‹ Les théories de l'évolutionChapitre 34 sur 162 · ER · texte numérisé non relu

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À NATURELLE pa DARWIN d 5 Ve

| blance Me comme coloration et comme forme, beaucoup plus grossière.

Fig. 2. — Æallima parallecta.

LE tête; — p, paltes ; — p 4, extrémité de l’aile formant pétiole ; — pé, points transparents; — ff, taches foncées (d'après Weismann),

Il en est de même d’autres exemples de dévelop-

e 16 Ai) ; + \ sen | \ ÊTES

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pement exagéré, tel que les défenses du B. pu

»lles-mêmes, ne peuvent plus servir à l’animal

(sanglier des Moluques) qui, étant enroulées s sur

pour la lutte. Pour ces faits aussi, il “ar évidem- b

ment chercher une autre explication 7 la seule sélection naturelle.

Dans les arguments que nous avons exposés, on

envisageait les diverses variations comme isolées, à

indépendantes de tout le reste de l’organisation. En réalité, cependant, il en est rarement ainsi et les

modifications d’un organe sont étroitement liées à

d’autres, portant sur toutes les parties qui coopèrent avec lui dans le fonctionnement physiologique. De là une nouvelle objection contre la toute-puissance de la sélection naturelle, objection que Spencer a formulée ainsi : « S’il survient une modification d’un organe, un accroissement de sa taille

par exemple, qui l’adapte mieux au besoin de l'être en question, on peut admettre que si, comme cela :

arrive souvent, l’usage de cet organe exige la

coopération d’autres organes, le changement opéré en lui ne sera d'aucune utilité tant que les parties

coopérantes ne seront pas modifiées corrélativementi». Si, par exemple, chez un rongeur, la queue se transforme de façon à donner par accroissement graduel la queue aplatie du castor, il n’en résultera aucun avantage pour lui tant que certaines

transformations n’auront pas lieu dans les vertèbres

voisines, les muscles qui s’y attachent et proba-

1. The inadequacy of natural selection. (Contemporary Review, fév. et mars 1893, p. 22 du tirage à part.)

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si ta ahrerron 5 NATURELLE APRÈS DARWIN 77

blement les membres postérieurs, transformations qui leur permettraient de supporter les réactions les coups donnés par la queue. De même, un cerlain mode de locomotion exige la coopérationet la coadaptation des membres antérieurs et postérieurs. Mais comment cette coadaptation pourrait-elle prorenir de la seule sélection naturelle? Il n’y a aucune raison de supposer que la variation accidentelle et peu importante soit toujours et forcément accomagnée d’autres variations qui la rendent utile; or, il n’en est pas ainsi, la variation isolée peut devenir non seulement inutile, mais même nuisible.

. Si, continue Spencer, les bois puissants d’un cerf 1e s’accompagnent pas du développement particuier du crâne et des muscles de la tête et du cou, ils »veuvent être plutôt une gêne pour l’animal. Spencer léveloppe cette idée longuement, à l’aide de nom- >reux exemples, et il en conclut que, quelle que soit la marche supposée des modifications paralièles (accroissement ou décroissement simultanés, le façon à ce que les anciennes proportions entre es différentes parties soient maintenues ; accroissenent ou diminution indépendants, modifiant ces roportions, ou variations diverses, mais telles qu’à la fin les diverses structures soient adaptées à in but nouveau), on ne peut en trouver une expli- ‘ation dans l’action de la seule sélection naturelle. A moins d'admettre un ordre de £hoses préétali, on est obligé, conclut Spencer, de s’arrêter à a seule interprétation vraisemblable : les modifi-

Le PINS

cations de structure produites par les modifications

de fonctions dans chaque individu et transmises

dans une certaine mesure à ses descendants. Alors,

toutes ces coadaptations, depuis les plus simples

jusqu'aux plus complexes, deviennent compréhensibles. Dans certains cas, l’hérédité des caractères

.… acquis suffit pour expliquer les faits ; dans d’autres,

elle les explique en se combinant avec la sélection des variations favorables.

