LES BOHÉMIENNES
Un doux papillon épris d'une rose
Depuis l'aube èclose Bat l'air embaumé du rapide essor
De ses ailes d'or.
Il voudrait pouvoir, suprême délice,
Sur son frais calice Voler tout joyeux, pour y déposer
Un tendre baiser !
Son espoir est vain 1 La brise trop forte
L'enlève et l'emporte
Et courbe en passant la reine des tleurs
Qui semble être en pleur.>, Car de sa ooroUe, on voit la rosée
Par la nuit posée Couler goutte à goutte en perles d'argent
Au reflet changeant.
Bientôt, par le vent, la rose épuisée
Tombe enfin brisée Et triste, elle meurt dès son premier jour
Sans goûter l'amour !
Mais dans sa bonté. Dieu prend pitié d'elle.
La fleur encor belle Feuille à feuille vole en un tourbillon
Vers le papillon !
A la 'fin du chœur, le papillon que tient le danseur se pose sur la rose de la jeune fille. Une cloche tinte au couvent des Templiers. Sons lointains d'orgue. Le peuple se signe. Les bohémiens sont troublés. Signes de respect et d'efi'roi.
LE CHOEUR
Ce sont les Templiers dont l'office commence ; Ne mêlons pas nos jeux à leurs pieux accents. Retirons-nous : laissons prier dans le silence Ces fiers soldats de Dieu vénérés et puissants.
Ils sortent.
CHATILLON
Viens-tu, René ?
RENÉ
Non ! Près de moi demeure Quelques instants.
Montrant le Temple.
Ici j'entrerai tout à l'heure, Quand les chants se tairont.
Avec enthousiasme.
Car, dans ces murs, vois-tu, J'ai des amis auprès de qui j'ai combattu Dix ans en Palestine, et je leur suis fidèle Pour leur grande vaillance et leur grande vertu !