SCENE XI
REGINE, LE BARON MISSEN.
RÉGINE, se laiftsant tomber sur un canapé. — Et maintenant, toute à 1 hygiène... Constatez combien je suis obéissante.
MISSEN, approchant d'elle une chaise.
-— Aussi, comme vous devez savoir commander !
RÉGINE. — C'est souvent plus embarrassant .
MISSEN. — Je voudrais tant recevoir un ordre de vous. (7/ va pour s'asseoir.)
RÉGINE, l'arrêtant. — Eh bien! allezvous-en. Laissez-moi seule ici.
REGINE. — Eu BIEN ! allez-vols-en. Laissez-.mui seule ici.
MISSES. — Ail ! je ne prévoyais pas «ne injonction de ce genre... En avez vous au moins une raison ?
RÉGINE, gênée. — Sans doute... mais...
MissEN. — Je désire la connaître.
RÉGINE, de -plus en plus gênée. — Nous nous sommes peu quittés pendant ce bal, et je craindrais que notre disparition simultanée ne fût remarquée.
MISSEN. — Vous ai- je donc invitée trop souvent ? Pourquoi ne m'avoir pas prévenu dans le courant de la soirée 1
RÉGINE. — Je n "y ai pas pensé. C'est l'arrivée de mon cousin de Ligueil qui m'a rappelé la recommandation qu'il m'a faite, aujourd'hui même, avant de venir.
MISSEN. ■ — Laquelle ?
RÉGINE. — Vous ne lui en voudrez pas ?... Il m'a dit d'être réservée... avec vous... parce que votre empressement...
aux yeux du monde... était compromettant pour mni.
MissKN, piqué. ■ — Cette observation m'étonne... et très désagréablement.
RÉGINE, un peu impatientée. — Oui.
J'en ai de même été fort surprise... i\lais retournez par là, je vous prie.
MISSEN, de même. — Vous me parlez
sur un ton qui nost presque pas gentil.
RÉGINE, (tver. énervement. ■ — ■ Pourquoi aussi ne vous être pas tout de suite soumis à ma demande si simple ? Vous avez voulu que je la justifie ; et j'en suis honteuse. Il y a de ces raisons qui vdus semblent se changer en torts quand on s'entend les donner.
MISSEN, arer mnlreillance. — N'auriczvous pas plutôt senti naître le scrupule exagéré dont vous voilà prise, au moment oîi le marquis de Nohan est entré ?
RÉGINE. — ■ Plaît-il ?... Et quand cela serait, je nai pas, et je n'ai jamais eu, je pense, de comptes à vous rendre sur rien... (Af/ouri.-^fKi/it sa voir.) Je vous répète une fois de plus que j'ai pour vous une cordiale amitié. Je suis convaincue que vous avez aussi pour moi beaucoup de sympathie : moins (juc vous ne vous risquez parfois à le prétendre ; mais autant que je vous en permets... Et maintenant, je vous en conjure, allez vite vous asseoir entre deux mères de jeunes demoiselles à marier, et soyez très aimable pour qu'elles me pardonnent d'avoir si longuement, et malgré moi, paru accaparer le brillant parti que vous êtes.
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]S[OHAN. — J'ai eu topt, mademoiselle, a.
MON INSU, d'avoir UNE TELLE FAMILIARITÉ.
MissEN, naïvement. — Mais je n'ai nulle envie de me marier
RÉGINE, le regardant en faee. — Cela, en effet, je le crois.
MISSEN, interloqué. — Comment ?...
Quoi ?...
RÉGINE, eipercevant Nohan qui, entré dans la pièce, va en ressortir à la vue élu couple. — Ah ! monsieur de Nohan, vous ne m'avez pas encoi'e souhaité le bonsoir.