‹ Les temps néroniens et le deuxième siècleChapitre 115 sur 133 · PASSION DE SAINTE PERPÉTUE ET DE SAINTE FÉLICITÉ · texte numérisé non relu

PASSION DE SAINTE PERPÉTUE ET DE SAINTE FÉLICITÉ

A CARTHAGE, LE 6 MARS 2o3

L'édit de Seplime Sévère prohibant la propagande chrétienne commença d'être appliqué dans la province d'Afrique, l'an 302, par le proconsul Minutius Timinianus. Ce personnage mourut pendant qu'il était en charge; le procurateur Flavianus Hilarianus remplit, par intérim, la vacance et présida à la persécution. Une dispute qui s'éleva alors parmi les chrétiens, sur la question de savoir si ceux-ci ont le droit de se soustraire au danger par la fuite, nous apprend avec quelle rigueur fut conduite la persécution. « Aujourd'hui, écrivait Tertullien au commencement du Scorpiaque, nous sommes dans le feu même de la persécution. Ceux-ci ont attesté leur foi par le feu, ceuxlà par le glaive, d'autres par la dent des bêtes. Il en est qui, ayant trouvé sous les fouets, dans la morsure des ongles de fer, un avant-goùt du martyre, soupirent maintenant dans les cachots après sa consommation, rsous-mêmes nous nous sentons traqués de loin, comme des hèvres destinés à tomber sous les coups du chasseur. » Parmi les martjTs qui moururent alors pour Jésus-Christ, on cite : Jucundus, Saturnin, Artaxe, brûlés vifs, Quintus, mort en prison, et un grand nombre d'autres, disent les actes que l'on donne ici, parmi lesquels il est tout à fait probable qu'il faut inscrire Celerina et ses fils Laurent et Ignace, en l'anniversaire desquels saint Cyprien célébrait chaque année le saint sacrifice en mémoire de leur combat. Peut-être aussi faut-il rapporter à cette persécution les martyrs Castus et Emile, mais les plus célèbres furent sainte Perpétue, avec sainte Félicité et leurs compagnons.

L'épisode de leur martyre nous est connu par un document

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qui est l'une des pièces les plus achevées de toute la littérature chrétienne. D'habiles gens ont pensé qu'un morceau si excellent était sorti de la plume de TertuUien ; quoi qu'il en soit, ces actes sont au-dessus de tout soupçon. C'est une sorte d'autobiographie dont le morceau le plus étendu est donné comme écrit par Perpétue elle-même, un court fragment comme l'œuvre du martyr Saturus, et la jfîn a été composée par un témoin demeuré inconnu. Le prologue et la conclusion appartiennent à un dernier rédacteur qui semble avoir été quelque peu imbu de la doctrine des montanistes.

