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ce ne fut pas, dans le cours de sa vie agitée, une de ses moindres victoires. — « Comment voulez-vous, disaient les littérateurs purs, qu'on se retrouve au milieu de tant d'actions embrouillées, de tant de personnages qui entrent et sortent, se bousculant ? Comment peut-on s'intéresser en même temps à une fille d'épicier enlevée par un mousquetaire, aux belliqueux exploits du frère de Fanchon, aux amours de celle-ci avec le bel Edouard, aux sermons de M"« de Gervilliers, aux plaisanteries de l'abbé Lattaîgnant ? Oubliez-vous les préceptes de Boileau qui veut qu*en un seul lieu un seul fait accompli en vingt-quatre heures tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli ?» — « Vous altérez la vérité, disaient à leur tour les historiens ; tout le monde sait bien que Fanchon ne doit pas sa vogue à sa seule jolie figure, à sa voix fraîche et à sa vielle. )) — « Que d'inconvenances accumulées à plaisir ! gémissaient les moralistes. Quel mépris de la hiérarchie sociale I Quels outrages à l'armée I Une fermière qui s'éprend de son seigneur ! Une chanteuse des rues qui ose aimer un colonel I N'est-ce pas abominable ?» — Et les auteurs, au lieu de répondre par une Préface de Fanchon, répliquaient bien simplement : « Veuillez passer au bureau du théâtre : le caissier vous dira chaque matin ce que le peuple pense de vos critiques et de notre pièce. »
De ces critiques le peuple ne pensait rien : ils les ignorait; mais il pensait grand bien de cette pièce, qui l'intéressait, l'amusait, l'apitoyait ; et tous les soirs on l'entendait fredonner sur les boulevards les
i de la gentille vielleuse, réhabilitée par ses is, sa musique et son amour, is peut-être le vaudeville ne fut plus à la mode :te époque, et cette vogue datait surtout du , exaspérés de voir ce genre si français injusrépudié par l'ingrat Opéra-Comique, Piis et ai avaient ouvert, rue de Chartres, un asile om. Et il s'y était établi en maître si impérieux, ntôt les œuvres dialoguées n'avaient été par rées qu'autant qu'elles se résignaient à demeuhumbles servantes. Jadis, dans les comédies es et des Italiens, les couplets n'étaient que l'ac- 5. (( Lorsque Le Sage, Fuzelier et Dorneval aient ces charmants opéras-comiques qui faiïs délices de nos pères, et qui jouiraient encore le succès, s'il était possible d'en rajeunir les s en dénaturer les paroles, ils ne demandaient plets que d'ajouter de l'agrément à l'action îmbellir. Aujourd'hui, les couplets prennent toute la place dans les comédies, les parades, ^uinades et les revues de fin d'année. Souvent édies, que les affiches disent mêlées de vau- , sont en réalité des vaudevilles avec un peu, de dialogue. Les auteurs s'imaginent avoir ip fait quand ils ont aligné une trentaine de is, auxquelles ils attachent à peu près une i'intrigue (1). » Le reproche est exagéré, mais
oires historiques et critiques en forme de lettres sur les difiâtres de Paris. Lettre IX. — « Comme ouvrages dramaes revues de cette année (1799) sont nulles, mais c'est
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non tout à fait immérité. Ce n'est d'ailleurs qu'une des nombreuses audaces de ce genre traditionnel, qui prépare une métamorphose bien plus curieuse.
Depuis deux cents ans qu'il existait, le vaudeville avait successivement revêtu tous les costumes, celui du grand seigneur et celui du manant, ceux du soldat, de l'ouvrier et du paysan. Conduit par Le Sage et Favart, il était allé chanter dans les foires et dans les villages. Au bras de Vadé, il s'était enivré dans les cabarets avec les poissardes et les racoleurs. Dans les boudoirs des courtisanes et chez les fermiers généraux il avait sablé le vin mousseux en se moquant de la sottise dorée. Caché sous un capuchon noir ou sous une cornette blanche, il avait payé avec des gaudrioles les biscuits et les confitures dont le régalaient moines et nonnes. Dans les camps et sur les boulevards, il avait enflammé de ses refrains patriotiques les soldats et les sans-culottes. Il s'était successivement montré naïf, brutal, sentimental, polisson, malin et méchant (1).
