‹ Les TontyChapitre 2 sur 2 · ALPHONSE DE TONTY · texte numérisé non relu

ALPHONSE DE TONTY

A cause de la confusion qui règne dans plusieurs ouvrages au sujet de Henry et Alphonse de Tonty, il m'a semblé nécessaire de placer, dans un article séparé, les renseignements qxie nous possédons sur celui des deux frères qui figure jjrincipalement à titre de commandant du Détroit.

Alphonse de Tonty, né en 1659, était frère cadet de Henry et fut probablement porteur des lettres et commissions envoyées à ce même Henry, l'année 1685, pour l'autoriser à retourner aux Illinois. De cette manière on expliquerait la mention faite par M. l'abbé Ferland d'un " frère qui était déjà dans la Nouvelle France." Je pense aussi que Alphonse se destinait au commerce, ce qui lui devenait facile, ayant son frère à la tête de la traite des niinois. Montréal était alors le grand marché de pelleteries du Canada. C'est dans ce lieu que le jeune Tonty résida et il s'y maria, le lY février 1680, avec Anne Picoté de Bellestre, née en 1673, fille de Pierre Picoté de Bellestre, l'un des principaux personnages de la ville. Tous les enfants issus de ce mariage naquirent à Montréal, dans l'ordre suivant : Marie-Françoise, 1690, devint la sœur Saint-Antoine, Congrégation de Notre- Dame, et mourut en 1748 ; Marie-Hélène, 1693, pas connue d'ailleurs ; Louis, 1694, décédé en 1714; Charles-Henri-Joseph, 1697, dont je parlerai ; Claude-Joseph, 1700, pas connu d'ailleurs ; Thérèse, 1701, mariée à François Desjordis ; Pierre- Antoine, 1710, pas autrement connu ; Marie-Josephte, 1718, mariée à Louis Damours, ensuite à Pierre Tremblay.

Pour remplacer M. de la Valterie, inhumé à Montréal, le l7 mai 1699, M. de Callières liroposa cinq candidats, parmi lesquels " de la Forest, attaché au service des Hliuois," et " de Tonty, père d'une grande famille." D'après M. l'abbé Tanguay, Tonty avait alors quatre enfants.

Séraphin Margane, sieur de la Valterie, était arrivé en Canada avec le régiment de Carignan, comme ancien membre du régiment de Lignières, où il avait été lieutenant.

Antoine de la Mothe-Cadillac, partit de Lachine le 5 mai 1701 pour remonter la rivière Ottawa et se rendre par le long détour du lac Nipissiug, le lac Huron et la rivière Sainte-Claire, au lieu nommé le Détroit, à l'entrée du lac Erié, et y fonder un poste. Il avait avec lui cinquante soldats et cinquante chasseurs et artisans. Tonty était capitaine de la troupe, ayant Dugué et Chacornacle comme lieutenants, ainsi qu'un antre officier nommé Marzac de Lobstrom. Le père Le Vaillant, jésuite, était l'aumônier ; le père de Lhale, récollet, curé des colons. Le 24 juillet ils arrivèrent au Détroit.

Marie-Thérèse Guyon-Dubuisson, de Québec, était l'épouse de Lamothe-Cadillac. Elle passa à Montréal et engagea Mme de Tonty à aller rejoindre leurs maris au Détroit. Le voyage se fit par le Saint-Laurent, le lac Ontario, Niagara et le lac Erié, à la grande admiration de ceux qui en eurent connaissance.

Le 15 octobre 1701, le gouverneur général et l'intendant écrivaient au ministre :

" C'est un plaisir pour nous d'apprendre que Sa Majesté a accordé à M. de Louvigny la compagnie qu'il avait, mais ce qui nous embarrasse un peu c'est que cette compagnie ayant été donnée à M. de Tonty, par la promotion du sieur de Louvigny à la majorité des Trois-Rivières, il se trouve aujourd'hui sans compagnie, quoique le plus ancien des capitaines réformés, dont trois ont été fait capitaines en pied cette année. Comme il y a

une compagnie vacante par la mort du sieur de Grais, nous sommes persuadés, Monseigneur, que vous trouverez bon c[ue nous fassions payer les appointements au dit sieur de Tonty, du jour que le dit sieur de Louvigny rentre dans la sienne, et nous vous supplions très humblement de nous envoyer, l'année prochaine, un ordre pour le faire jouir de cette compagnie, n'étant pas juste que, pendant c|u'il sert actuellement Sa Majesté dans l'établissement c^u'elle fait au Détroit, il soit privé d'appointements et de compagnie." La suite de cette lettre est assez curieuse : " Sa Majesté avait accordé cette majorité au sieur de Louvigny à la condition qu'il donnerait à la veuve du sieur de Grandpré, ' ci-devant pourvu de cet emploi, la somme de deux mille livres, mais, cette somme n'ayant pas été reçue, cela n'a pas été exécuté."

