‹ Les Touareg de l'ouestChapitre 4 sur 49 · HASSI EL MERADJA, dans le 6« ravin. — Deux puits · texte numérisé non relu

HASSI EL MERADJA, dans le 6« ravin. — Deux puits

ayant, tous deux, une profondeur d'environ 3'" 50; eau abondante.

Bien que les populations qui vivent dans la région da l'Adrar Ahnet soient abondamment pour\Tjes d'eaux polables; qu'elles trouvent, dans leurs ravins boisés, un abri contre une température torride; qu'une abondante végétation herbacée leur permette l'élevage de nombreux troupeaux, on ne remarque, dans ce vaste territoire, aucune trace de culture.

Faut-il attribuer cette lacune à l'humeur vagabonde

des habitants, à Tabsence d'eaux courantes, aux conditions climatérlques qui rendraient Tusage des appareils d'extraction de Peau et le travail de la terre excessivement pénibles? Ce sont des questions auxquelles nos prisonniers n'ont pu répondre. Ils ne cultivent pas, disent-ils, parce que leurs pères ne l'ont pas fait avant eux, parce que les moyens d'existence dont ils disposent leur semblent suffisants, parce que, enfin, satisfaits de leur sort, ils n'éprouvent nul besoin d'augmenter leur bien-être au prix d'un labeur dont ils ne reconnaissent pas la nécessité.

Ils ont, cependant, deux points importants de culture, mais situés en dehors de la régio» de l'Adrar Ahnet. Ces doux points, Silet et Belessa, sont au Sud-Est do cette région, dans des collines qui se rattachent aux derniers contreforts ouest du Djebel Hoggar. — La propriété y a le caractère melk. Silet est seul indiqué sur les cartes, y est placé par 0"^1 environ de long. E. et 23^45 environ de lat. N. — Nos renseignements nous ont conduit à lui assigner une situation différente : par 0"™5(y long. E. et 22°20' lat. N. environ .

SILET est une oasis de palmiers « plus importante » qu'El Goléa » (1). Les dattiers y forment deux groupes compacts, séparés l'un de l'autre par une très faible distance. Près de l'un de ces groupes se trouvent les ruines d'un Ksar aujourd'hui complètement abandonné. Au moment de la maturité des dattes, les propriétaires de palmiers viennent camper dans leurs jardins; la récolte faite, tous disparaissent et Silet reste sans gardien. Les palmiers n'exigent aucune irrigation : comme au Souf, comme dans certaines oasis des Ziban, ils sont plantés dans la couche humide qu'on trouve partout à une faible profondeur et dont la fraîcheur est entretenue par une rivière souterraine, TOued Feran-Es-Souk, affluent

(1) Les statistiques officielles donnent 6,485 palmiers à £1 Qoléa,

de roued Itei-ass; ces deux rivières descendent, l'une et Paiilre, du Hoggar.

L'eau est d'exceilento qualité ; on la trouve à une profondeur maxima de i^ôO sur to.us les points de l'oasis ; 1 auappe paraît inépuisable.

Les environs de Silet sont pourvus d'une abondante vëgétation ; les ortres les plus communs sont le Tilioq, le Tamat, le Tabaqat; les plantes Tourragêres sont l'Afezzou et rissin (1) ; on en trouve en grande quantité.

BELESSA est à une journée de marche au Nord-Est de Silet, el ù peu près à mi-chemin entre cette oasis et Tit, premier village du Hoggar qu'on rencontre dans cette direction.

Belessa est situé sur l'Oued llerass, rivière qui descend du Hoggar, coule à ciel ouvert sur son cours supérieur et échange, plus loin, son nom contre celui d'Oued Ameded. Bien que souterraine à Belessa, elle donne cependant au terrain une humidité sutTisante pour y permettre, sans irrigation, la culture des céréales (blé, orge, bechna); on cultive aussi à Belessa quelques plants de tabac ; mais il n'y a pas de palmiers.

t.'eau est ù pehie ù un mètre de profondeur, et d'escellentequalité; la nappe, comme à Silet, parait Inépuisable el s'étend sous toute la partie cultivable.

Sauf dans les terrains de culture, qu'on débarrasse des pierres et des arbres, Belessa offre de grandes ressources en bois el en fourrage. Les arbres les plus communs sont l'Ethel, le Tamat, l'Absaq et l'Azour; le Toulloult et le Tessendjelt (1) y sont en très grande abondance.

Il y a, à Belessa, un village assez important, composé seulement de gourbis entourés de haies d'épines sèches. • Ce n'est pas un village n, disent nos prisonniers, ■ c'est une Zeriba «. Le mot est arabe et signifie, eu effet, enclos d'épines sèches,

[1) Voir U liùlintUoD de ces plantes au ctiapiU'c la Flore.

La population de la Zeriba est uniquement composée des Harratin, qui cultivent pour le compte des Touareg de i'Âhnet dont ils sont les khammès.

Sauf sur ces deux points, dont le plus rapproché (Silet) est à 6 journées de marche du pays qu'ils habitent, les gens de TAhnet n'ont pas de voisins immédiats.

Au nord, la région qui les sépare d'Akabli est inhabitée.

A Test, ils sont séparés de Mouydir par une plaine qui, disent nos prisonniers, n'appartient à personne; les gens de l'Ahnet y étendraient parfois leurs parcours jusqu'au pied du Mouydir, tandis que les nomades d'In Salah ne dépasseraient pas les crêtes de ce plateau.

