I. Artn. « 1 will eut short my hair and... » etc
172 Les Martyrs
te montrer timide, mais souffrir avec courage ! » Et Thécla reprit : « Donne-moi le sceau du Christ, c'est la seule arme que je désire ; et la tentation n'aura pas de prise sur moi. » Et Paul lui dit : « Aie patience, Thécla, tu recevras le don du Christ. »
Paul renvoya dans sa maison Onésiphore avec toute sa famille, et prenant avec lui Thécla ^ il se rendit à Antioche. A peine étaient-ils arrivés dans cette ^ille qu'un certain Alexandre, Syrien de nation et l'un des principaux magistrats d'Antioche, où il s'était fait un nom par les sages mesures de son administration, vit par hasard Thécla et conçut pour elle une passion violente . Il cherchait à gagner Paul par son or et ses riches présents. Mais Paul lui dit : <( Je n'ai aucun droit sur cette femme dont tu me parles ; elle n'est pas à moi. »
Or, un jour, Alexandre, au milieu d'une place pubUque, osa la saisir dans ses bras et lui donner un baiser. Thécla résistait à cette Alolence, elle appelait Paul, et d'une voix épouvantée elle jetait de grands cris, et disait : « ^e fais pas \1olence à une étrangère, respecte la servante de Dieu. Ma famille occupe les premiers rangs dans Iconium, et j'ai refusé la main de Thamyris ; c'est pour cela que j'ai été chassée de ma \\l\e. » En même temps, saisissant Alexandre, elle déchira sa chlamyde, lui enleva la couronne qu'il avait sur la tcte*, et resta, aux yeux de toute la foule, victorieuse de son impudent agresseur. Alexandre, blessé dans son amour et tout honteux d'ailleurs de ce qui venait d'arriver, la conduisit au préfet. Elle avoua tout et fut condamnée aux bêtes '. Mais les femmes qui avaient été témoins de la scène, touchées de compassion et se regardant comme frappées par cette sentence, criaient hautement à l'injustice*. Thécla, qui n'avait d'autre inquiétude que de conserver sa vertu, demanda au préfet que son honneur fût