‹ Les ternaires: livre lyriqueChapitre 47 sur 65 · HYMNE · texte numérisé non relu

HYMNE

Le divin composé , qui brille en s'approdhant , Se reflète sur nous : eneore, encore un ehant !

Oui , mieux que la prêtresse et l'antique délire , Si dans les temps prochains la science a su lire ,

Qu'elle déroule en paix ses vers sentencieux

Avec grâce voilés, mais clairs pour tous les yeux. —

C'est rheure : les oiseaux ont fui vers les nuées , Tant la hache en tous lieux fait de larges trouées.

Partout le jour, partout de saints rapprochements , Des hymens amoureux suivis d'enfantements.

Quel est le val sans nom ? quelle est l'île déserte ? Partout le blé nouveau couvre la plaine verte.

Pourquoi devant ta porte élever ce rocher, Ermite , si la foule entre et vient te chercher ?

11 faut voir tomber Farbre et germer la semence , Voir tout ce qui finit, voir tout ce qui commence.

fleurs du Sunium , fleurs voisines du ciel ,

Quel parfum vous mêliez aux lys blancs du Carmel !

Mais , silence ! voici l'Orient qui s'allume

Et de l'Ouest obscurci colore au loin la brume.

Tout se cherche. Le Nord vers le Sud est allé , Et la matière en feu vers l'esprit a coulé.

L'électrum ! l'électrum! fusion idéale , Alliage splendide, œuvre que rien n'égale;

Métal complexe et simple , et sans pareil encor, Et dont le monde entier aura composé Tor;

Métal plus précieux que l'airain de Corinthe, Au foyer du savoir fonte prudente et sainte :

le pur électrum où Tesprit et le corps Parviendront à s'unir en de justes rapports ,

Quand elle apparaîtra la fusion bénie ,

Tous les cœurs aimeront cette œuvre d'harmonie!.

Oui, c'est l'heure : voyez s'émouvoir à la fois Et la terre et le ciel qui lui donne ses lois ;

Voyez dans les hauteurs l'alliage mystique Reluire en dévoilant son rapport sympathique !

Triangle composite et d'argent et d'or fin

Et d'un autre métal comme eux simple et divin

troisième métal , que nul encor ne nomme , Pour finir son travail c'est toi que cherche l'homme !

N'es-tu pas la soudure et l'intime lien , Le nœud intelligent d'où résulte le bien ?

Viens donc , flux désiré , savant intermédiaire , Avec l'or et l'argent viens finir le ternaire !

Esprit, nous sommes prêta , nous appelons ton jour : Esprit , viens féconder la Puissance et rÂmour.

LES' TROIS POKTES.

Absorbé dans le Tout il rappelait son dieu.

Force invisible , étber ou feu , Ce qui donne son âme à la nature entière L'animait ; sur les monts , h Tombre des grands bois ,

Les choses l'attiraient par leurs secrètes lois ; 11 parlait au torrent, il comprenait la pierre , Et son art composait de ces milliers de voix Un hymne où se mêlaient Fesprit et la matière.

Masse, sans cercle et sans milieu , Le grand Tout l'absorbait, lui l'appelait son dieu.

Les yeux levés au ciel où sont les belles choses ,

Le poète attendait qu'enfin son astre eût lui ,

Lorsque les trois Vertus descendirent vers lui

Et leurs longs vêtements étaient blancs, verts et roses.

Elles avaient les bras l'un à l'autre enlaéés ,

Mais leur front était chaste et leurs regards baissés ;

D'en haut elles disaient : «Je crois! — ^J'espère !— J'aime ! » Le poète écouta les trois mots à genoux :

De là viennent ses chants et mystiques et doux : Dans ce monde terrestre il chante un divin thème.

11 l'a voulu le barde , et , par un libre effort ,

Son cœur et son esprit , ses sens , tout est d'accord.

Extase libre ! extase pure !

Dans la triple unité du poète penseur , .

Tout ce qui lui répond : Dieu , l'homme et la nature. Harmonieusement retentit et murmure ; Chaque voix est distincte et se fond dans un chœur.

O barde sage ! extase pure !

Replié sur lui-même, il écoute enchanté Les modulations de cette trinité.

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