‹ Les Touareg de l'ouestChapitre 28 sur 49 · MORT — ENTERREMENT · texte numérisé non relu

MORT — ENTERREMENT

Le Targui ne craint pas la mort ; quand il sent approcher sa fin, il réunit autour de lui sa femme, ses enfants, ses parents, et leur adresse ses dernières recommandations; puis, conformément aux principes religieux, qu'il a peut-être un peu négligés au cours de son existence aventureuse, mais qu'il se rappelle au moment suprême, il prononce le Touhid (2), ou, s'il n'en a plus la

(I) « ... Les femmes divorcées... deviennent quelquefois enceintes. • La loi musulmane n*a point voulu que les enfants nés de ces » femmes fussent privés d*un père, et a déclaré qu'ils appartiens » draient au dernier époux. C*est ce qu'on appelle vulgairement le » Bou Reqoud (renfant qui dort dans le sein de sa mère). Cette su- » |>orcherie physiologique n*est admise que pour une durée de » quatro ou cinq ans. Los commentateurs ne sont pas d'accord sur ce » point. » (Lioutonant-Colonel Villot, Mcrurs, Coutumes et Institutions des Indighiês de VAlgàrie, Adolphe Jourdan, éditeur, pages 163 et 164).

i^?) Touhid : Affirmation de Tunité de Dieu. C'est la profession de foi islamique: « La HUih Ha AUah^ Mohammed rassoul Allah ». « Il n y a do l^iou quo Diou. Mohammed (est) le Prophète de Dieu. » — Cotto formule so nomme aussi Chahada (témoignage).

torce, il lève l'index do la main droite, et rend le dernier soupir.

Le corps est aussitôt lavé, à l'eau chaude, et cousu dans un linceul neuf dans lequel on introduit quelques aromates, quand la fortune du défunt le permet.

La fosse est creusée, comme celle des Arabes ; le corps y est placé sur le flanc droit, la face tournée dans la direction de La Mecque; deux chouahed (témoins) en pierre, ou en bois, si la pierre fait défaut, sont placés, l'un à la têle. l'autre aux pieds. Le nom du défunt est gravé ou peint sur le premier, en caractères tamahaq (Tiflnan (1).

On récite enfin quelques prières et les assistants, avant do se séparer, prennent en commun un repas funèbre.

Page 1