INTRODUCTION
Ce rapport est destiné à fournir un état concis de la superficie et de
la contenance probable des différents terrains houillers de la portion
centrale du Canada. Pour sa préparation, beaucoup de rapports déjà
publiés donnant des détails sur la puissance des veines et la nature des
roches encaissantes ont été consultés et mention en a été faite pour
qu'ils puissent être étudiés plus à fond. Aucune tentative n'a été
faite de traiter le sujet en détail, sauf en ce qui a trait à la nature du
charbon.
Les analyses antérieurement exécutées sont éparses dans une foule de rapports et nous nous sommes efforcé de faire une compilation de ces
matériaux, sous forme de tableaux d'analyses en y ajoutant, pour comparaison, des analyses d'autres charbons de l'Amérique du Nord et de l'étranger.
Emplacement et Superficie.
Au Manitoba les roches houillères occupent une petite étendue de la partie méridionale, surmontée par une portion élevée appelée Turtle mountain. De minces veines affleurent autour de la base de cette élévation et il est probable que l'on peut en trouver plus haut en remontant les versants. D'après nos connaissances actuelles nous pouvons tracer une étendue de quarante -huit milles carrés près de l'extrémité occidentale de cette colline, propres à l'extraction.
Les étendues de Saskatchewan gisent principalement dans la partie méridionale et sont exploitées sur la rivière Souris. L'élévation appelée le Coteau se compose de roches houillères qui continuent dans les Wood Mountains et dans les collines du Cypres. Cette étendue, quoiqu'elle n'ait pas encore bien explorée doit contenir 4,000 milles carrés où l'on peut trouver du charbon. Entre les deux bras de la rivière Saskatchewan il y a une étendue de roches houillères probables, mais cette étendue paraît renfermer peu des horizons qui, plus à l'ouest, donnent de bonnes veines exploitables, et par suite la valeur de ces terrains houillers semble assez problématique.
O COMMISSION GEOLOGIQUE, CANADA
La province d' Alberta, comme l'indique la carte ci-jointe est largement pourvue d'étendues houillères. La frontière occidentale de la partie méridionale de la province consiste en plusieurs chaînes de montagnes formées généralement derochesqui constituaient primitivement le planchée sur lequel se sont déposées les formations de houille. L'altitude des formations de houille les a soumises à une plus forte denudation que les roches plus dures qui étaient en-dessous ; par conséquent, il reste peu de ces matières ; mais on en trouve encore des débris dans les vallées plus larges. Ces débris par la qualité supérieure et la quantité du charbon forment des terrains houillers précieux. On trouvera que la zone des contreforts bien qu'elle n'ait pas été bien explorée contient beaucoup d'étendues précieuses où l'on pourra se procurer du charbon plus tendre.
A l'est des contreforts, il y a une grande étendue de roches houillères qui n'ont pas été dérangées. La houille de cette région convient bien aux usages domestiques, et dans les conditions présentes sera sûrement demandée dans la zone de colonisation où le bois est rare. Ces étendues sont déterminées sur la carte et peuvent être appelées les houillères d' Edmonton. Elles s'étendent vers le nord, du voisinage de la frontière internationale à la Rivière à la Paix et embrassent une étendue d'au moins 10,000 milles carrés.
Une autre formation charbonneuse occupe le bord sud-est de la province, avec une superficie de 5,000 milles carrés ; les veines de cette étendue sont plus riches dans la partie méridionale que plus au nord ou à l'est. Les principales mines de cette étendue se trouvent près de Lethbridge.
Les étendues orientales de la Colombie-Britanniques sont traitées conjointement avec celles qui précèdent, surtout à cause de leur importance, mais aussi parce que leur structure est intimement apparentée à celle des étendues d' Alberta situées dans les montagnes. La vallée de la rivière Elk qui part des environs de la source de la Kananaski et occupe la même vallée que la partie supérieurede cedernier cours d'eau présente des affleurements de roches houillères du même horizon que celles exploitées dans 1' Alberta, à Canmore, Bankhead, Blairmore et Coleman.
Résumé historique.
Beaucoup de compte-rendus des voyages des pionniers signalent l'existence de veines de charbon. Il fallait s'y attendre car un grand nombre d'affleurements sur les berges des rivières sont en pleine vue et beaucoup devaient probablement être en feu.
