre lésion cutanée.

Obs. III. — Dav..., 28 ans, était atteint sur le dos delà main droite et présentait en cette région une plaque de folliculite agminée en placard circiné, semblable à celle de l’observation II. Saillante et de couleur rouge, la surface de celte lésion offrait de nombreuses vésicules blanchâtres, distendues par du pus et grosses chacune comme un grain de chènevis à peu près. Le centre de la plaque était beaucoup moins malade que la périphérie, il était légèrement déprimé par rapport à cette dernière et recouvert de petites squames d'apparence sèche. La lésion était très indurée à sa hase.

Il y avait un petit ganglion épitrochléen induré à droite, mais il était peu volumineux et indolent. En aucune autre partie du corps il n’y avait de lésions trichophytiques.

Traitement. — On prescrit aux trois malades des applications quotidiennes de teinture d’iode et, dans l’intervalle, de l’emplâtre deVigo en permanence sur les placards trichophytiques.

31 mai 1895. Le malade I ne présente plus qu’une surface rouge, lisse sans pustules, encore saillante.

Les malades II et III sont améliorés, mais il persiste encore sur leurs lésions quelques vésico-pustules.

20 juin 1895. Le sycosis du malade 1 est guéri, il ne reste plus en ce point nu’unc légère induration, aucun poil ne se montre sur cette plaque d'apparence absolument lisse.

Le malade II présente encore deux ou trois petites vésicules blanchâtres que l’on détruit avec la pointe fine du thermo-cautère.

Le malade III offre encore une toute petite pustule blanche, tout le reste de la lésion est affaissé et guéri; on détruit cette petite vésicule au thermo-cautère comme pour le malade précédent. Chez ces deux malades on continue les applications d’emplâtre de Vigo.

Le 27. Les malades II et III reviennent complètement guéris.

Sur l’ancienne plaque de sycosis du malade I, il n’existe plus de poils et l’aspect lisse de cette plaque ne s’est pas modifié.

Examen microscopique, le 27 mai 1895. — On recueille et on étale sur des lamelles le pus provenant des vésicules des malades 11 et III. A l’examen au microscope, sur dix préparations, une seule (malade III) contenait quelques spores et deux ou trois fragments mycéliens courts. Mais aucune de ces préparations ne contenait de cocci ou de bacilles.

Les poils du malade I sont normaux ; dans la sérosité recueillie a la surface du sycosis, on ne trouve pas d’éléments trichophytiques.

Cultures. Le 27 mai 1895. — Ensemencement de quatre tubes d’agar ordinaire avec le pus des vésicules du malade II.

Ensemensement identique pour le malade III.

Pour le malade I, raclage de la surface' du sycosis puis ensemencement, sur six tubes d’agar ordinaire, de la sérosité sanguinolente obtenue par pression latérale sur la lésion.

4 juin 1895. Dans tous les tubes ensemencés avec le pus des malades II et III, nombreuses colonies blanchâtres, en forme d’étoiles, avec une petite touffe de mycélium immergée dans le milieu nutritif. Sur trois ou quatre de ces tubes on voit quelques colonies de staphylocoques blancs et dorés.

Dans les tubes provenant du malade I, assez nombreuses colonies de staphylocoques mais, sur trois de ces tubes, huit ou dix colonies trichophytiques blanches en étoile.

Ensemencement des colonies trichophytiques des trois malades sur pomme de terre et sur matras à fond plat contenant de l’agar au moût de bière.

Le 20, tous les malras ensemencés contienne nt des cul turcs trichophytiques identiques. Ces cultures sont arrondies, elles ont envahi la presque totalité du milieu, elles sont surélevées en leur centre, blanches, non duveteuses et cérèbrif ormes. A la périphérie on voit une aréole blanche poudreuse, entourée de fins rayons plâtreux.

Les cultures sur pomme de terre sont également identiques pour les trois malades. Elles apparaissent sous la forme d’une traînée blanche, non duveteuse, surélevée légèrement et dont la surface est irrégulière comme les circonvolutions cérébrales.

Inoculations 11). — Cobaye no 1 . Inoculé le 18 janvier 1896. Epilation d’une zone de 4 centimètres de diamètre sur le flanc droit, puis scarifications superficielles et badigeonnage avec 2 centim. cubes d’eau stérilisée contenant en suspension des spores d’une culture sur moût de bière provenant du malade II.

