‹ Les templiers; opéra en cinq actes et sept tableauxChapitre 28 sur 71 · SCENE VI ISABELLE, RENE · texte numérisé non relu

SCENE VI ISABELLE, RENE

RENÉ, s'ârrêtant.

Ici je l'ai quittée et j'y reviens errer,

Sans espérer la voir, rien que pour respirer

L'air où son souffle a nais une caresse, Et dans l'ombre, évoquer l'image enchanteresse! Son voile soulevé, m'a laissé voir des traits

Qu'à l'instant je reconnaîtrais; Mon cœur en a gardé l'empreinte trop fidèle,

Voilée ou non, il me dirait : c'est elle ! Et pourtant je ne sais ni son nom ni son rang. Je ne sais rien, sinon que mon âme l'appelle, Et qu'à ses pieds, joyeux, je verserais mon sang. Quand je l'interrogeai, sa voix timide et tendre, En refusant de la nommer,

A mon espoir fit seulement entendre Que son cœur est libre d'aimer !

ISABELLE, à part.

Je ne me trompais pas... Dans l'ombre projetée

Le voici... C'est bien lui... lui qu'appelait mon cœur

RENÉ

C'est ici que je l'ai quittée.

L'apercevant.

Une femme?

La reconnaissant et courant à elle.

Ah ! c'est VOUS !... Vous enfla !... 0 bonlieur !

ISABELLE, à part.

Que je suis émuel... Ah! je tremble!

Haut et troublée.

Je n'ai pas oublié le service rendu

Et mon cœur s'en souvient. Mais vous seriez perdu

Si l'on nous surprenait ensemble.

Au nom du ciel, partez, partez I

Rassurez -vous...

Tout est silence autour de nous, Et quand je vous revois que m'importe la vie!

Elle serait cent fois bénie Cette heure où je pourrais mourir à vos genoux 1

CHATILLON et LE CHOEUR, dans le lointain.

Au murmure de l'onde.

Cœurs vraiment amoureux, Oublions tout au monde, La vie est belle à deux !

Pendant ce chœur, Isabelle, qui écoute, est restée rêveuse sur le devant de la scène. René est remonté pour écouter. Après le chant, il revient vers Isabelle et se met à genoux devant elle.

RENÉ, très doux et voilé.

Dans le calme de la nuit pure

Là-bas... entendez-vous Ce chant... lointain comme un murmure.

« Le temps fuit... aimons-nous! »

LE CHOEU R, très loin.

Aimons-nous !

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