‹ Les théories logiques de Condillac (volume 2)Chapitre 27 sur 74 · DES CLASSIFICATIONS · texte numérisé non relu

DES CLASSIFICATIONS

nérales, il n'est pas néœssaire d'insister longuement sur les classifications.

Condillac traite les classifications, comme les définitions, avec une sorte de dédain. Il songe plutôt à en combattre Tabus qu'à en régler lusage. A quoi bon, dit-il, agiter la question de savoir si telle plante est un arbre ou un arbrisseau? « Si elle est utile, nous nous en servirons, et nous la nommerons plante » (1).

Ses vues sur les idées générales l'amènent à confondre les classifications naturelles et les classifications artificielles, comme il a confondu les définitions de choses et celles de mots ; et de même qu'il a été très-bref sur les règles de la définition^ de même il bornera toute l'utilité des classifications à mettre de la précision dans le langage et à déterminer les idées.

Est-il besoin de rappeler ici que notre point de vue est tout à fait différent de celui de Condillac ? Nous distinguons les classifications naturelles des classifications artificielles. Nous croyons que les premières ont une autre valeur objective, un autre genre d'utilité que les secondes, et qu'elles sont soumises à une législation différente. Condillac, qui mêle si souvent les sciences à la philosophie, ne cite, à propos des classes, que des exemples sans valeur, de véritables généralisations d'enfants. Pour nous, grâce aux progrès de l'histoire naturelle, nous pourrions citer comme exemples des classifications bien autrement significatives, et montrer que le travail dont elles sont l'objet a un autre but que d'arranger nos idées dans un certain ordre et de fixer nos souvenirs.

(I) Logique, p. 44.

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