Le 26 janvier, sur toute l’étendue de la plaque scarifiée, rougeur et squames abondantes au-dessous desquelles se voient de petits points blanchâtres, constitués par une gouttelette de pus épais.

15 février 1896. La lésion s'est étendue sur une largeur double de la plaque d’inoculation; le centre est squameux, on n’y voit plus de points supputés. Les bords de la lésion sont serpigineux, rouges, squameux et à leur niveau les poils tombent.

Examen microscopique. — Dans les poils de la bordure on trouve en abondance des chapelets mycéliens de spores trichophytiques; ces chapelets sont cndo-cetothrix.

Rétro-cultures. — Ensemencement des tronçons de ces poils sur agar au moût de bière.

(1) Ces inoculations ont été faites huit mois après l’isolement des parasites, les trichophytons ayant été pendant ce temps régulièrement réensemencés sur agar au moût de bière toutes les trois semaines.

Le 20. Apparition de colonies trichophytiques blanches sur les fragments des poils ensemencés; repiquage de ces colonies sur agar au moût de bière.

5 mars 189G. Les cultures sur moût de bière sont absolument identiques avec celles des malades I, II et III.

Cobaye n° 2. Inoculé le IG janvier 189G. — Epilation d’une zone de 4 centirn. sur le flanc gauche. Inoculation intra-dermique, avec une seringue de Roux stérilisée, de 8 ou 10 gouttes d'eau stérilisée contenant en suspension des spores d’une culture sur moût de bière provenant du malade III.

Le 26 janvier. Au point d’inoculation, gonflement et rougeur, mollesse sans fluctuation franche. Avec une pipette de verre stérilisée, introduite dans ce gonflement, on extrait 3 ou 4 gouttes de pus très épais et grisâtre.

20 février 1896. Le cobaye ne présente plus de suppuration au point inoculé, on n’y trouve plus que des squames grisâtres et la lésion s’étend tout autour de ce point sur une étendue de 4-5 centirn., ses bords sont serpigineux, rouges, squameux, les poils tombent à leur niveau. En aucun point de la région malade, on n’observe de folliculite suppuréc.

Examen microscopique, le 26 janvier 1896. — Dans le pus extrait avec la pipette stérilisée on trouve un nombre assez considérable de spores et de fragments mycéliens.

Rétro-cultures. — Ensemencement d’une goutte de ce pus à la surface d'un tube d’agar au moût de bière.

2 février 1896. Sur le tube d’agar ensemencé avec la goutte de pus, nombreuses colonies trichopbytiques blanches en étoile; il ne s'est pas développé une seule colonie bactérienne. Repiquage de ces colonies sur agar au moût de bière.

Le 20. Les cultures repiquées sur moût de bière sont identiques avec celles des malades I, II et III.

Observation IV

Pierre Boi..., âgé de 27 ans, entré le 15 janvier 1896 à l’hôpital Saint-Louis, dans le service de M. le Dr E. Bcsnicr. Le malade présente sur la région dorsale de la main gauche un placard arrondi de folliculites suppurées.

Ce placard mesure environ 6 centirn. de diamètre et forme une saillie notable au-dessus de la peau saine.

Les bords, très rouges, sont nets et se continuent avec les téguments par une sorte de talus fortement incliné. Sur toute la surface rouge de ce placard on observe un nombre assez considérable de pustules blanchâtres, distendues par un liquide purulent et dont quelques-unes seulement sont ouvertes; au niveau de celles-ci se trouve une petite dépression bourbillonncuse. On ne voit aucun poil sur la surface malade. Les pustules sont irrégulièrement réparties et ne sont pas plus abondantes à la périphérie qu’au centre de sorte que, sur la région malade, le parasite semble en pleine activité dans tous les points de la surface.

A la palpation, la lésion est douloureuse et très indurée ; quand on la comprime latéralement, on voit par l’orifice des pustules rompues sortir du pus comme d’une éponge.

Il existe un ganglion épitrochléen induré et douloureux mais pas de ganglions axillaires.

Ce malade travaille dans un magasin de tondeuses pour les chevaux, c’est lui qui reçoit les vieilles tondeuses pour les réparer; ces instruments lui sont livrés encore remplis de poils et n’ayant subi aucune désinfection, il les nettoie alors et les répare.