« On ne connaît plus que cinq manuscrits fournissant le texte primitif de la passion. » (Van den Ghetn, loc. cit., col. 82 1.) Elle fut publiée pour la première fois à Rome, en i663 ; les différentes éditions que l'on en a faites depuis contiennent des variantes nombreuses, mais la discussion critique ne relève pas de ce travail, auquel elle n'apporterait pas de modifications notables. Il existe un texte grec qui n'est très probablement qu'une ancienne version faite sur le latin original. G. P. Allard, Histoire des Persécutions, t. II, p. 96-127; — Aube, dans les Comptes rendus de l'Acad. des inscript. (1880), D. VIII, Sai- 33i; — Analecta Bollandiana (l88l^), III, app., i58-i6i. — (1896), XV, p. 334 ; — Civiltà Cattolica, 18 Giugno 1896, p. 228 et suiv. ; DouLGET, Essai sur les rapports de l'Egl. chrét. avec l'Etat romain, p. 1^9; — Duchesne, En quelle langue ont été écrits les actes des SS. P. et F. ? dans les Cpt. rend, de l'Acad. des inscript. (1891), séance du 28 janvier, p. 39-64 (« Peut-être l'original a-t-il été écrit en grec ? Dans un manuscrit du X° siècle (Bibl. Nationale, fonds latin, n. 17.626), on lit que Perpétue s'entretenait en grec avec Optât et Aspase : (( et cœpit Perpétua graece cum illis loqui. ») Aubé, ouvr. cit., p. 5i5-6. Harkis, ouvr. cit. plus bas et Massebieau, La langue originale des actes des SS. P. et F. dans la Revue de l'histoire des religions, XXIII (1891), p. 97 et suiv., tiennent le grec pour original; Duchesne, Batiffol, Anciennes littératures chrétiennes (1897) tiennent pour l'original latin. Voy. Harnagr, Gesch. d. AltchrLstl. Litteratur, I, 11, p. 819 (1893). — Harkis and Gifford, Acts of Perpétua and Félicitas (1890). — LuccHi]\i, Atti sinceri, II, i-45 (1778). — Martin, dans Revue Catholique (de Louvain), 1878, J, xv, 487-602, 553- 70. — Mères chrétiennes (1879), 117-69, 296-332; — Neum.4.nn, Der roemische Staat und die allgemeine Kirche bis auf Diocletian,

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t. I, p. 299 et suiv. — Orsi, Dissertatio apologelica pro SS. P., F. et socioram orthodoxia (1728), 189 pp., réimprimé dans Migse, Patrologia Latina, III, col. 63 et suiv. — Pillet, Les Martyrs d'Afrique, hist. de S. P. et de ses compagnons (1885), xiy-U'joyp. grav. plan. — Robinson, The passion of S. P. newly ediled from ihe mss. xvith an introduction and notes, dans la collection Texls and Studies, vol. I, n. 2 (1891). — Schallmoos (von). Die heilige P., eine Geschichte aus der Urzeit der Christenthums. Wien (2* édition, i833), 2 vol. in-i6. — Tillemo>t, Mémoires H. é. (1695), III, i36-58; 64o-6. — Voyez aussi Le Bla>t, Les Actes des martyrs (i88a), V, 9, p. U^. — Pour la chronologie, Ulhorn, Fundamenta chronol. (i852), p. i5 et suiv. — Bowetsch, Die Schriften Tertullians (1878), p. 76. — Arkill, dans Herzog's Cyclopxdia au mot Perpétua. — Stokes, dans le Diction, of Christian biography, edited by Smith and Wace, t. IV, p. 3oG au mot Perpétua. — AiïALECTA Bollandia:ïa, Un nouveau manuscrit des Actes des SS. P. et F. : cod. Ambros., t. XI (1892), 100-102, 369-373. — Kruger, dans Christl. Welt, III (1890), 780-790. — Le Même, Gesch. der altchr. Litteratur, p. alio et suiv. — Pio Franchi de Cavallieri dans Rom. Quartalschrift et Roma, 1896, Lapassione délie SS.P. et F., 176 pp., in-8'. — Anal. Boll. (1894), p. 296.

Passion des saintes Perpétue et Félicité

ET de leurs compagnons

Préface

Si les exemples de foi donnés par les anciens, dans lesquels éclate la grâce de Dieu et où les hommes trouvent sujet à s'édifier, sont soigneusement enregistrés afin que leur lecture et leur méditation procurent honneur à Dieu et réconfort à l'homme, pourquoi ne pas recueillir aussi des pièces plus récentes mais non moins précieuses à ces mêmes points de vue? Est-ce parce que ces antiques modèles deviendront quelque jour des modèles nécessaires pour la postérité, que dans le temps où nous vivons on ne leur accorde qu'une moindre importance, par suite d'un culte exagéré par l'antiquité? Mais qu'ils consentent donc à reconnaître la force toujours semblable du Saint-Esprit,