Certains cas d’adaptaiions parallèles sont plus difficiles à expliquer encore : ce sont ceux où les variations doivent porter en même temps sur deux individus différents, où, par exemple, l’appareil copulateur du mâle doit être exactement adapté à celui de la femelle, sous peine de rendre la fécondation impossible, ou bien les organes et les instincts d’un insecte qui assure la fécondation d’une plante correspondent étroitement à la forme et au mode de reproduction de la plante, et bien d’autres cas d'adaptation réciproque encore.

Beaucoup de naturalistes, dès l’apparition même de l’Origine des Espèces, ont formulé des critiques analogues, en citant des exemples d’organes trop compliqués, tels que l’œil des vertébrés pour la formation desquels de nombreuses variations concomitantes ont été nécessaires. Nous avons vu la réponse générale qu'y faisait Darwin, réponse « qui ne porte que contre les arguments des partisans de la fixité des espèces. Wallace, lui, invoque

un autre argument : ces changements parallèles, «

dit-il, peuvent parfaitement être produits par la :

LECTI DN Ms a sans ann ie RUES séle (int Mierelle; puisque nous les voyons pro- duits par la sélection artificielle. Cela nous amène à parler de l’analogie entre ces deux facteurs de l’évolution.

Cette idée, fondamentale pour Darwin et admise par lui sans discussion, n’a pas rencontré d’objec-

tions dans les premières années qui ont suivi l’ex-

tension des idées darwiniennes. Nous n’en trouvons

la critique que beaucoup plus tard, dans les arti- ME

cles de Contemporary Review, de Spencer, en 1895. L’analogie, dit Spencer, ne se justifie que dans certaines limites étroites, et, dans lagrande majoritédes cas, la sélection naturelle est absolument incapable

de faire ce que fait la sélection artificielle 1. La prin-

cipale différence entre les deux, c’est qu’un éle-

veur peut prendre un seul caractère à son choix et

faire abstraction des autres, de façon à faire varier

l'espèce par rapport à ce caractère seul. La nature

ne peut pas choisir ainsi, Car, si un individu est

doué d’un caractère utile à un point de vue, un

autre peut l’être à un autre point de vue. Pour

qu'un caractère puisse se développer seul dans

l’état de nature, il faut qu’il soit très prééminent ;

or, ce n’est pas ce que l’on suppose lorsqu'on parle

de légères variations individuelles. — Tout ce que

la sélection naturelle peut faire alors, c’est de maintenir toutes les facultés à un certain niveau. en

supprimant les individus qui se trouveraient au-

dessous de lui.

1. Inadequacy of natural selection. (Contemp. Review, fév., mars et mai; tirage à part, p. 10.)

n'a ad , EN ÿ RAT « », és du 80 LES TRÉORIES DE L ia jé de

Dans les années suivantes, d’autres naar Ma ch (Morgan, Plate, de Vries, etc.) ont examiné de près

ies analogies et les différences entre ces deux modes de sélection et ont abouti également à cette conclusion qu’en réalité il y a entre eux moins de traits communs que ne l'avait cru d’abord Darwin. La différence la plus importante qu’ils trouvent, c'est que, dans la sélection artificielle, les races ou variétés produites sont instables et font retour au type ancestral aussitôt qu’on les abandonne à elles-mêmes, tandis que les nouvelles formes produites par la sélection naturelle restent constantes, tant que les conditions de leur existence ne changent pas. De Vries va même plus loin et pense que tout ce qui est produit par sélection de petites variations individuelles, que ce soit par sélection naturelle ou par sélection artificielle, est inévitablement condamné à cette instabilité, et que, par conséquent, les variétés naturelles, fixées, ne peuvent pas être produites par le même facteur que les variétés cultivées, dues à la sélection pratiquée par l'homme. Il a même basé sur cette différence une nouvelle théorie de l’origine des espèces, théorie que nous allons examiner dans un des chapitres suivants.