Il y a dix jours, il s’aperçut, au niveau de la région dorsale de sa main gauche et au point où existait une engelure ulcérée, de l’apparition d’un petit furoncle non douloureux et dont.il ne s’occupa pas autrement. En trois jours ce furoncle, augmenté de plus de moitié, comprenait déjà plusieurs pustules; cette évolution rapide a continué jusqu’au dixième jour, date à laquelle il est venu à l’hôpital sans avoir subi aucun traitement.

Traitement. - — • Applications de teinture d’iode pure tous les jours.

19 février 1896. Quatre jours après son entrée le malade va beaucoup mieux,

Îles pustules ont complètement disparu, il ne reste plus sur le placard malade qu’une surface rouge, lisse, encore surélevée et indurée.

Il sort de l’hôpital et doit continuer son traitement chez lui.

Examen microscopique, le 15 février 1896. — On recueille sur des lamelles le pus extrait d'une ou deux pustules; sur ces lamelles on ne trouve au microscope que de rares spores arrondies, à double contour.

Les colorations par la méthode de Gram, par le bleu de méthylène et par la thionine phéniquée ne révèlent dans aucune préparation la présence de cocci ou de bacilles.

Cultures, 15 février 1896. — Ensemencement, à l’aide d’un lil de platine flambé, du contenu de quatre pustules que l’on ouvre au moment même de l’ensemencement avec la pointe du lit de platine.

Le pus provenant de chaque pustule est étalé à la surface d’un tube d’agar ordinaire, et ces tubes sont placés à l’étuve à 20°.

Le 19. Apparition sur plusieurs points des tubes d’agar, de petites colonies blanches en étoile. Il ne s’est développé aucune colonie bactérienne.

Le 22. Chaque tube est rempli d’un nombre considérable de colonies blanches de trichophyton. Il n’existe pas une seule colonie bactérienne sur ces tubes. Repiquage d’une colonie sur agar au moût de bière.

3 mars. Sur l’agar au moût de bière, culture type de trichophyton, large comme une pièce de cinq francs, arrondie ; au centre existe une totifle blanche, duveteuse, autour de laquelle s’étend une auréole blanche, plâtreuse, dont la périphérie se résout en rayons blancs et divergents.

L’examen microscopique d’un fragment de cette culture y démontre la présence de très nombreuses grappes de conidies et un assez grand nombre de filaments enroulés en spirale.

3° Examen microscopique.

La recherche et l’étude microscopique du trichophylon pyogène, à cultures blanches, ne peuvent être faites, chez l'homme ou chez l’animal, que sur les poils follets ou dans le contenu suppuré des vésicules.

L’examen portant sur les poils adultes qui existent sur les lésions, sur les squames épidermiques ouïes croûtes, est, au contraire, négatif dans l’immense majorité des cas.

Les poils sont, en effet, expulsés par la suppuration folliculaire sans être envahis par le trichophyton qui, végétant, dans la profondeur du derme, ne pourrait non plus se retrouver dans les productions superficielles comme les squames ou les croûtes.

Les poils follets trichophytiques sont assez difficiles à distinguer car ils se traduisent seulement, à la périphérie des lésions, par une légère acumination épidermique centrée par un point grisâtre qui n’est auLre chose que l’extrémité pilaire cassée.

Sur le poil follet parasité, le trichophyton à cultures blanches revêt l’aspect que j’ai mentionné pour les trichophytons d’origine animale en général.

Constitué par des spores de 5-6 t± de diamètre, agminées en chapelets plus ou moins longs, le parasite est, par rapport au poil, endoectothrix et présente, sur le rebord externe de la gaine péri-pilaire, des spores de dimensions inégales.

Tantôt certaines de ces spores n’excèdent pas 2-3 a de diamètre, ressemblant ainsi à celle du microsporum Audouini, tantôt, au contraire, quelques-unes sont véritablement géantes et atteignent 10 à 11 [ji dans leur diamètre.

le n’insisterai pas plus longuement sur ces caractères, je rappellerai seulement que l’aspect du parasite n’offre ici rien de spécifique permettant, au seul examen parle microscope, de distinguer cette espèce de provenance équine de toute autre espèce trichophytique d’origine animale.

Quant au pus contenu dans l’intérieur des vésico -pustules, il renferme toujours un assez grand nombre de spores ou de fragments mycéliens plus ou moins irréguliers ainsi que les cultures en font foi.

