‹ Les Théories Sociales de Louis BlancChapitre 146 sur 162 · Conférence de Marseille, 21 septembre · texte numérisé non relu

Conférence de Marseille, 21 septembre

des questions de droit très délicates sont soulevées. Pour les résoudre il faut plus que le simple bon sens, il fautavoir des connaissances spéciales. Il est vrai qu'on pourrait exiger des candidats certaines conditions de capacité, mais dans ce cas le choix du peuple ne serait pas entièrement libre. D'ailleurs on pourrait se contenter de recruter ainsi les magistrats de première instance, en réservant au gouvernement le droit d’investiture pour les juges d'appel. On pourrait au moins, sans grand inconvénient, faire élire au suffrage universel les juges de paix dont les fonctions consistent plutôt à servir d’arbitres qu'à juger.

Quant à l’inamovibilité des juges, on prétend généralement qu’elle est une garantie de leur indépendance. Louis Blanc trouve que c’est un privilège d'autant plus dangereux « qu’il est conféré à des hommes qui tiennent dans leurs mains la fortune de leurs justiciables et quelquefois leur vie». Sous tous les régimes, le juge est asservi à la politique. Sans doute il ne peut descendre, mais il a toujours l'espoir d'avancer, et il devra quelquefois son succès à bien des compromissions. Un gouvernement quel qu'il soit, républicain ou mo-

narchique, ne doit pas avoir la mainmise sur le

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