Quelle est maintenant la conclusion générale que nous pouvons tirer de ce long exposé des critiques diverses, adressées à la théorie darwinienne ou plutôt néo-darwinienne? Nous sommesloin de les avoir énumérées toutes : nous n’avons choisi, parmi

PAT LA Muecrion NATURELLE APRÈS DARWIN 81

elles, que celles qui nous paraissaient avoir quelque poids et auxquelles les réponses ne sont pas toutes trouvées. Un reproche fréquemment fait à la sélection naturelle est, par exemple, celui de ne pas expli-

quer l’origine même des diverses vañalions, de les -prendre pour données,-tandis que c’est-cette origine 0 este point le plus difficile. A cela, on peut répondre qu’on ne peut demanñdér à une théorie que la solution des problèmes qu’elle se propose, et pas celle des autres, et que, ces problèmes, elle est libre de les choisir. Darwin suppose les variations déjà présentes, et, sans approfondir la question de leur origine, les appelle accidentelles. Son explication ne commence que là, et c’est dans les limites assignées par lui-même que nous devons le critiquer.

D’autres arguments sont tirés du temps (trop long suivant les uns, trop court suivant les autres) qu’exigerait le développement du monde organique, s’il se poursuivait au moyen de la sélection des petites différences individuelles. Des milliers de millions d'années, nous dit-on, auraient été nécessaires au monde organique pour se développer dans ces conditions, tandis que, d’après les calculs des physiciens, l'existence de la terre ellemême ne compte qu’un petit nombre de millions d'années. W. Thompson (lord Kelvin) a été, dès 1862, amené à estimer l’âge de la terre (en se basant sur les calculs relatifs au refroidissement de l'écorce terrestre et l’élévation de la température dans les profondeurs) à un nombre d’années ne

PERDUE de he LES THÉORIES RG “ FA Le 1% dr rie Rs, __ dépassant pas quarante AP Geikie a éva ; YEAR iPexistence de la croûte solide du globe terrestre PE cent millions d’années au maximum ; d’autres calculs, faits par d’autres physiciens, on! abouti à des chiffres voisins. Mais on ne peut s'empêcher de remarquer ie caractère arbitraire de ce raisonnement :les physiciens peuvent peut-êtrefaire de ces Fi calculs, car ils possèdent des unités telles quelere- 208 froidissement dans un temps donné, mais sûr quoi se baserait le biologiste qui ne voit pas se former d'espèces devant lui et ne peut se représenter,

FE même approximativement, le temps que cela ex # gerait ? ‘4 BEC Ce que nous pouvons, semble t-il, conclure de a toute la discussion, c’est que le sens des termes 14 « lutte pour l’existence » a été à tort rétréci et réduit à la seule concurrence entre les individus. La lutte se poursuit sur une échelle beaucoup plus

grande entre les espèces, de même qu'entre les | êtres vivants et le milieu inorganique qui lesen- *

à toure. Les particularités toutes individuelles ne (AA suffisent pas, dans un très grand nombre de cas, $ ‘4 à donner dans ce combat des chances de victoire: pi: il faut pour cela des variations plus générales, por-

Fi tant sur un grand nombre d'individus à la fois et :

# devenant la source d’adaptations nouvelles. La séà lection naturelle existe incontestablement; mais, fr: lorsqu’elle a lieu au sein d’une même espèce, elle a plutôt pour résultat d'éliminer ce qui est au à dessous du niveau moyen que de faire évoluer plus haut encore ce qui est au-dessus. Sox rôle

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être plutst vaguement sé qe | CA

Li La théorie Mi its À Dash a été une.

sorte de vue d’esprit rendue nécessaire par l’état de ï 5 la science de son temps. Les travaux ultérieurs de- au vaient réduire à une valeur plus juste l’hypothè se | ! a, primitive, trop schématique ; elle n’en a pas moin | 7 rendu à la science un service dont il est difficile ! :# même d’apprécier toute l’étendue. PE A la notion de la sélection naturelle se rattache 1 ; (et surtout se rattachait dans l'esprit de Darwin) ke, une autre, auxiliaire : celle de la sélection sexuelle. 1 Nous allons l’examiner brièvement. 74

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