L’examen microscopique de la suppuration folliculaire, positif dans certains cas, ne peut toutefois déceler toujours la présence des spores ou des mycéliums. Ce fait s’explique d’ailleurs aisément si l’on songe, d’une part, que nous ne possédons pas de réactif colorant nous permettant de différencier avec netteté les éléments du trichophyton et, d’autre part, que les spores ou les mycéliums non colorés et disséminés au milieu des éléments de la suppuration, ne peuvent être distingués qu'avec une source de lumière plus intense que celle que l’on emploie d’habitude (par exemple : condensateur de Abbé et gaz d’éclairage naphtaline).

Je ferai remarquer enfin que, dans les pustules jeunes et non ouvertes, on ne retrouve pas au microscope les cocci habituels de la suppuration, si fréquents cependant en semblable circonstance au milieu des leucocytes et des globules de pus. Ce fait, quoique négatif, me paraît néanmoins intéressant à retenir pour la démonstration du rôle pyogène des trichophytons sur lequel j’ai d’ailleurs insisté précédemment.

4° Cultures.

Les cultures de l’espèce trichophytique que j’étudie ici ont pour caractères généraux d’être constamment blanches et de croître avec une rapidité et une intensité beaucoup plus grandes que toutes celles des autres espèces connues de trichophytons.

Ces cultures sont particulièrement caractéristiques et vigoureuses sur l’agar au moût de bière. Sur ce milieu, le développement du champignon devient apparent dès le commencement du troisième jour sous forme d’une petite touffe grise, immergée dans le milieu et dont la surface revêt l'aspect d’une étoile blanche poudreuse, quelquefois duveteuse. L’extension du parasite est très rapide: au quinzième jour il couvre l'agar sur une surface arrondie de G à 8 cenfim. de diamètre; au centre se voit une petite élevure blanche, couverte d'un fin duvet, puis tout autour s’étend une large auréole poudreuse, absolument blanche, dont la périphérie se résout en rayons plâtreux, blancs, tandis que, dans la profondeur de l’agar, se voient d’autres rayons grisâtres, fins et nombreux. Sur le moût de bière, ce trichophyton peut ainsi conserver sa vitalité pendant cinq à six mois.

Sur le milieu d’épreuve (peptones : 0 gr. 80, mallose : 3 gr. 50, eau : 100 gr., gélose : 1 gr. 50 pour solidifier), la culture est également rapide ; le centre surélevé est blanc et duveteux et, tout autour, existe une large auréole blanche poudreuse. Cette auréole ne présente pas toutefois à sa périphérie des rayons blancs aussi nombreux et aussi développés que sur le moût de bière, quelquefois même ces rayons plâtreux superficiels font défaut ; dans certains cas enfin, sur le milieu d’épreuve on voit se creuser, à la surface de la culture, des sillons qui se disposent comme des rayons autour du centre duveteux.

Sur pomme de terre, la culture apparaît au troisième jour et revêt l’aspect d’une large traînée blanche, d’abord légèrement duveteuse puis plâtreuse et un peu surélevée. La pomme de terre conserve sa coloration normale. Sur ce milieu la vie du trichophyton est courte ; en trois semaines il périt, tandis que sur les autres milieux nous avons vu qu’on peut le retrouver encore virulent au bout de six mois.

Cette espèce de trichophyton à cultures blanches me semble comporter plusieurs variétés distinctes par certains caractères de leurs cultures et qui correspondent peut-être à des variétés cliniques de Kérion.

C’est ainsi que le malade de l’observation IV, dont la lésion ressemblait à un gâteau plat, à un macaron, envahi dans toute son étendue par la suppuration folliculaire, m’a donné des cultures absolument identiques avec celles que je viens de décrire.

Les malades des observations II et III ont présenté au contraire des lésions suppurées actives à leur périphérie et dont la partie centrale déprimée, n’offrait aucune pustule de sorte que les vésieo-pustules formaient comme une couronne autour du centre squameux et eroûteux. Or le trichophyton à cultures blanches que j’ai extrait de ces lésions diffère nettement dans ses cultures du précédent.

