‹ Les ternaires: livre lyriqueChapitre 62 sur 65 · L'IDÉAL · texte numérisé non relu

L'IDÉAL

A mon frère Edmond, en Amérique.

Tous le voyaient en rêve aux terres atlantiques , Et, malgré les boas et les serpents ailés , Cliertïheurs d'El-Dorado, les voilà tous allés Au pays lointain des Caciques.

IJi, sur un lit d'onyx et de saphirs, il dort lie vieillard idéal couvert de poudre d'or !

Au pays lointain des Caciques Heureux, nouveaux Jasons, ceux-là qui sont ailes ! Qu'importe les boas et les serpents ailés Si Ton suit son beau rêve aux terres atlantiques. —

Fantôme du bonheur, son ombre, son reflet ,

Que vous attirez Tâme humaine !

Ah ! s'il est un bonheur pur, durable, complet , Anges, emportez-nous vers son riche domaine !

Dieu sur tout l'univers refléta sa beauté , Notre âme par instinct cherche la belle image ,

Et, croyant la saisir, frémit de rolupté :

mers, cieux étoiles, vallons pleins de ramage ,

Où rhomme bien souvent poursuit son idéal ,

Jusqu'au divin auteur transmettez cet hommage !

Heureux les coeurs saisis d'un amour virginal ,

L'un dans l'autre absorbés comme en leur bien suprême :

Enfin, murmurent-ils, j'ai l'être sans égal !

C'est que l'objet aimé nous semble Dieu lui-même. —

Fantôme de l'amour, son ombre, son reflet ,

Que vous entraînez l'âme humaine !

Anges, emportez-nous vers le brûlant domaine Où rayonne l'amour pur, durable, complet!

Des âmes ont trouvé des ailes Pour voler avant Theure aux choses éternelles. Elles ont vu, — rAmour,.dissipant tout brouillard , Fervent, leur déroulait ses plaines infinies, — Enfin- elles ont vu le mystique vieillard !

O saint El-Dorado, roi des sphères bénies, Après ta grande voix que sont nos harmonies , Nos rubis sont les feux de ton ardent regard ? Pour voler avant l'heure aux choses étemelles ,

Des âmes ont trouvé des ailes.

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