Organisation du travail, p
n'est pas transformée, il serait dangereux de supprimer l'héritage.
Dans la société actuelle, la prévoyance paternelle est nécessaire pour aider l'enfant à triompher dans la lutte pour la vie. Si un jeune homme sort de sa famille sans autres ressources que ses mérites il se heurtera à des obstacles nombreux ; il arrivera peut-être à triompher par un labeur acharné, mais souvent aussi il succombera. Le père de famille soucieux de l’avenir de ses enfants devra se préoccuper de leur laisser un capital, afin de leur assurer un succès plus facile. Mais si l'on transforme le milieu où nous vivons, et qu'à l’antagonisme des intérêts on substitue l'association, il n’en est plus ainsi. La prévoyance sociale prend la place du père de famille. L'enfant est assuré d’avoir une part du capital collectif aussitôt qu'il aura atteint l’âge adulte. La famille ne doit pas avoir d’autre rôle que de guider les premiers pas de l’enfant et de présider à son éducation. « Pour l'enfant, la protection de la famille ; la protection de la société pour l’homme »”.
Le principe d’hérédité, tel qu’on le conçoit actuellement, est profondément immoral. On voit les
fils de famille, criblés de dettes, attendre avec im-