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toujours le même, ceux qui prétendent faire une différence entre tel ou tel temps, tellement que les derniers et les derniers des derniers doivent être tenus pour les plus fameux, en proportion du débordement de grâce dans la dernière période de ce siècle. « En ces derniers jours, dit le Seigneur, je répandrai mon esprit sur toute chair, vos fils et vos filles prophétiseront, je répandrai mon esprit sur vos serviteurs et vos servantes, vos jeunes gens auront des visions et vos vieillards des songes. » En ce qui nous regarde, nous reconnaissons et honorons les nouvelles prophéties et les nouvelles visions, suivant la promesse divine qui en a été faite, et nous tenons les autres manifestations de l'Esprit-Saint comme utiles à l'Eglise, à laquelle il est envoyé, lui qui répartit tous les dons entre tous les hommes, suivant la mesure que Dieu a accordée à chacun. C'est pourquoi nous faisons ce récit dont la lecture fera rendre gloire à Dieu, afin que l'ignorance ou le découragement n'aillent pas s'imaginer que la grâce divine n'habita qu'avec les anciens, soit en ce qui regarde les martyrs, soit en ce qui concerne les révélations ; car Dieu exécute toujours ce qu'il a promis, pour que cela serve de témoignage aux infidèles et d'encouragement aux fidèles. Quant à nous, nous vous annonçons ce que nous avons vu et touché, afin que vous, nos frères et nos enfants, qui fûtes témoins de ces choses, vous ayez souvenir de la gloire du Seigneur, et vous qui les apprenez par le récit que l'on en fait, vous soyez en communion avec les saints martyrs, et par eux avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui appartiennent la splendeur et la gloire dans les siècles des siècles. Amen.

Ici commence la passion .

On arrêta des catéchumènes : c'étaient Révocat et Félicité, deux esclaves ; Saturnin et Secundule, deux jeunes gens ; enfin Vibie Perpétue, de naissance distinguée, éle-

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vée avec recherche, devenue matrone par son mariage, ayant encore son père et sa mère et deux frères, dont l'un était également catéchumène, et un enfant à la mamelle. Elle avait vingt-deux ans. Elle a écrit le récit entier de son martyre de sa propre main.

(( Tandis que nous étions encore mêlés aux persécuteurs, raconte-t-elle, et que mon père s'acharnait à me détourner et à me perdre — il n'écoutait que son affection : u Mon « père, lui dis-je, vois-tu à terre ce vase ou cette fiole, ou de « quelque nom qu'il te plaira de l'appeler? » Il dit : « Je le (( vois. » Je repris : (( Peux-tu lui donner un autre nom que « celui de vase? » 11 dit : u Non. — Eh! bien, dis-je, moi je ne puis me dire autre chose que chrétienne. « A ces mots, mon père, hors de lui, se jeta sur moi pour m'arracher les yeux, mais il me maltraita seulement et il se retira vaincu avec ses arguments diaboliques. Il ne reparut pas de plusieurs jours et j'en rendis grâces à Dieu ; son absence m'était un soulagement. Ce fut précisément pendant ces quelques jours que nous reçûmes le baptême. En ce qui me regarde, l'Esprit-Saint me fit connaître, tandis que j'étais plongée dans l'eau, de ne demander autre chose que l'endurance du corps. Quelques jours plus tard nous fûmes mis en prison, et j'en étais épouvantée, car jamais je n'avais supporté de pareilles ténèbres. 0 jour pénible ! Par suite de l'entassement des prisonniers, on vivait dans une chaleur épaisse ; de plus, il fallait supporter les bourrades des soldats, enfin j'étais dans l'angoisse à la seule pensée de mon enfant. Tertius et Pomponius, les chers diacres qui prenaient soin de nous, obtinrent, à prix d'argent, qu'on nous accordât chaque jour une promenade de quelques heures. Une fois sorti de la prison, chacun songeait à soi. Pour moi, j'allaitais mon petit enfant à demi mort de faim. Anxieuse pour lui, je parlais à ma mère, je fortifiais mon frère, je recommandais mon fils. Je souffrais de voir les autres souffrir à mon sujet. Cela se prolongea de la sorte-

