‹ Les Théories Sociales de Louis BlancChapitre 128 sur 162 · Histoire de la Révolution, t. Is, p · texte numérisé non relu

Histoire de la Révolution, t. Is, p

les ministres soient nommés par le chef de l'Etat, ils sont en fait les représentants de la majorité parlementaire. Les ministres sont seuls responsables des actes du gouvernement. Les Etats-Unis, qui connaissaient surtout la constitution anglaise par les théories de Montesquieu et de Blackstone, ont limité étroitement la sphère des attributions de chaque pouvoir. Aussi, chez eux, les usages constitutionnels n’ont guère altéré la séparation des pouvoirs.

Pour Louis Blanc, la souveraineté réside dans le peuple tout entier. Dans nos grandes nations modernes, le peuple ne peut exercer directement le pouvoir comme il le faisait à Rome età Athènes ; il le délègue à des mandataires élus et toujours révocables. La souveraineté du peuple est inaliénable ; aucun pouvoir de l'Etat ne sera donc héréditaire, et la forme extérieure du gouvernement sera républicaine.

Mais la République peut être organisée de différentes manières. Les constitutions républicaines qui ont régi la France ne se ressemblent pas et de nombreuses conceptions peuvent se présenter à l'esprit.

Tout d’abord, le droit de suffrage doit appartenir à tous. Louis Blanc ne peut admettre le sys-

tème censitaire, pratiqué sous la monarchie de

Juillet, et il s’est signalé dans la campagne en faveur du suffrage universel qui devait aboutir à la Révolution de 1848. On prétend, dit-il, que la fortune est le signe de la moralité et de la capacité. Mais beaucoup de gens sont arrivés à la richesse par des moyens malhonnètes, et, à côté d’eux, des hommes intelligents sont restés pauvres pour n'avoir pas voulu sacrifier à leur intérêt leurs idées et leur vertu, D'ailleurs pour qu’elle représente la volonté de tous, la loi doit être l’œuvre de tous”.

Louis Blanc n’approuve pas davantage le système d'élections à deux degrés, organisé par la Constitution de 1791°, et pratiqué aujourd'hui encore pour la désignation des membres du Sénat.

Le droit de vote appartient à tous les citoyens mâles et majeurs. Louis Blanc ne voit pas d’inconvénient à l’attribuer aux militaires. Dans un pays où tout citoyen est soldat, dit-il, tout soldat peut être citoyen, et il est équitable qu'il concoure à faire la loi qui lui ordonne de mourir pour sa patrie

Le droit de voter ne devra pas non plus être

Page 1