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CHAPITRE V

LE VRAI THÉÂTRE DES DÉLASSEMENTS-COMTQUb S

Donc, en avril ISo?, M. Sari devient directeur du théâtre des Délassements-Comiques.

Retenez bien cette date, s'il vous plaît ! car elle doit compter dans l'histoire de ce petit théâtre.

Notre avis est — et pourquoi le public ne

partagerait-il pas notre opinion? — notre avis est qu'à partir du mois d'avril i8o7, commencent seulement les véritables Délassements etleurvéritablerègne.Aujourd'hui, grâce à M. Sari, les Délassements existent; ils vivent, ils se portent bien, ils occupent l'attention publique, et ils ne veulent pas déchoir du rang que leur nouveau directeur leur a fait prendre au milieu des autres théâtres parisiens.

Le bon public s'imagine volontiers qu'un directeur quelconque, arrivant dans un théalre, n'a plus qu'à se croiser les bras et à encaisser les recettes? Le bon public se trompe, voilà tout.

Quand M. Sari entra aux Délassements, il n'y trouva plus personne, ni artistes, ni décors, ni matériel. Ceci est de l'histoire. Il lui fallut, — en quinze jours, — former une troupe, obtenir une pièce, la faire ap-

prendre à ses pensionnaires et l'encadrer dans une mise en scène toute neuve. Ce tour de force fut réalisé. Quinze jours après sa nomination , M. Sari faisait afficher la première représentation de V Escarcelle cVor^ féerie en vingt tableaux^ de MM. Ernest Blum et Alexandre Flan.

Blum et Flan, Flan et Blum , voilà deux noms aussi inséparables que ceux des sieurs Nisus et Euryale, de touchante mémoire.

Ils sont éiroitement liés à l'histoire des Délassements-Comiques. Ne vous étonnez donc pas s'ils reviennent fréquemment sous notre plume. A peine pourrait-on citer six pièces sans écrire au-dessous ces deux monosyllabes en qualité de collaborateurs.

Eux aussi, ils ont vaillamment contribué à la prospérité des Délass-Com^ ainsi qu'on appelle familièrement ce gentil petit théâtre.

Ce que MM. Alexandre Flan et Ernest Blum ont, en cinq années, dépensé de verve et d'esprit pour alimenter le répertoire, nous n'essayerons pas de le dire ; d'abord, parce que cela n'est pas possible; ensuite, parce que tout le monde le sait. Ces deux raisons sont-elles suffisantes?

MM. Amédée de Jallais et Jules Renard méritent aussi une mention spéciale. Qui ne se souvient encore de leur amusante revue intitulée : La toile ou mes quai' sous? Était -ce assez bourré de drôleries, de fclichonneries et de couplets spirituels ! Cette fameuse Toile eut un grand nombre de représentations, et, pour notre part, nous pouvons dire que nous sommes allés lavoir au moins trente-sept fois. Si nous ne disons

pas cinquante, c'est que nous avons peur de passer pour des paresseux qui ne savent comment employer leur soirée.

Et les Odalisques de Ka-KaOy les avezvous oubliées? Non, n'est-ce pas? L'ingratitude a beau être l'indépendance du cœur, nous ne vous supposons pas assez ingrats pour oublier ce qui vous a fait rire de si bon cœur. Cependant, la pièce deMM.Zaccone et Élie Frébault ne nous vit pas aussi assidus à suivre ses représentations. A quoi cela pouvait-il bien tenir?... Peut-être à ce que, chaque soir, il ne restait plus de place dans la salle. Oui, ce doit être là la raison. Passons !

Il nous vient une idée ! — Si, pour arriver plus vite au côté pittoresque des Délas-

sements, nous faisions une rapide nomenclature (les pièces qui y ont été jouées jusqu'à ce jour?... Hein! qu'en dites-vous? — Vous ne dites rien?... Alors, c'est convenu. En avant!

Le succès du Fth naturel^ au Gymnase, inspira à MM. Amédée de Jallais et Ernest Blum une grande parodie à laquelle ils donnèrent ce titre : Les Re- Saltimbanques ^ en cinq tableaux. Nous n'insisterons pas sur cette pièce : les auteurs ont eu l'esprit de ne pas la faire imprimer. Péché pardonné !

Nopces et festins^ trois actes, de MM. Blum, de Jallais et Cardoze, furent plus heureux. Cette pochade était fort amusante.

Ernest Blum a donné à ce théAtre plu-

sieurs petites pièces en un acte, gais levers de rideau : Horace et Liline, de lui seul; les Amoureux de Claudine, avec de Jallais et Édouard Montagne ; jDans une Boutique, avec M. Victor Koning,

Les grandes pièces qui suivent ont fourni une carrière plus ou moins longue. Il y en a eu de plus réussies les unes que les autres, mais aucune d'elles n'est tombée. Si la pointe du couplet était parfois un peu émoussée, en revanche la jeune artiste qui le chantait avait la jambe si provocante, si bien prise dans son maillot rose, que le public épaté criait bis quand même, afin de pouvoir lorgner la jambe une minute de plus. Bref, le succès a toujours eu une

raison ou une autre, et celle-là était sans réplique.

Parmi les plus amusantes grandes machines que nous avons applaudies là-bas dans ces dernières années, nous devons citer :

Suivez le monde !... revue de 1857 en trois actes et vingt tableaux, précédée du Royaume des chiffres yi^Yologue en un acte, par MM. A. de Jallais, Alexandre Flan et Ernest Blum; représentée le 24 décembre 1857 ;

// ny a pins d' enfants ^ cauchemar en trois actes et neuf tableaux, par MM. Henry de Kock et Ernest Blum; représenté le 7 septembre 1859;

Les Délassements en vacances^ délassement comique en trois actes et vingt tableaux,

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