‹ Les timbres-poste suisses, 1843-1862Chapitre 20 sur 184 · LA « COLOMBE DE BALE · texte numérisé non relu

LA « COLOMBE DE BALE

se lit dans les coins inférieurs. Le tout est entouré d’un double filet rectangulaire noir renfermant un filet rouge; les coins du timbre portent un burelage bleu clair.

Les armoiries représentées sur le timbre ci-dessus sont celles de l’ancienne ville de Bâle, qui ont été successivement adoptées par le canton, jusqu’à sa séparation en deux en 1831, puis par le demi-canton de Bâle-Ville. Elles se lisent : « D’argent, à la crosse de sable posée en pal, l’extrémité recourbée en chef est tournée à dextre et l’extrémité inférieure est terminée par trois pointes.»

Il est à remarquer que, sur le timbre, l’écu est partagé par trois lignes horizontales, ce qui est tout à fait incorrect.

Il existe un tirage de la « Colombe de Bâle » imprimée en vert clair et rouge brique. Il ÿ a au sujet de ce timbre plusieurs opinions : les uns prétendent y voir un essai, les autres une réimpression. On a présenté à l'Exposition philatélique de Zurich une partie de feuille de ce timbre qui donne la solution de cette question (1). Elle porte en effet en marge l’inscription suivante :

Frankaturzeichen der Basler Stadtpost eingeführt r. Juli 1845. N. B. Wurden durch meine Vermittlung bei Krebs in Frk a M. bestellt und von dort [geliefert\.

(Timbres-poste de la ville de Bâle, introduits le 1° juillet 1845. N. B. Commandés par moi et reçus de Krebs à Francfort-sur-le-Mein.)

D’après cette note les «colombes » imprimées sur fond vert représenteraient un premier envoi de timbres qui fut adressé à Bâle par le graveur de Francfort et quine fut pas

(1) Cette note est mentionnée dans l’article sur les Frankozettelchen oder Basler Taübchen que nous avons indiqué ci-dessus,

mis en circulation, parce qu'après son arrivée on décida de modifier les couleurs de l'impression. On comprend dès lors comment il se fait que l’on rencontre un nombre relativement considérable d'exemplaires de cette variété, ce qui ne s'expliquerait pas dans le cas d’un simple essai. Quant à l'hypothèse d’une réimpression, elle doit être écartée, puisque l’existence de la « colombe » verte est antérieure à l'émission de la bleue.

Une feuille complète de la « colombe » verte existait au musée Friedl à Vienne; elle appartient maintenant à un collectionneur de Lucerne.

Nous avons rencontré plusieurs fois des « colombes » vertes qui avaient été rendues bleues par un lavage chimique.

En somme, l'essai des timbres ne paraît pas avoir rencontré beaucoup de faveur à Bâle. A partir de la fin de 1847 leur emploi devient rare et les habitants de ce canton ne songèrent pas, quand la poste fut centralisée par la Confédération, à créer des timbres provisoires, en attendant l’émission des timbres fédéraux. Cependant, comme quelques personnes en possédaient encore et que deux timbres de Bâle correspondaient à la taxe de 5 rappen établie par la Confédération en 1849, elles se servirent de ces vieux exemplaires pour affranchir leur correspondance.

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