Histoire de la Révolution, I, p
cain, le monarchique et le despotique, et il donne pour ressort : au premier la vertu, au second l'honneur, au troisième la crainte.
En faisant de la vertu le ressort indispensable des Etats démocratiques, dit avec raison Louis Blanc, Montesquieu semble & avoir confondu le principe avec le résultat, et donné pour base à l'édifice ce qui n’en est que le couronnement ». Il est certain que la vertu n’est pas moins nécessaire dans une monarchie que dans une république. € Au point de vue social, dit Louis Blanc, la vertu consiste dans l'harmonie entre l'amour que l’homme se porte à lui-même et celui qu'il doit à ses semblables * ». Le règne de la vertu tient à l'état des mœurs plutôt qu'au régime politique ; la république, en donnant à l'individu conscience de sa personnalité, tend à élever le niveau moral. Louis Blane a donc raison de dire que la vertu sera plus fréquente dans une démocratie que dans une monarchie. Mais il ne faut pas aller jusqu'à dire qu’elle est incompatible avec ce dernier régime. Sous la monarchie constitutionnelle, le roi n’est plus qu'un citoyen, investi de fonctions
spéciales, et soumis aux lois comme les autres.