Sur le moût de bière, le centre des cultures, au lieu d’être formé par une acumination duveteuse, est constitué par une sorte de croule continue, poudreuse, quelquefois duveteuse au début, à surface bosselée, irrégulière, véritablement cérébriforme. Autour de cette croûte se trouve une auréole blanche poudreuse, mais plus étroite que dans les cultures types décrites précédemment et ne portant à sa périphérie que des rayons blancs très courts.

Sur pomme de terre, au lieu de donner une traînée plâtreuse, la culture est surélevée, contournée, irrégulière, rappelant l’aspect extérieur des circonvolutions cérébrales.

L’observation ultérieure arrivera peut-être à relier ces variétés de trichophytons à cultures blanches à des variétés cliniques de folliculites suppurées, actuellement je ne possède pas un nombre suffisant de faits pour insister sur ce point.

5° Inoculations experimentales.

Sur le cobaye, l’inoculation du trichophyton à cultures blanches est facilement positive.

Au point inoculé, on voit en quatre à six jours se produire un peu de suppuration mais qui reste toujours localisée et minime puis, assez rapidement, la maladie progresse en s’étendant suivant un rebord serpigineux, rouge, squameux et au niveau duquel les poils tombent envahis par le trichophyton. La partie centrale devient squameuse mais ne présente pas plus que la périphérie d’abcès folliculaire ainsi que cela s’observe chez le cheval ou chez l’homme.

Chez le cobaye, la durée de la maladie est indéfinie ; après plusieurs mois on retrouve encore des lésions trichophytiques en pleine activité.

Les inoculations que j’ai faites m’ayant donné la preuve du rôle pathogène et pyogène des trichophytons que j’avais isolés, je n’ai pas continué ces expériences sur d’autres animaux (chien, chat, cheval, âne), qu'il m’eût été d’ailleurs difficile de me procurer dans les laboratoires des hôpitaux.

.l'insisterai seulement au sujet de ces inoculations expérimentales sur un fait intéressant, c’est la conservation de la virulence du trichophyton à cultures blanches même après une longue série de cultures dans les laboratoires. Ainsi j’ai pu obtenir, sur deux inoculations, deux résultats positifs avec des cultures de ce trichophyton conservées pendant huit mois au laboratoire et ayant subi plus de 10 passages successifs sur milieux artificiels.

6° iïlyeolojjie.

Le trichophyton à cultures blanches peut être, au point de vue botanique, pris comme le type des trichophytons ordinaires. La description que j’en donnerai’est donc celle des trichophytons ordinaires en général ; je l’abrégerai autant que possible, car les résultats de mes recherches à ce sujet se confondent absolument avec ceux que Sabouraud a exposés dans son étude des trichophyties humaines.

Si l’on examine, dans une culture en goutte suspendue, une spore de trichophyton extraite d’une lésion humaine ou équine, on la voit rapidement émettre un tube mycélien latéral en même temps qu’elle perd son double contour.

Ce tube mycélien se divise en articles assez gros (8 \i), courts et de forme souvent arrondie. Puis vers le troisième ou le quatrième jour, naît un nouveau mycélium, beaucoup plus fin (2 a, 5-3 [*) et qui. partant des articles précédents, rayonne en se ramifiant vers la périphérie.

C’est sur ce mycélium, divisé par de petites cloisons transversales éloignées les unes des autres, que prendront naissance les conidies vers le sixième jour ou même quelquefois plus vite. Celles-ci sont arrondies ou ovalaires, mesurant environ 3 p de diamètre, elles naissent à l’extrémité des rameaux fertiles ou dans le voisinage de cette extrémité d'un côté et de l’autre du rameau, elles sont supportées par un court et fin stérigmate souvent renflé à sa partie médiane.

Les rameaux, émis par l’hyphe fertile, se couvrent également de conidies et donnent parfois naissance à d’autres ramifications secondaires qui se comportent de même, de telle sorte que le développement de ces conidies aboutit à la formation d’une véritable grappe en amas impénétrable. C’est seulement au début et avant que toutes les conidies se soit développées sur tous les rameaux fertiles, que l'on peut juger de la disposition en grappe (lig. 12). L’aspect général des grappes diffère d’ailleurs d’une espèce trichophy tique à l'autre.

Ainsi pour l’espèce équine à culture blanche, la grappe est droite (fig. 12, a, b, c) tandis qu’elle est remarquablement flexueuse et ondulée pour l’espèce à cultures blanches du chat (fig. 12, d).