La première fois probablement qu'il a été fait mention de l'existence de houille dans la partie centrale de ce continent c'est lorsque Sir
Alexander Mackenzie, en 1789 a signalé une veine de charbon sur la rivière Great Bear au nord. Dans l'est du Canada, sous la domination française, la houille était extraite bien avant le temps de Mackenzie, près de l'embouchure de la rivière au Saumon au Nouveau-Brunswick.
La première allusion à l'étendue que nous discutons est probablement celle que l'on trouve dans une carte fournie par Arrowsmith pour les voyages de Mackenzie à travers l'Amérique du Nord, publiée en 1801 ; et une édition postérieure par Arrowsmith, publiée en 1811, qui montre la route de Peter Fidlers à travers les plaines en 1793. Toutes deux indiquent que l'on avait remarqué du charbon sur la rivière Red Deer, quelque part, près de l'embouchure de la Rosebud.
David Thompson, un des premiers pionniers, fit en 1800 un voyage de Rocky Mountain House en descendant la Saskatchewan et signala les veines de houille mais son journal n'a pas encore été publié.1 Alexander Henry trafiquant pour la Compagnie du Nord-Ouest signale delà houille à Rocky Mountain House et indique avoir vu en 1811, durant son voyage pour descendre la rivière une épaisse veine près du campement Goose, il en évalue la puissance à 30 pieds à peu près. 2
Le charbon d'Edmonton a été signalé en 1841 par Sir Georges Simpson,3 Ecr., dix années plus tard, Sir John Richardson obtint des échantillons et trouva qu'il étaient du même horizon que le charbon de la rivière Mackenzie.4
Le Père De Smet traversa les montagnes en venant de l'ouest et passa à Rocky Mountain House. Dans les contreforts ou dans le voisinage des montagnes, il aperçut du charbon sur quelques-uns des cours d'eau probablement des bras de la rivière Red Deer.5
En 1857 Sir James Hector trouva de la houille à la rivière Souris, près des mines actuelles. En 1858, il décrivit la houille d'Edmonton et aussi celle de la rivière Red Deer au sud d'Edmonton ; il fit remarquer que l'on employait à Edmonton la houille pour les forges et qu'elle donnait satisfaction. En 1 860, il vit les couches de houille de l'Athabaska et de la Pembina près de l'endroit où le chemin de fer Grand Trunc -Pacifique croise ce cours d'eau.6
En 1863, Lord Milton et le Dr. Cheadle signalèrent l'emploi dans les forges d'Edmonton de houille provenant de couches dans la berge de la
1 Rap. Ann. Coram, géol. Canad. Vol 11, page 9 E.
2 New light on the Early History of the Greater North West, by Elliott Cowes, Vol. 88, pp. 702 and 741.
3 Narrative of a journey round the world, 1841-2, by Sir George Simpsom, Vol I, p. 101.
4 Journal of a Boat Voyage through Ruperts Land, p. 195.
5 Oregon Missions, by Father P. J. De Smet, New York, 1847, pp. 150-160.
c Papers relative to the Exploration, by Capt. Palliser, London, 1859, pp. 22, 25, 44.
rivière et signale aussi qu'il a vu ries eouches épaisses de houille sur la Pembina. 1
Le Dr. Grant dans " Ocean to Ocean " — récit du voyage de Sir Sanford Fleming à travers le continent en 1872 signale aussi les charbons d'Edmonton et de la Pembina et l'existance connue de grands lits de charbon sur la Brazeau.
En 1873, le Dr. A. R. C. Selwyn, descendit la Saskatchewan et indiqua avec beaucoup plus de détails les couches de charbon de cette rivière. Ce fut le premier rapport rédigé à ce sujet par un fonctionnaire du gouvernement canadien. Il est accompagné d'un rapport sur le charbon des collines de Dirt en Saskatchewan par le Dr R. Bell.2
Du charbon fut découvert près de la Frontière Internationale durant les travaux de relevé de la ligne. Le Dr. G. M. Dawson était attaché à la Commission comme naturaliste et il fit un rapport complet sur la géologie de la région en s'occupant spécialement des indices de houille supportant les plaines.
