‹ Les templiers; opéra en cinq actes et sept tableauxChapitre 5 sur 71 · LES BOHÉMIENNES · texte numérisé non relu

LES BOHÉMIENNES

Un doux papillon épris d'une rose

Depuis l'aube èclose Bat l'air embaumé du rapide essor

De ses ailes d'or.

Il voudrait pouvoir, suprême délice,

Sur son frais calice Voler tout joyeux, pour y déposer

Un tendre baiser !

Son espoir est vain 1 La brise trop forte

L'enlève et l'emporte

Et courbe en passant la reine des tleurs

Qui semble être en pleur.>, Car de sa ooroUe, on voit la rosée

Par la nuit posée Couler goutte à goutte en perles d'argent

Au reflet changeant.

Bientôt, par le vent, la rose épuisée

Tombe enfin brisée Et triste, elle meurt dès son premier jour

Sans goûter l'amour !

Mais dans sa bonté. Dieu prend pitié d'elle.

La fleur encor belle Feuille à feuille vole en un tourbillon

Vers le papillon !

A la 'fin du chœur, le papillon que tient le danseur se pose sur la rose de la jeune fille. Une cloche tinte au couvent des Templiers. Sons lointains d'orgue. Le peuple se signe. Les bohémiens sont troublés. Signes de respect et d'efi'roi.

LE CHOEUR

Ce sont les Templiers dont l'office commence ; Ne mêlons pas nos jeux à leurs pieux accents. Retirons-nous : laissons prier dans le silence Ces fiers soldats de Dieu vénérés et puissants.

Ils sortent.

CHATILLON

Viens-tu, René ?

RENÉ

Non ! Près de moi demeure Quelques instants.

Montrant le Temple.

Ici j'entrerai tout à l'heure, Quand les chants se tairont.

Avec enthousiasme.

Car, dans ces murs, vois-tu, J'ai des amis auprès de qui j'ai combattu Dix ans en Palestine, et je leur suis fidèle Pour leur grande vaillance et leur grande vertu !

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