Le 31 août 1703, à Montréal, fut inhumé Jean Guibert dit Jasmin, " soldat de M. do Tonty."- Cette acte montrerait que Tonty, avait gardé la compagnie mentionnée plus haut le 15 octobre 1701.

En 1703, des sauvages qui croyaient avoir à se plaindre des Français, mirent le feu à une grange remplie de blé d'Inde et autres grains, située tout auprès de la palissade qui entourait le fort Pontchartraiu, au Détroit. Le veut activa les flammes ; bientôt l'église, le presbytère, les maisons de Cadillac et de Tonty furent consamées. '

La compagnie formée à Québec pour la fondation du Détroit et l'exploitation de ce poste, désapprouva certains agissements de Lamothe-Cadillac. Celui-ci étant descendu à Montréal, l'automne de J 701, fut arrêté par ordre du gouverneur général, sur la plainte des directeurs de la compagnie, dont les deux premiers étaient MM. de Lotbinière et Delino, conseillers au Conseil souverain de Québec. On voit mentionnés les nommés Nolan, Aruault, Amyot et Vincelot. Parmi les officiers militaires, il y avait le lieutenant Chacornacle. M. de Monseignat, contrôleur de la marine, établi à Québec, était beau-frère d'Arnault, lequel à son tour était le neveu de M. de Lotbinière, et M. Delino était beau- frère de Nolan. Arnault était l'oncle de M. de Vaudreuil, gouverueur général. L'un des employés ou commissaires envoyés au Détroit avant 1704 se nommait Desnoyor. L'autre commissaire, Vincelot, était cousin-germain de Pinard, l'un des directeurs. Vincelot était le propre frère d' Amyot. Ce groupe était en antagonisme avec Lamothe-Cadillac, et celui-ci d'autre part luttait contre l'influence des jésuites qui, disait-il, secondaient ses adversaires II y avait aussi Eadissou, Châtellereault et Demeulles, intéressés dans le parti de M. de Lotbinière, et qui tous paraissent avoir agi très activement dans les affaires du Détroit. Châtellereault et Demeulles étaient parents.

M. de Louvigny, major de Québec, beau-frère de Nolan, commandait un convoi en destination du Détroit, l'été de 1703.

Au Détroit aboutissait toute la traite du sud-ouest, au-delà des lacs, qui ne passait point par Michillimakinac pour se diriger vers la rivière des Français et celle de l'Ottawa. Encore A'oyait-on souvent des flottilles partir de Michillimakinac et passer par le Détroit pour descendre à Montréal. La guerre des Iroquois était finie. Vers 1703, M. Juchereau tenait un comptoir important à l'ouest du pays des Illinois, MM. Boudard et LeSueur trafiquaient dans le pays des Sioux. Le poste de la baie Verte était aussi un point de

' Il y avait des majors à (iuébec, Montréal et Trois-Rivières. Lambert Boucher de Grandpré, major de ce dernier poste, était décédé le 3 avril 1690. - Tanguay : Dictionnaire, I, 289. ' Farmer : History of Détroit, p. 489.

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repère pour la Forest, Tonty, Juchereau, Pacaiid, tous associés, qui faisaient du Détroit le lieu de réuuiou de leurs coureurs de bois. Les sauvages domiciliés aux environs du Détroit étaient au nombre de deux mille âmes, y compris beaucoup de Hurons.

