‹ Les Touareg de l'ouestChapitre 21 sur 49 · JEUX · texte numérisé non relu

JEUX

Les enfants jouent entre eux à la balle. Celle-ci est faite d'un haïk roulé en boule : chacun cherche à toucher son adversaire et à éviter d'être louché par lui. Ils se livrent au môme jeu, avec de longues baguettes qui représentent VAllar' (sagaie). Ces jeux sont de véritables exercices militaires; ils se pratiquent en dehors des campements, « en terrain varié » ; garçons et filles y prennent part.

Les hommes entre eux jouent le Karat. C'est une sorte de jeu de dames : le damier se compose de 42 trous creusés dans le sable et disposés en un quadrilatère (7 sur 6). Les joueurs, au nombre de deux, disposent chacun de 18 pions représentés par de petites pierres ou des noyaux de dattes; chaque joueur a, à côté de lui, un nombre illimité de parieurs, qui le conseille au besoin.

Les femmes ont un jeu identique, mais le damier ne comporte que huit cases.

La danse n'est pratiquée que par les nègres.

Mœars et Coutumes

Les Touareg de l'Ahnet, en tant que chefs de famille, sont des nomades à parcours restreint. Leurs campemenls et leurs troupeaux se diîplacent, suivant les [ besoins du moment, mais sans sortir de la région que I nous avons décrite ; seuls, les propriétaires des palmiers I de Silel vont s'installer momentanément, avec leurs I tentes, dans cette oasis, à l'époque do la maturité des j dattes ; c'est l'exception qui confirme ia ri^gle.

Mais si les ramilles sont relativement sédentaires, il I en est tout autrement des individus.

Que leurs affaires les appellent au loin, qu'ils aient un I coup de main fructueux en perspective, une offense à ven- I ger; on les voit, en toutes saisons, faire des voyages I ou des expéditions ù des distances invraisemblables. I Nous ne citerons qu'un exemple : pour venir r'azzer les I chameaux des Mouadhi ù Daïet ed Drina, le 7 août 1887,

s Taïtoq et Kel Ahnet ont franchi, en dix- sept jours, I une distance de plus de 8;30 kilomètres, et cela dans les I jours les plus chauds de l'année.

Les Touareg de l'Ahnet vivent sous la tente ; ils n'ont li village, ni maison, ni gourbi ; ils ne cultivent pas : I ce sont des pasteurs et des guerriers.

Leurs tentes, de même forme, mais plus petites que I celles des Arabes, sont, comme celles-ci, disposées sur I la circonférence d'un cercle dont le centre est occupé, la I nuit, par les troupeaux.

La tente est faite de peaux de Zébu et de mouton ; elle

constitue un abri fort insuffisant contre les ardeurs d'un soleil de plomb et aussi contre les intempéries du Sahara.

Quelque peu confortable que soit cet abri, le Targui y naît, y vit, y meurt.

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