Aujourd'hui que les hymnes à la liberté, les satires politiques ou religieuses et les trop lestes propos ne sont plus autorisés, le vaudeville se fait littéraire et semble vouloir fréquenter les critiques et l'Académie.
une série de couplets très bien tournés et plus piquants les uns que les autres. Les calembours sont un peu trop fréquents. Il est à désirer pour l'art que ce genre ne se propage pas, car il finirait par l'anéantir. Comme il ne faut que de l'esprit pour obtenir des succès, on s'accoutumerait insensiblement à se passer des ouvrages de génie, et il y a loin d'un opéra-comique à Mérope . » (1) Brazier, Histoire des petits théâtres, t. I, p. 207.
répertoire du n cours anecune idée fort » de ce cours, lent en revue ittérature. On iges dont on a quelque sorte ît, défilent sous émence Isaure luberge où il Patru dans sa olière soupant il, Colletet au e que Boileau, able. Ce sont e rude chantre lets légers, et lages du petit /oici venir les à la Bastille,
•tissement en un sn un acte ; — le n acte ; — le Maper de Molière, ou ; — Colletet chez Ligue des auteurs sseau, ou le Retour {ge du petit Vaude- , etc.
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lun pour les J'ai vu qui n'étaient point de lui, Tautre pour son épouse qu'il ne Voulait point voir, Voltaire et Richelieu devisent le plus spirituellement du monde. Et nous sotnmes ensuite transportés chez ce même Voltaire à Ferney, chez Chaulieu à Fontenay, chezJ.-J. Rousseau à Montmorency, chez Marmontel, chez Florian et chez Bufifon, au Jardin du Roi (1).'
« Vous qui cherchez à retrouver De BufFon les mânes savantes, Son livre en main venez rêver Au milieu du Jardin des Plantes.
Il n'est pas un de ces bosquets Qui ne retrace à Tâme pure Et la science et les bienfaits De l'écrivain de la nature.
Environné de végétaux, Dont il sut diriger les classes, Au doux ramage des oiseaux Qu'il peignait avec tant de grâces, Entre le cèdre et l'églantier, Bufifon assis sur la verdure Ecrivit son ouvrage entier Sur les genoux de la nature. »
Comme bien l'on doit penser, cette histoire litté^
(1) Une soirée de deux prisonniers, ou Voltaire et Richelieu, comédie en un acte; — Voltaire^ ou Une Journée de Ferney, comédie en deux actes ; — Chaulieu à Fontenay, comédie en un acte ; — la Vallée de Montmorency, ou J.-J. Rousseau dans son hermitage^ opéra-comique en trois actes ; — Marmontel, comédie en un acte ; — Florian, comédie en un acte ; — le Concert des éléphants,, comédie en un acte ; etc., etc.
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raire ne pouvait manquer de réserver plus d'un cha pitre, je veux dire plus d'une scène et plus d'une comédie, aux grands ancêtres, fondateurs, directeurs
forains. Nombreuses, ur consacre. Entourés sandres, les Pierrots, irtout d'Arlequins de Arlequin sentinelle, gmalion, voici que les 3net, Piron, Favart, nard revivent sur les ondes ; et, dans des saluées par les Périls assistent, pour ainsi eux-mêmes (1). Tout 5 à-propos les anni- Corneille, Racine et le fera que suivre un rds, où les dévots des ►erpétuent le culte des i vient de disparaître.
n un acte ; — Gilles ventri' Agamemnon et Colombine la série des Arlequins, plus it à Bergame, comédie en iie en un acte ; ~ Monet, n un acte ; — Piron avec ses îdie en un acte ; — Favart n, ou la Manufacture de ige, ou Cest bien là Turcaerc de procureur y comédie-
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A ces évocations on n*oublie pas d'ailleurs de mêler le plus souvent possible des couplets de circonstance Quand il est question d'une descente en Angleterre > on chante :
(( Si pour descendre en Angleterre,
Faisant un miracle nouveau ,
Dieu, comme aux beaux jours de la terre,
En vin pouvait transformer l'eau,
Les Anglais, vous pouvez m'en croire,
Redouteraient un grand échec ;
Car bientôt, à force de boire,
Chez eux on irait à pied sec. »
De même, la nouvelle que Bonaparte venait de ratifier le traité d'Amiens s'étant répandue à l'heure même où le rideau du Vaudeville allait se lever sur René Le Sage^ et le canon l'annonçant à Paris, les auteurs, Barré, Radet, Deschamps et Desprès, improvisaient dans la coulisse le couplet suivant, aussitôt récité par l'acteur Laporte :
« Pour éviter certaine guerre Entre le public et l'auteur, Par un couplet préliminaire On vous engage à la douceur.
En conséquence, moi, Laporte, J'allais vous demander la paix; Le canon a la voix plus forte :
Il vous l'annonce, et je me tais. »
Ce sont sans doute les éloges prodigués sur les boulevards aux guerres et à la politique de Bonaparte qui, vers la fin du Consulat, valurent à l'un des
théâtres secondaires de Paris un honoeur précieux et
s troupes foomique et la les représenpar les petits 'S de Nicolet.
; ses annales lirecteur, ses } de la troupe time le seront irt les Cornévictoires de ins les camps applaudissefendant cette ible-t-il, aux vec sérénité.
un ordre envoyé ! sais, disait le édies de circonfaire un choix, iris, et surtout Cl est l'armée. »