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pendant de longs jours, enfin j'obtins que l'enfant demeurât avec moi dans la prison, alors je ne souffris plus, toutes mes peines et mes inquiétudes se dissipèrent, et le cachot devint pour moi comme une maison de plaisance que je préférais à tout autre séjour.

u Ce fut vers ce temps que mon frère me dit : « Madame u ma sœur, tu es maintenant élevée à une grande dignité : « demande à Dieu de te faire voir si tout ceci se terminera « par votre mort ou par votre acquittement. » Moi qui avais des entretiens avec Dieu de qui j'avais éprouvé les bienfaits, je lui répondis avec confiance : « Je te dirai cela « demain. » Alors je priai, et voilà ce qui me fut montré : Je vis une échelle d'or, très haute, puisqu'elle montait jusqu'au ciel, et très étroite, on n'y montait qu'un seul de front ; sur les montants de l'échelle étaient attachées des ferrailles de toute sorte. On voyait des glaives, des lances, des crochets, des coutelas, disposés de façon que si quelqu'un fût monté avec négligence et sans regarder au-dessus de sa tête, il eût été mis en lambeaux et sa chair fût restée accrochée à toutes ces ferrailles. Au pied de l'échelle se tenait couché un énorme dragon, qui préparait des embûches à ceux qui gravissaient l'échelle et les épouvantait pour les empêcher de monter.

a Saturus monta le premier — il s'était livré lui-même à cause de nous, car il était absent lorsque nous fûmes arrêtés ; il arriva au sommet de l'échelle, se tourna vers moi et me dit : a Perpétue, je veille sur toi ; mais prends (c garde que le dragon ne te morde. » Je répondis : « Au « nom de Jésus-Christ, il ne me fera pas de mal. )) Comme s'il m'eût craint, le dragon leva lentement la tête, mais une fois arrivée sur le premier échelon, je la lui écrasai. Je montai donc, et je découvris un immense jardin au milieu duquel un homme à cheveux blancs, vêtu en pasteur, de haute taille; il était assis et occupé à traire ses brebis, autour de lui plusieurs milliers de personnes en robes

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blanches. Le pasteur leva la tête, me regarda et me dit : u Te voilà venu sans encombre, mon enfant. » Il m'appela et me présenta un morceau de lait caillé, je joignis les mains pour le recevoir et je le mangeais pendant que tous les assistants répondaient : Amen. Le bruit qu'ils firent me réveilla et j'avais encore dans la bouche quelque chose de très doux. Je rapportai aussitôt tout ceci à mon frère et nous comprîmes que c'était le martyre qui nous attendait; dès lors, nous commençâmes de ne plus rien espérer des hommes.

(( Bientôt le bruit se répandit que nous allions être jugés. Mon père accourut de sa petite ville (de Tuburbium), accablé de douleur; il vint me voir afin de m'ébranler, il me disait : u Ma fille, aie pitié de mes cheveux blancs ; aie (( pitié de ton père, si toutefois je suis encore digne d'être « appelé ton père. Si mes mains t'ont élevée, si grâce à (( mes soins tu es parvenue à cette fleur de la jeunesse, si je (( t'ai préférée à tous tes frères, ne fais pas de moi un objet « de honte parmi les hommes. Songe à ta mère, à tes (( frères, à ta tante, songe à ton fils, qui, sans toi, ne (( pourra vivre. Abandonne ta résolution, qui nous perdrait (( tous. Personne de nous n'osera plus élever la voix si tu (( es condamnée à quelque supplice. » Ainsi parlait mon père dans son affection pour moi, en même temps il me baisait les mains, se jetait à mes pieds, m'appelait non (( ma fille », mais « ma dame ». Et moi j'avais pitié de ses cheveux blancs; lui, seul de toute ma famille, ne devait pas se réjouir de mes douleurs ; je le rassurai en lui disant : « 11 arrivera sur l'estrade du tribunal ce que Dieu « voudra. Car nous savons que nous ne nous appartenons (( pas à nous-mêmes, mais à Dieu. )) 11 me quitta bien affligé.