La guerre de la succession d'Espagne, commencée en 1V02, fut bientôt connue des sauvages de Détroit qui allaient en traite chez les Anglais et, à leur retour, ils devinrent menaçants. Le Détroit étant la clef des lacs, plus les Français s'y fortifiaient plus les Anglais s'ingéniaient à en détourner les tribus sauvages, leur représentant que leurs pays devenait la proie des étrangers, mais que ceux-ci ne pourraient pas s'y maintenir si les chasseurs portaient leurs fourrures aux comptoirs des colonies anglaises. '

Tonty, commandant on l'absence de Cadillac, ordonna avi sieur Bissot de Vincennes de frapper un coup sur les Outaouais, principaux instruments de trouble depuis que Nicolas Perrot n'était plus là pour les contenir. Cet acte de vigueur eut l'effet de reculer le danger, mais non de le supprimer.

M. de Catalogne dit : " Monsieur Lamotte Cadillac, qui s'était brouillé avec M. de Vaudreuil, passait par Cataraconi, où commandait M. de la Corne, il y fut reçu avec le salut du canon, ce qui étant venu à la connaissance de M. de Vau Ireuil, il y envoya M. de Tonty pour relever M. de la Corne." Donc, M. de la Corne ayant tiré du canon en l'honneur de Cadillac fut disgracié et remplacé à Cataracoui, par Alphonse de Tonty, lequel eut pour successeur au Détroit le sieur de Bourgmont, le 29 janvier 1706. A l'entrée de la baie de Keuté il y a une ile qui porte le nom de Tonty.

L'expression " brouillé avec M. de Vaudreuil " est caractéristique sous la plume d'un homme qui voyait si bien les choses de son temps. En effet, si le gouverneur général ne figurait pas dans la liste des associés de la compagnie du Détroit, il n'y était pas moins intéressé, et c'était lui déplaire que de mécontenter les directeurs de la compagnie. Des plaintes ayant été portées à la cour au sujet des tours de bâton du gouverneur général, il fut répondu de Versailles : " Le malheur c'est que M. de Vaudreuil est pauvre." La morale de ceci...

Cadillac, acquitté le 15 juin 1705, en avait appelé à Versailles du traitement qu'on lui faisait subir ; eu même temps, on le retenait à Québec. Il comparut de nouveau devant les juges et on lui permit de retourner à son poste, mais il préféra attendre les instructions de la cour avant que de repartir; il obtint gain de cause. Au moment où il rentrait au Détroit, vers la fin d'août 1706, les Outaouais étaient redevenus turbulents, eu partie par suite de l'étourderie de Bourgmout. Madame de Cadillac, qui avait laissé le Détroit deux mois après son mari, en 1704, revenait avec lui et ses enfants. Un grand convoi d'hommes et de munitions les suivait.

Je ne retrouve aucune trace de Tonty eu 1705 et 1710. Cette dernière année, au contrat de mariage de Pierre de Saint-Ours avec Hélène Celoron de Blainville, à Montréal, étaient présents " le capitaine Alphonse de Tonty et madame de Tonty." -

" Comme les Iroquois menaçaient la partie supérieure du pays, M. de Vaudreuil avait appelé les sauvages occidentaux ; quatre ou cinq cents de leurs guerriers descendirent (1711) conduits par MM. de Tonty, de Saint-Pierre et quelques autres Canadiens." ^

' Sur le Détroit consultez l'Histoire des Canadiens-Françaia, I, 128 ; V, 1 8, 48, 49, 94, 121, 148-54 ; VI, 128 ; VII, 97, 99, 105, 112, 128 ; VIII, 7, 14, 48, 49, 51, 87, 89, 93.

'' Daniel : Orandes FamiUen, p. 357.

■' Garneau: Histoire du Canada, 11,47.

Le 12 avril 1711, à Lachiue était présent Alphonse de Tonty, capitaine du détachement des troupes dites de la marine entretenues au Canada '.

M. de Callières, çouverneui général, dé'.édé en 1103, avait laissé à Alphonse de Tonty le povivoir d'agir en son nom, ou peut-être que cette qualité lui avait été transmise de seconde main, toujours est-il que, en 1712, il A'endait à Jean Petit, trésorier de la marine, la propriété de la pointe Callières, à Montréal, à titre de procureur du neveu de M. de Callières.

