‹ Les ternaires: livre lyriqueChapitre 49 sur 65 · LE LÉZARD · texte numérisé non relu

LE LÉZARD

A Berthel.

Avec une jeune veuve, Tendre encor, j'en ai la preuve , Parlant breton et français :

En causant de mille choses,

Par la bruyère aux fleurs roses , Tout en causant je passais.

Cétait en juin, la chaleur était grande :

Sur le sentier qui partage la lande , Au beau soleil se chauffait un fézard; Et dans ses tours, ses détouis, le folâtre Faisait briller son dos lisse et verdâtre Et secouait la fourche de son dard.

Mais hélas ! à^otre approche, Le. petit fou vers sa roche Fuit , et pour le rappeler.

Pour rappeler ce farouche ,

Sur un air dés bois ma beuohe Longtemps s'épwse à s^Her.

O mes amis, ne plaignez^ pas^ ma peine !

Car sur mon bras cette amooreiise Hélène Tenait pesé son bras flexible et rond< ; £t par instaoKls une mèche égarée, De ses cheveux une mèche cadrée Avec douceur venait toucher mon âront.

Gerte , à lézard et vipère Tout siffleur vendrait , j'espère ^ A ce prix-là ses chansons , Sans trouver l'heure trop lente,

Kl la chaleur trop brûlante , Ni trop maigres les buissons.

Donc croyez-moi, dans cette heureuse pose, Sous le soleil et jusqu'à la nuit close J'aurais sifflé fort gaîment; mais voilà, Mes bons amis, voilà que le vicaire, Vêtu de uoir et disant son rosaire , Pour mon malheur vient à passer par là :

« Cœurs damnés! musique infâme! « Holà ! holà ! jeune femme , « Si vous craignez par hasard « Le purgatoire où l'on grille ,

« Quittez ce siflleur de fille , « Ce beau sifIQeur de lézard ! »

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