(( Un autre jour, pendant notre repas, on vint nous enlever soudain pour être interrogés. Nous arrivons au forum. Le bruit s'en répandit tout de suite aux environs, et une

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foule immense s'attroupa. Nous montâmes sur l'estrade*. » [Le procurateur Hilarianus : « Sacrifiez aux dieux,

comme l'ont ordonné les immortels empereurs. »

Saturus : u Mieux vaut sacrifier à Dieu qu'aux idoles. » Hilarianus : « Réponds-tu en ton nom, ou au nom de

tous ? ))

Saturus : a Au nom de tous, car nous n'avons qu'une même volonté. »

Hilarianus (s'adressant à Saturninus, Revocatus, Félicité et Perpétue) : u Et vous, que dites-vous ? ))

Tous : « C'est vrai, nous n'avons qu'une même volonté. »

Le magistrat ordonna d'éloigner les femmes.

Hilarianus dit à Saturus : u Jeune homme, sacrifie ; ne te crois pas meilleur que nos princes. »

Saturus : (( Je me crois leur supérieur aux yeux du vrai prince du siècle présent et futur, si j'ai mérité de lutter et de souffrir pour lui.

— Change d'avis, et sacrifie, jeune homme.

— Non pas. »

Hilarianus dit à Saturninus : a Sacrifie, jeune homme, si tu veux vivre. »

Saturninus : « Je suis chrétien, cela ne m'est pas permis. »

Hilarianus à Revocatus : a Apparemment, toi aussi, tu parleras de même. »

Revocatus : « Oui, pour l'amour de Dieu ; je n'ai pas d'autres sentiments. ))

Hilarianus : u Sacrifiez pour que je ne vous fasse pas mourir. »

Revocatus : « Nous prions Dieu de mériter cette grâce. »

Le procureur ordonna d'emmener ces accusés et d'introduire les deux femmes.

1. J'intercale ici, dans l'autobiographie de Perpétue, l'interrogatoire développé, lequel n'a pas cependant l'autorité du récit de la martyre.

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Hilarianus dit à Félicité : « Comment t'appelles-tu ?

— Félicité.

— As-tu un mari ?

— Oui, mais aujourd'hui, je le méprise.

— Où est-il?

— Il n'est pas ici.

— De quelle condition est-il ?

— Homme du peuple.

— As-tu des parents ?

— Non, mais Rcvocatus est mon frère. Et quels parents pourrais-je avoir meilleurs que ceux-ci ?

— Aie pitié de toi-même, jeune femme, et sacrifie, afin de vivre, car je vois que tu es enceinte.

— Je suis chrétienne, et il m'est commandé de mépriser tout cela pour Dieu.

— Prends souci de toi-même, car tu me fais compassion.

— Fais ce que tu voudras, tu ne pourras me persuader. »]

« Quand ^ mon tour d'être interrogée fut venu, mon père apparut tout à coup, portant mon fils ; il me tira de ma place, et me dit d'un ton suppliant :

« Aie pitié de l'enfant. »

« Et le procurateur Hilarianus, qui avait reçu le droit de glaive à la place du défunt proconsul ^linutius ïiminianus :

« Aie pitié des cheveux blancs de ton père, aie pitié de (( la jeunesse de ton fils. Sacrifie pour le salut des empe- « reurs. »

« Je répondis : « Je ne sacrifie pas. »

(( Hilarianus : a Es-tu chrétienne ? »

« Je répondis : « Je suis chrétienne. »

(( Et comme mon père se tenait toujours là pour me fai

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