Joseph Gruyon-Dubuisson, frère de Mme Cadillac, succéda à son beau-frère dans le commandement du Détroit, " l'été de 1711, et fut lui-même remplacé par François Daupin, sieur de la Forest, en juin 1712."- M. Ferland dit à son tour, qu'en 1112 "M. de Cadillac n'était ph;s au Détroit ; il avait été nommé, en 1710, gouverneur delà Louisiane, et avait été remplacé, au Détroit, par le sieur de la Forest ; le commandant actuel (1712) était le sieur du Buisson, ancien officier et fort brave homme." '

Des notes relevées dans les actes oiEciels du Détroit, par mou ami T. P. Hall, donnent la liste suivante : (1706) François de la Forest, (1709) Antoine de la Mothe-Cadillac, sieur Donaguet * et Mont-Désert, (1710) Dubuisson, (1713) lieutenant Dubuisson, (1714) François de la Fore-st, (1717) Alphonse de Tonty, tous qualifiés de commandants.

Les Hurons qui, en aucun temps, n'ont été nos amis solides, organisèrent une conspiration, en 1708, dans laquelle entrèrent les Miamis et quelques Iroquois Mises au courant de ces événements, les autorités envoyèrent Clérembault d'Egremout ' s'enquérir des faits eu question. Cet officier accuse Lamothe-Cadillac d'être la cause des troubles ; il va plus loin et conclut à la suppression du fort du Détroit. Cette même année, on constate qu'il y avait en ce lieu devix cent trois arpents de terre défrichés, dont cent cinquante-sept par Lamothe-Cadillac. Un moulin à blé, une maison et une grange existaient dans la campagne. Quelques demeures étaient placées en dehors des fortifications. Il y avait dix bêtes à cornes et un cheval. Il serait curieux de connaître comment ces animaux avaient été transportés jusque là.

Si la conclusion du rapport de M. d'Egremout ne fut pas adoptée, on n'eu diminua pas moins les dépenses au chiffre du strict nécessaire. Cadillac descendit à Québec en 1709, il y fut encore arrêté et passa en France, où il s'entendit avec Crozat et, en 1718, il débarquait à la Louisiane en qualité de gouverneur.

M. R. E. Roberts, dans Ci/y of the Slraits, dit que la Forest était à Québec lorsque Cadillac y arriva en 1709 et qu'il fut désigné comme son successeur, mais que ses affaires l'empêchant de se rendre au Détroit sans retard, Dubuisson prit le commandement par intérim, et la Forest n'arriva qu'en 1712, demeurant eu chef jusqu'à l'arrivée de Tonty '' en 1717, lec^uel y resta jusqu'en 1728, où BoLshébert le remplaça.

Madame Watsou îlamlin, dans ses Legends of Le Detroil, dresse aussi une liste, appuyée sur des documents authentic[ues : Cadillac, 1701-14 ; Bourgmont, temporairement, 1706 ; la Forest, 1711-17 ; Dubuisson, temporairement, 1712; Alphonse de Tonty, baron de Paludy, 1717-24 ; Deschamps de Boishébert, 172.5-30.

' Girouard : Lake St- Louis, p. lui.

- Farmer: Hislory of Détroit, p. 227.

' Cours â'Jtistoire du Canada, II, 38.5.

* Nom de la rivière Pentaguet.

' " François Clairambault, sous-intendant et commissaire de la marine," au registre du Détroit, en 1709.

'• Au sujet de la traite que faisait Tonty au Détroit, voir State Historical Society of Wi-'consin, III, 169-177.

M. Silas Farmer dit que la Forest fut commandant depuis le mois de juin 1*712 jusqu'à 1714 où le lieutenant Jacques-Charles Sabrevois lui succéda, et que Louis de la Porte de Louvigny occupait ce poste en 1717 lorsque, le 3 juillet de cette année, " Henri Tonty, le jeune frère d'Alphonse " vint le remplacer. En 1720 Charles Joseph Fleurimout de Noyelle exerçait le commandement, et il rendit la place cette année à Alphonse de Tonty qui la garda jusqu'à sa mort survenue le 10 novembre 1727. Le 19 décembre suivant, le chevalier de Lepernouche (L'Epervanche ?) est mentionné. J. B. Deschaillons de Saint- Ours et Charles Joseph de Noyelle figurent l'un adirés l'autre eu 1728, et le 10 juin de cette année commence M. de Boishébert, qui continue jusqu'au 10 juin 1734.

