‹ Les ternaires: livre lyriqueChapitre 57 sur 65 · LE JARDIN · texte numérisé non relu

LE JARDIN

A Tom. Prater, d'Édimbourê.

Devant un frais jardin, sur la porte entr'ouverte , Une vieille disait en suivant son chemin :

« Les beaux fruits que voilà sous la tonnelle verte ! Que je voudrais sentir la fleur de ce jasmin !

Dès le matin, souus mon chaume

Tout embaume.

Mes deux volets sont ouverts :

Du chanvre et des genêts verts

Quel arôme !

Lorsque la chaleur arrive ,

Quand la grive Se cache au fond du blé noir , Je puise à mon réservoir

Une eau vive.

Enfin la fraîclieur retoinl)e !

La colombe Roucoule sur ma maison ; Moi, j'entonne une oraison :

Le jour tombe.

Ainsi je vis en ermite,

Dans mon gîte , D'eau, de parfums, de chanson; Et la nuit je dis ton nom,

Marguerite !

Marguerite, ô pèlerine Blanche et fine ,

En regagnant ton manoir , Dans mon clos viens donc t'asseoir £n voisine.

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