‹ Les ternaires: livre lyriqueChapitre 11 sur 65 · PORTRAITS · texte numérisé non relu

PORTRAITS

D'une larme du Christ celle qui fut formée Choisit sur terre un Barde enclin à tous les pleurs , £t, pleurant , lui montra la chaîne de douleurs Qui tient depuis Adam notre race enfermée ;

Chez les anges la vierge avait nom Éloa ,

Nom sacré que plus tard le Barde révéla ;

Il parcourut les temps à Tombre de ses ailes,

Recherchant le malheur et chantant la pitié ;

Puis, quand Tange tomba, sa mystique amitié

Eut pour des maux sans fin des plaintes immorteUes.

Tu mérites aussi de tout pieux chanteur Un hynme d'amitié , cœur tendre et toujours jeune , Toi qui sus opposer aax souffîances du Jeûne L'âme et le corps du Christ, froment générateur^.

* Du Dogme gdnéraUur dt FEucharistiê, par l'obbé Gerbet

Tu t'es bien pénétré de sa vertu secrète :

C'est la douceur du Prêtre et ceUe du poète ; Mais la réflexion au langage savant , Gouverne avec bonheur ton zèle et le tempère ; On t'appeUera Maître , et , cortège fervent , Des fils de ton esprit te suivront comme un père.

Les jeunes gens rêveurs tournaient vers lui les yeux ; Lui, Sage au front candide issu des anciens Sages, Attentif au présent, mais planant sur les âges, Lisait nos changements dans une loi des cieux. Gomme un platonicien dans sa tunique blanche , Replié sur lui-même ainsi vivait Balanche.

Mystérieux penseur,* calme et triste à la fois: S'il enseigne à quel pri;^ le bien germe et s'enfante, Ses chants révélateurs semblent d'un hiérophante , Ou la plainte d'Orphée expirant dans les bois.

Page 1