Règle presque absolue, on ne peut se fier à aucune des listes des fonctionnaires de la Nouvelle France qui ont été mises eu circulation.

Ce qui n'est pas contestable c'est la belle défense du Détroit par Guyon-Dubuisson en 1712; après C|uinze joi^rs de siège de la place, les Outagamis ou Renards se retirèrent eu un lieu fortifié, à huit milles plus loin, et y furent écrasés par le canon, après quatre autres jours de combat.

Madame de Tonty étant décédée le 10 septembre 1714 à Montréal, Alphonse se maria en secondes noces, le 3 mai 1717 à Montréal, avec Marie-Anne, fille de Jacques-Roch la Marque, née en 1669 et veuve de Joseph- Antoine de Frenel. Il n'y eut pas d'enfant de ce second mariage. Madame de Tonty lut inhumée à Montréal le 24 décembre 1744.' " Tonty, en 1717, sollicita la permission de se remarier. Le 3 juillet il était au Détroit, de retour de Montréal, et bientôt après il repoussait une attaque ces Outagamis, ce qui le décida à prendre des mesures pour mettre sa colonie plus en sûreté, aussi l'année suivante, il reconstruisit le fort Pontchartrain et en fit l'un des plus sûrs du pays des lacs." '

Alors, la note de la page 227 du même auteur qui parle de Henry, " le plus jeune frère d'Alphonse" est erronée puisqu'il s'agit d'Alphonse lui-même, lequel avait perdu sou frère Henri depuis plusieurs années.

Le seul Henri de cette famille qui existât en 1717, était Charles-Henri-Joseph, né en 1697, fils d'Alphonse; et comme la mère d'Alphonse se nommait Isabelle de Liette ou Delietto, on appelait le jeune Henri : Delietto-Tonty. L'un des Delietto commandait aiix Illinois, et rendit de grands services à Bienvilie chez les Natchés, en 1722. Les deux Duluth étaient cousins d'Alphonse de Tonty.

Le jeune Henri n'a certainement pas été gouverneur du Détroit. Mais voici le moment de le mettre en scène à sou tour. Le 16 février 1722, à Chambly, il épousait Marie- Françoise Sabourin dont il eut un enfant décédé au berceau. Il se remaria le 15 septembre 1732, à Montréal, avec Louise Renaud-Dubuisson, qui ne lui donna pas d'enfant, et il mourut à Montréal, le 9 juillet 1749. '

Sa sœur Thérèse était présente au contrat de mariage de Jacques le Ber, à Montréal, le 30 septembre 1722.

En 1729 " Henri Desliettes de Tonty " commandait un poste aux Illinois, et rendit service à l'expédition placée sous les ordres de M. de Boucherville pour explorer le pays des Sioux.

' Tangua}' : Dictionnaire, VII, p. 319.

'' Farmer : Hislory oj Détroit, p. 221, 340, 951.

^ Tanguay : Dictionnaire, VII, p. 319.

La liste des officiers de la colonie dressée eu 1732, porte : " de Touty, enseigne, 30 ans." Il avait trente-trois ans. Eu 1737 " M. de Touty " est proposé pour la croix de Saint-Louis. En 1740 ou voit sur la liste des officiers " de Tonty, actif, capable." '

Il a du exister un Tonty qui n'est pas inscrit aux registres de nos églises, car il est fait mention d'un ollicier de ce nom que les sauvages firent brûler, à la Louisiane, en 1736.'

Avant que de pouvoir retracer avec précision et clarté les événements qui se sont déroulés, de 1670 à 1700, au Détroit, chez les Miamis, au Michigan, dans l'Indiana et l'Illinois, à Chicago, Péoria, la Prairie-du-Chien, le Wisconsin, le pays des Sioi^x, le saut Sainte-Marie, Michillimakinac et la baie Verte, il nous faudra écrire les monographies de la Dnrantayo, Perrot, Louvigny, D^^luth, Fleurimont de Noyelle, Amariton, Denys de la Ronde, Lusiguau, Verchères, Lavaltrie et plusieurs autres, bien connus de noms mais très peu étudiés jusqu'à présent. Du côté sud des grands lacs il y a matière à écrire l'histoire d'un second Canada.

' Daniel : Aperçu, p. 52, 53, 50,

- Voir Ferland : Oiurs d'histoire du Canada, II, p. 468.

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