‹ Les Teignes Tondantes du ChevalChapitre 5 sur 30 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Lorsqu'en 1891 Sabouraud entreprit d'élucider la question des trichophyties humaines, il s'attendait à trouver un sujet que les méthodes pastoriennes lui permettraient aisément d’éclaircir et de délimiter.

Mais après cinq années d’études portant sur plusieurs centaines de malades et sur plusieurs milliers de cultures mycologiques, il s'est trouvé en présence d’un champ si vaste et si étrangement complexe, qu’il était au-dessus des forces d’un seul de l’exploiter complètement et dans toutes ses parties.

Il a donc dû se contenter de donner les principaux traits de la question et d’en faire pour ainsi dire l’esquisse. Ses recherches, appuyées sur une méthode rigoureuse et scientifique, forment actuellement comme la base des travaux ultérieurs nécessaires pour achever l'histoire des trichophyties. Je rappellerai en quelques mots à quels résultats les études de Sabouraud l’ont conduit.

1° Jusqu'en 1892 on a confondu sous le nom de trichophytie deux mycoses absolument distinctes : la tondante rebelle et la trichophytie vraie.

La tondante rebelle, maladie du cuir chevelu et propre à l'enfance, causée par un champignon spécial, distinct des trichophytons, le Mmicrosporum Audouini, forme une entité bien définie et facile à fermer.

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La trichophytie vérilable ne doit plus être, ainsi qu'on le pensait autrefois, envisagée comme une entité morbide univoque ; elle n’est pas créée par un seul trichophyton ; elle peut être causée par un nombre indéfini d'espèces trichophytiques botaniquement différentes, certains de ces trichophytons étant d’ailleurs reconnaissables à première vue au seul aspect des lésions spéciales qu'ils déterminent.

2° Les trichophyties vraies peuvent être, dès aujourd’hui, divisées en deux grandes classes : les trichophyties humaines et les trichophyties animales. È

Les trichophyties humaines comprennent une partie des teignes tondantes du cuir chevelu et quelques cas de trichophytie circinée des parties glabres ; elles relèvent d'espèces parasitaires dont le nombre semble jusqu'ici assez restreint, à Paris du moins, car nous ne savons pas encore si d’autres espèces trichophytiques ne sont pas proprement humaines en d’autres pays.

Les trichophyties d'origine animale renferment dans leur cadre la grande majorité des trichophyties des parties glabres, toutes les lésions pilaires de l'homme adulte et quelques trichophyties du cuir chevelu chez l'enfant. Contrairement aux précédentes qui paraissent peu nombreuses, elles comportent une série d'espèces si étendue qu'elle doit être considérée comme indéfinie.

Sabouraud, dans son ouvrage, a signalé un grand nombre de ces espèces : trichophyties du cheval, du chien, du chat, de la poule, du porc, du veau; mais, dans cette partie de son sujet, il s’est trouvé en présence d'une telle multiplicité qu’il a dû se borner à indiquer seulement les faits principaux qu'il a observés.

[reste donc maintenant, pour compléter l'histoire des trichophyties, à reprendre ces espèces animales les &nes après les autres, à étudier chaque parasite, à préciser quelles lésions il détermine chez l’animal, à rechercher enfin à quelle forme clinique de trichophytie humaine correspond cette espèce animale, quelles sont la fréquence, la gravité et le traitement de cette trichophytie chez l'homme. Il devient en somme nécessaire de faire, pour chaque espèce trichophytique animale, une monographie spéciale comportant l'étude microscopique etmycologique du parasite, la description de ses lésions sur l'animal et la description de ses lésions sur l’homme.

Convaincu de l'intérêt théorique et pratique qui s'attache à ces

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questions, j'ai résolu d'étudier l’une d'elles ; les trichophyties équines chez l'homme semblent être les plus fréquentes, c’est à elles que j'ai voulu consacrer ce travail.

Dans ce sujet, en apparence simple, je me suis heurté à la multiplicité des espèces, à la difficulté des recherches mycologiques et à l'insuffisance des observations vétérinaires qui pourraient cependant en semblable circonstance aider puissamment le médecin. Je ne saurais donc faire des trichophyties équines une description définitive ; toutefois les faits que je possède actuellement ont un intérêt suffisant pour donner lieu au mémoire que je publie et qui ne peut être considéré que comme un travail préliminaire sur la question.

Au début de cette étude je désire d’abord préciser la marche qui sera suivie. Mes recherches ont porté sur quatre trichophyties équines et leur transmission à l’homme, mais, d'autre part, j’ai trouvé chez le cheval un parasite spécial, un microsporum, homologue, chez le cheval, du microsporum Audouini de l’enfant et, comme lui, difiérant en touts points des trichophytons ; ce travail comprendra donc deux parties : 1° l'étude du microsporum du cheval et de sa transmission à l’homme adulte ; 2° la description des trichophytons du cheval et de leurs inoculations humaines.

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