Les résultats définitifs de ces expériences, commencées
il y a plus de ving ans, ont été exposés, dans ces dernières années, dans plusieurs périodiques allemands, surtout dans 8
Archiv für Entwickelungsmechanik et Zeitschr. für induktiss Abstammungs-und Vererbungsiehre. EE
| APPENOICZ AU CHAPITRE {li 389
Parmi les rombreuses espèces de Salamandres, il en existe deux qui diffèrent radicalement entre elles par le mode de reproduction et l'aspect extérieur des larves : c’est la Salamandre tacheté: (Salamandra maculosa) et la Salamandre alpine Salamandra atra),
La Salamandre tachetée est ovipare ; elle pro- ‘uit chaque année de 15 à 70 larves ; ces larves. qui naissent et se développent dans l’eau, respirent par les branchies ; c’est au bout de quelques mois seulement que les poumons apparaissent et les larves, sortant de l’eau, se transforment en
Salamandres adultes. Cette espèce habite les
endroits humides ; elle est caractérisée extérieurement par des taches jaunes.
La Salamandre alpine, complètement noire, habite les régions sèches; elle est vivipare et donne naissance à deux jeunes seulement, de taille relativement grande et ayant déjà la respiration pulmonaire, c’est-à-dire complètement évolués.
Kammerer modifie les conditions d'existence des deux espèces, en plaçant la première dans le milieu propre à la seconde, et réciproquement. Et il obtient les résultats suivants. Si l’on place la Salamandre tachetée dans un milieu plus sec, qui ne lui permette pas de déposer les œufs dans l’eau, on voit les larves parcourir à chaque génération une partie de plus en plus considérable de leur développement dans le corps de la mère; à la fin, les petits ont, à leur naissance, l'aspect de petites
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Salamandres à respiration pulmonaire, comme celz
__ ælieu chez la Salamandre alpine; enmêmetemps, leur nombre se réduit (2à 7).Ilest remarquable qu'un changement se produit corrélativement dans leur coloration : les taches jaunes deviennent moins nombreuses et l’aspect général se rapproche de celui de la Salamandre alpine. Si, maintenant, on replace ces Salamandres dans un milieu plus humide, en mettant à leur disposition la quantité d’eau nécessaire, on voit ces nouveaux caractères se maintenir jusqu’à un certain degré : les jeunes,
à leur naissance, n’ont pas, il est vrai, l'aspect exact des Salamandres adultes, mais montrent, en
tout cas, un degré de développement beaucoup | plus élevé que celui des larves ordinaires de la 4 même espèce : pour se transformer en animaux &dultes, il leur faut non pas plusieurs mois, comme à celles-ci, mais plusieurs jours seulement.
Un phénomène analogue, mais se produisant dans le sens contraire, s’observe chez la Salamandre alpine : ses larves, à l'humidité, viennent au monde à un stade plus précoce; elles ont des branchies et, quelquefois, présentent les taches jaunes caractéristiques de la Salamandre tachetée; ces caractères se transmettent à la génération suivante, malgré le retour dans le milieu normal.
Kammerer a fait sur les Salamandres une autre série d’expériences encore, portant spécialement sur leur coloration. Si l’on maintient des Salamandres tachetées pendant un nombre notable de mois sur de l’argile jaune, la coloration jaune s’é- 4 ;
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tend aux dépens de la noire ; l'humidité contribue au même résultat. Le contraire s’observe si on les
maintient sur un fond noir et dans un milieu rela-
tivement sec. L'observation desjeunes des animaux ainsi expérimentés montre que la modification acquise se maintient même en l'absence de l’action du milieu inducteur.
Le nombre d'expériences de cette sorte fait par Kammerer est trop considérable pour qu’on puisse les citer toutes ici; elles ont porté sur la coloration des Grenouilles, des Crapauds et des Lézards, sur le cycle de la reproduction du Crapaud-accoucheur et de plusieurs espèces de Lézards, sur des Limaces et des Escargots, avec leur coquille, etc. Dans toutes ces expériences, les caractères acquis dans des conditions artificielles se sont transmis, à un degré plus ou moins accentué, aux descendants malgré le retour au milieu neutre. Ces expériences sont si variées, vérifiées par des expériences de contrôle si sévères qu'aucun doute sur leur portée n’est permis.
Il faut citer encore une expérience due au même auteur et qui est particulièrement intéressante en ce qu'il s’agit d’un caractère provoqué par une mutilation, c'est-à-dire un agent dont les effets ne sont généralement pas héréditaires. Kammerer coupe les deux siphons d’une Ascidie (Ciona intesti-
nalis); les siphons régénèrent et les nouveaux se
montrent notablement plus longs que les normaux. Les descendants de ces Ascidies qui ont régénéré leurs siphons ont, de même, ces organes plus
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petite, poils moins fournis ; chezles mâles, certaines
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longs que normalement. Il faut dire cejendanttl J ce qui est hérité ici, ce n’est pas le défaut provoqué par la mutilation, mais l'aptitude d’une partie du | corps à une croissance exagérée, attitude parfaite M ment applicable si l’on se place au point de vue « chimique que nous avons invoqué comme suscep- « tible de fournir la solution de ces problèmes. ‘#0
De pareils résultats frisent de bien près la formation expérimentale d'espèces nouvelles sous « l'influence du milieu. 1
Parmi les expériences récentes relative à la. même question il faut citer également celles de : Przibram sur des Rats blancs se développant à des » températures différentes. Une température élevée | fait apparaitre certains traits nouveaux : tailie plus |
parties des organes sexuels plus développés; tous ces traits se transmettent aux descendants. Des. É résultats analogues ont été obtenus par Sumner « chez ies Souris blanches. ee 4
II. La question de l’hérédité des caractères ac- « quis forme l’objet d’un travail important de Semon « (Das Problem der Vererbung erworbener Eigen- « schaften), paru en 1912. A côté de l’examen critique des faits, les conclusions générales de l’auteur sont intéressantes. 4
On doit parler, dit Semon, non pas de l'hérédité des caractères acquis, mais de l’hérédité des pro=. cessus au moyen desquels l'organisme réagit aux. influences qu'il subit. Cela exclut, dès le Men à
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toute possibilité de la transmission des mutilations, des effets detraumatismes de toute sorte, etc.; d’un autre côté, cela fait entrer dans la catégorie envisagée tous les faits où l’influence subie par l’organisme ne produit sur lui aucun effet visible, mais retentit cependant sur sa descendance.
Semon classe en trois groupes les excitations qui peuvent agir sur l’organisme et y provoquer différentes réactions : |