BENÉ
Oui, votre fils!,.. Pardonnez-moi, mon père. J'ai pu fuir sans remords, croyant que la colère Du roi respecterait ces guerriers valeureux. IVIais, puisqu'ils vont mourir, ma place est auprès d'eux 1
LE ROI
Son fils... hasard étrange, Et triste révélation!
MO LAI. désignant Enguerrand.
Le Seigneur le frappe et nous venge!
ENGUERRAND, accablé.
0 la prédiction!
Courant à René.
Un mot au moins, René, car c'est moi qui te tue 0 mon fils! moi qui t'aimais tant!
RENÉ
Mon père!
ENGUERRAND, l'embrassant avec délire.
0 mon enfant !
LE ROI
De leur douleur j'ai l'âme émue.
62 LES TEl^PLIERS
ENGUERRAND, se jetant aux pieds du roi.
A votre pitié j'ai recours.
Sire, comment pom'riez-vous croire Que mon fils qui sait bien que tout, fortune et gloire, Tout nous vient de vous seul en voulût à vos jours!
LE ROI, à Enguerrand.
Cela ne se peut pas... C'est bien, je lui fais grâce.
Enguerrand se précipite avec un cri de joie sur la main du roi qu'il embrasse avec transport.
RENÉ, au roi.
Pour mon père, merci! Mais je n'accepte pas!
ENGUERRAND, avec effroi.
Malheureux, que dis-tu?
LE ROI, à René.
D'oti vous vient cette audace?
RENÉ, s'approchant du roi, à lui seul et à demi-voix.
0 sire, apprenez donc pourquoi Hier, j'étais au Palais.
LE ROI, vivement.
Avec effroi j'écoute.
RENÉ, continuant et plus bas.
Votre fille jadis vous a parlé sans doute D'un homme qu'elle aimait?
Signe d'assentiment du roi.
Cet homme c'était moi I
LE ROI, avec fureur.
Toil Malheureux! La mort ! plus de pitié pour toi !
.On se jettâ sur René. A ce moment entre Isabelle suivie de Marie de Simiane.
ISABELLE
Sire, ah ! du moins que la mort nous rassemble ! Faites grâce, mon père, ou frappez-nous ensemble !
Le roi la relève avec fureur et elle demeure suppliantei