‹ Les théories logiques de CondillacChapitre 4 sur 74 · ANALYSE DE L'ESSAI SUR L'ORIGINE · texte numérisé non relu

ANALYSE DE L'ESSAI SUR L'ORIGINE

rien n'est moins exact que l'emploi que nous faisons des

mots (1).

Si l'origine de l'erreur est dans l'indétermination des

idées, et s'il faut attribuer cette indétermination à la

manière dont nous nous servons du langage, l'origine

de la vérité doit être dans la détermination exacte des

idées et des mots (2).

2. Mais comment déterminer les idées et leurs noms? Il faut, sans tenir compte de l'usage (3), se placer dans des circonstances semblables à celles qui déterminent primitivement le sens des. mots (4). C'est ainsi que l'on fait sa langue, sans toutefois inventer de nouveaux mots (5). Il sera mieux de prendre ceux dont on aura besoin dans le langage ordinaire que dans celui des savants (6).

Pour les idées simples, comme celle du blanc^ du noir^ du oui y du non^ et pour les mots qui les expriment, il n'y a aucune difficulté. Les circonstances elles-mêmes les déterminent avec assez d'exactitude pour ne laisser aucune équivoque dans le langage (7).

Quand aux idées complexes, il suffit, pour les déterminer, de fixer le nombre et la qualité des idées simples dont on peut les former (8). Les idées complexes sont l'ouvrage de l'esprit ; si elles sont défectueuses, c'est que nous les avons mal faites ; le seul moyen de les corriger c'est de les bien faire (9). « Pour cette fin, il est à propos, dans les commencements, de n'attacher aux sons que le plus petit nombre d'idées simples qu'il sera possible; de choisir celles que tout le monde peut apercevoir sans peine, en se plaçant dans les mêmes circonstances que nous , et

(i) Condillac, Œuvres, 1. 1, p. 462. — (2) Ibid., p. 464. ^ (3) Ibid., p. 466. — (4) Ibid., p. 468. — (5) Ibid., p. 469. — (6) Ibid., p. 470.— (7) Ibid., p. 474-75. — (8) Ibid., p. 475. — (9) Ibid., p. 477-

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