‹ Les ternaires: livre lyriqueChapitre 40 sur 65 · SUR LES ANCIENS POETES · texte numérisé non relu

SUR LES ANCIENS POETES

A M. Antoine de Laiour

Au temps passé , rimeurs ne rejetaient Les fiers dizains , les chansons , les octaves , Arène étroite où luttaient les plus j)raves , Poignards d^acier qu'avec grâce ils portaient ;

AiT t.

VE^DRED^.

Vendredi ! nous entrons dans T^aples en tremblant, Un païen eût marqué ce jour d'an caillot ]))anc.

Alors ee n^étatt qu'une ronde

Dansant autour du golfe Ueu ; Tout célébrait Vénus féconde ; Et FAmour menait , jeune dieu, Toutes les Puissances du feu , Toutes les Puissances de Tonde.

Les dieux ont fui, les jours eux-roéme ont eu leur sort. Nous marquons d'une croix vendredi , jour de mort.

A genoux ! sur sa croix d'ébène Voici le blanc Crucifié :

I eureux tout cœur mortifié!

Fuyez la joie , aimez la p?ine.

L'ancien monde est modifié ;

Mourez , la mort est souveraine.

Vendredi ! nous passons dans Naples en tremblante Un païen eût marqué ce jour d'un caillou blanc.

Non , vivez ! Sur un arbre infâme Si l'Homme-Dieu fut torturé,' Si dans Fangoisse il rendit Tâme , Le tombeau n'a rien dévoré ; Et , doublement régénéré , Reparaît le Fils de la femme.

Les dieux ont fui , mais rhomme a triomphé du sort , Et nous trouvons la vie où Fou trouvait la mort.

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