Les grappes de conidies nous autorisent à rapprocher les tricho-

à cultures blanches, comme tous les autres trichophvtons vulgaires, du groupe de mucédinées désigné par certains auteurs sous le nom de Boti'ytis et par d’autres sous le nom de Sporotrichum.

M. Duclaux (i) a enfin observé, dans les cultures des trichophytons, la réunion de plusieurs filaments enroulés en spirale et la for-

FlG. 12. — Grappes jeunes de eonidies des trichophytons (grossies1 570 diam. Ch. Cl.

Nachet).

a, h,c. Trichophyton à cultures blanches, du cheval ; culture en cellule sur bouillon mannité au 4e jour. — d. Trichophyton à cultures blanches, du chat; culture en cellule sur bouillon au 7e jour.

mation d’un véritable périthèce de sorte que les trichophytons appartiendraient aux périsporiacées parmi les ascomycètes. Je dois dire ici que je n’ai jamais vu dans mes cultures la formation des périthèces, peut-être ne les ai-je pas suivies pendant un temps suffisamment long pour assister à cette production.

(1) Duclaux. Société de biologie, 1886.

Le trichophyton à cultures blanches, outre la fructification conidienne en grappe dont je viens de parler, donne aussi naissance dans ses cultures, comme la plupart des mucédinées, à des chlamydospores. Elles sont arrondies et apparaissent sur le trajet d’un filament mycélien ou à l’extrémité d’un rameau terminal dont elles sont séparées par une cloison (fig. 13, e et f).

En suivant le développement ultérieur de ces chlamydospores on

Fig. 13. — <7., b. Filaments en spirales. Trichophyton du cheval, il cultures blanches. Culture sur moût de bière au 15e jour (grossiss4 480 diarn. Ch. Cl. Naehet). — c,/l. Fuseaux dans la même culture (grossisss4 480 diam. Ch. Cl. Xachet). — 0./. Chlamydospores. Trichophyton du cheval, à cultures blanches. Culture en cellule sur bouillon, 106jour (grossiss4 480 diam. Ch. Cl. Nachet).

voit le protoplasmase condenser à leur intérieur, la membrane externe s’épaissir, tandis que le tube mycélien qui les supporte s'atrophie de plus en plus et finit par disparaître.

A ces formes doivent se rattacher les fuseaux décrits par MM. Duclaux (1), Furthmann etNeebe(2) et Sabouraud (3). Ils se montrent surtout dans les cultures trichophytiques pauvres, sous l’aspect de rendements allongés de 10-15 p de largeur et de longueur très variable pouvant atteindre un dixième de millimètre. Ces fuseaux

(1) Duclaux. Loo. cit.

(2) Furthmann et Neebe. MotuiU. fUr prakt. Dermat., Band XIII, 1891.

(3) Sabouraud. Loo. cit.

sont divisés par une ou plusieurs cloisons, le protoplasma y est condensé et granuleux et leur enveloppe présente un double contour

Ils prennent naissance sur l’extrémité d’un rameau terminal ou latéral, quelquefois même au milieu d’une grappe de conidies.' S abour au d a pu suivre la germination de ces fuseaux qui reproduisent un mycélium comme la spore de la vie parasitaire.

Je rappellerai aussi que, dans les cultures de l’espèce trichophytique que j’étudie ici, on trouve en abondance des filaments enroulés en spirale, comme dans presque toutes les autres espèces de trichophytons du reste. Ces spirales (fig. 13, a et b), formées d’un mycélium grêle (2-3 jj.) et hyalin, sont simples et peuvent acquérir des dimensions considérables, quelques-unes ne comprennent pas moins de 10 à 12 tours de spire.

Quand enfin on examine une vieille culture (1 mois) de ce trichophyton on ne retrouve plus que des vésicules arrondies, d’apparence oïdienne et disposées très irrégulièrement (fig. 14, a). Outre ces oïdies on voit aussi des mycéliums courts, à double contour, divisés par

Fig. 14. — Triclvophyton du checal, à cultures blanches. — Culture sur milieu d’épreuve de 1 mois (grossisst 480 diam. Ch. Cl. Sachet).

a. Formes oïdiennes. — b, c, d. Filaments mycéliens cloisonnés.

des cloisons transversales en petits segments très analogues à ceux que l’on observe sur le parasite dans le poil (fig. 14, b, c, d).

(fig. 13, c, d).

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