Le charbon de la Roche Percée, découvert en 1857 a fit l'objet d'un rapport complet et fut analysé. Au voisinage de la rivière au Lait (Milk river) on signala pour la première fois de petites couches de houille. 4
Les couches houillères de la traverse de Blackfoot ont été signalées par le Prop. John Macoun dans son rapport de 1879 sur le relevé du chemin de fer Canadien du Pacifique.
Premiers travaux d'exploitation.
Il ne semble pas que l'on ait beaucoups essayé d'exploiter avant l'arrivée du chemin de fer ; cependant, on suppose que, vers 1880, un peu de charbon fut expédié par bateau de la Roche Percée et descendit la Souris ; mais l'essai ne réussit probablement pas très bien.
Le prolongement du chemin de fer fut suivi de près par d'autres travaux d'exploitation. En 1888 on découvrit de la houille près de Banff sur la rivière Cascade en face des mines actuelles de Bankhead. Mais l'extraction fut arrêtée là aussitôt que l'on découvrit des couches près du chemin de fer en l'endroit appelé ensuite Anthracite. Cette
mine fut louée en 1891 à H. W. McNeil à Co qui continua l'extraction jusqu'en 1904.
1 Further Papers relative to the Exploration by Capt. Palliser, London, 1860, p. 25.
2 The North West Passage by Land, by Milton and Cheadle, London, 1885, p.
3 Rapport des Travaux de la Commission Géologique 1873-74.
4 British North American Boundary Commission. Report on the Geology and Resources of the Region in the Vicinity of the Forty-Ninth Parallel, by G. M. Dawson, Montreal, 1875.
O ta
Les mines de charbon de Lethbridge furent précédées de tentatives primitives d'extraction s.ur les berges de la rivière. Après qu'une compagnie eût été formée et une installation construite, l'industrie commença à prendre de l'importance et l'on peut dire que les expéditions ont commencé vers 1886.
L'industrie d'extraction bien établie à Canmore a commencé vers 1888 à l'endroit appelé mine Cochrane à un mille de la galerie actuelle en remontant la rivière. En 1891 le chemin de fer Canadien du Pacifique a bâti un éperon descendant la rivière jusqu'à la sortie de la coulée en face de la passe White Man où sont installés les travaux actuels d'extraction. Un prolongement méridion 1 jusqu'aux explorations Sedlock a été terminée en 1907 et ouvre une mine nouvelle.
Une mine près de Cochrane connue sous le nom de mine de Bow Hiver a été ouverte en 1885. Elle a été fermée en 1888 et une nouvelle compagnie en a ouvert une à côté ; mais celle-ci est encore fermée depuis bien des années.
Près de Medicine-Hat, les couches houillères de la Saskatchewan ont été exploitées depuis 1883. Les plus importantes sont aux environs de Stair.
Les couches Crowfoot ont été travailles sans suite par les sauvages Blackfoot, et durant un certain temps, le chemin de fer Canadien du Pacifique a fait des tentatives d'extraction au crique Crowfoot, au nord du chemin de fer ; ces opérations ont commencé en 1888.
Le développement des mines d'Edmonton a suivi de près le développement de la ville elle-même. Elle ont considéralement augmenté d'importance avec l'arrivée du chemin de fer. En se syndiquant et en augmentant le capital, les travaux ont été placés sur une base plus permanente.
Les mines de Kneehills ont été ouvertes en 1893, mais comme elles sont éloignées du chemin de fer et exploitées au moyen de méthodes primitives, elles donnent seulement assez de houille pour l'usage des colons voisins.
La plus grande somme d'extraction s'opère dans les montagnes, le long de l'embranchement de Crow's-Nest du chemin de fer Canadien du Pacique. Ces travaux ont immédiatement suivi l'achèvement du chemin de fer et existent virtuellement depuis ces dernières années.
Au Manitoba, une mine a paru un moment donner des promesses à l'extrémité occidentale de la montagne à la Tortue, au sud de Goodlands. Vers 1890, plusieurs trous ont été forés et un puits a été foncé, mais pour quelques raisons, les industrielles ont perdu courage. Au sud de Deloraine, on a extrait, durant une couple d'années, de la houille provenant de couches minces, mais il n'y a pas eu d'extraction continue.