Le Mouydir aurait, au sud, une forme toute différente de celle qui lui est attribuée par les cartes existantes. Au lieu de se terminer par une ligne à peu près horizontale à hauteur du mont Tisselilin, il se prolongerait en pointe, fort loin au sud, affectant une forme ayant quelque analogie avec celle de l'Afrique et que nous avons indiquée sur notre carte d'itinéraires.

La plaine qui sépare l'Ahnet du Mouydir est un reg sans eau, si inhospitalier que les gens de l'Ahnet, dont cette plaine serait la route la plus facile pour se rendre directement dans l'Aïr, sont obligés de passer par le Mouydir.

Cette plaine se réunit, au sud du Mouydir, à celle qui sépare ce plateau du Djebel Hoggar et où serpentent l'Oued Tirchart et ses affluents. M. Duveyrier place, dans cette région, les T'edj'ehe n eg Galli, tribu dont nos prisonniers affirment ne pas connaître le nom et dont ils nient même Texistence.

L'espace compris entre la partie sud-est de TAhnet et le Hoggar, et où se trouvent Belessa et Silet, est inhabitcS sauf sur ces deux points, et seulement parcouru par les caravanes.

Au sud et à l'ouest de l'Ahnet, on est dans le Tane-

zroufl. Nous avons déjà dit ce qu'il fallait entendre par celle expression. Le plateau dénommé, par M. Duveyricr, Tassilli du Sud, fuit parlie du Tanezrouft, d'après nos prisonniers qui n'ont pu donner aucun renseignement sur ce mouvement de terrain.

En détaillant l'Itinéraire de Sîlet à Talak, qu'on trouvera plus loin, ils nous ont dit « savoir » qu'i! y avait une montage au sud, mais fi une grande distance (t), et ignorer s'il y avait une ou plusieurs rivières entre celte montagne et la route décrite : il ne nous a donc pas été possible de déterminer le bassin de l'afRucnl de l'Oued Tin Tarabin, indiqué par M. Duveyrier.

Au sud, et au dolfi du Tanezroufl, se trouve le massif de l'Adr'ar' (ou Adghagh, d'après un autre mode de transcription), dont quelques vallées sont habitées par les Ifor'ass, tribu indépendante de l'Ar'rcrf Alinel, et les parties montagneuses par les Ouelimraiden.

L'Adr'ar' est moins élevé que le Hoggar; dans la seule partie" qu'ils aient parcourue, nos prisonniers ne connaîssînt qu'un seul village, le Ksar Irechar, où on remarque 30 ou 40 palmiers, et une zaouïa, celle de Tellaliit, appartenant ù des marabouts originaires de Koun,H (Touat).

Laîribu deslboguelen figurerait à tort, sur la carte de M. Duveyrier, comme ayant ses parcours au nord-est de Timi^aou ; les Iboguelen seraient des imrad des Issakamaren.

Nos prisonniers n'ont pu ou voulu nous donner aucun renseignement sur le Djebel Hoggar oij, disent-ils, ils oc sont jamais allés ; ils ne connaissent que Tit, près de Bslessa. D'une manière générale, ils savent que le Ut^ar renferme de nombreuses parties boisées et que l'aspjct du pays diffère peu de celui du leur, mais qu'en hive'{el probablement aussi en été, en raison de l'alti-

(l)Coci s

utile indi(|ui::i' que lu Tassili du Sud a'a qu'un faillie

tude), la température y est plus basse. La neige en couvre parfois les cimes et s'y maintient pendant trois ou quatre jours.

Les Arib, Tejakant et Kel Taoudenni, tribus alliées de PAr'ref Ahnet, vivent à proximité du Ksar Taoudenni, situé à 20 journées de marche à l'Ouest de Silet, au pied de TErg-Ech-Chech, La route qui conduit à ce Ksar passe par Timissaou, puis elle traverse un pays désolé, semé de petites dunes et presque entièrement dépourvu d'eau.

Le Ksar Taoudenni renferme une population d'envfron 4,000 âmes; il a une enceinte, mais il n'y a ni palmiers, ni jardins aux environs. C'est l'entrepôt des trois tribus précitées, qui y emmagasinent leurs grains et leurs richesses. Il s'y tient un marché important.

Flore

La région de l'Adrar Almct présente un mélange do parties sablonneuses cl de terrains rocheux. En général, les vallées, les ravins sont très boisés.

Il était assez difficile de constituer, ù distance, la flore d'un pays encore inexploré. Les prisonniers ont d'abord donné, ù cet égard, des renseignements rorcément très vagues; puis, ils ont été conduits au Jardin d'Essai où, grâce à l'obligeance de l'administration, ils ont pu pénétrer dans tous les massifs et reconnaître les arbres, arbustes et plantes de toutes sortes qui croissent dans leur pays.

Us ne les y ont pas trouvés tous ; mais, aidé de leurs souvenirs, de la nomenclature de M. Duveyrier, du Catalogue des plantes de l'Algérie et de la Tunisie, publié, en 1887, par M. Letourneux, aussi, dans une proportion plus modeste, des notes relevées au cours de nos tournées dans le Sahara, nous avons pu établir la liste suivante, liste fort incomplète, sans doute, mais qui contient néanmoins quelques indications utiles :

A. ABBRES

1. ABSAQ (en arabe Talah). — Acacia arabica, gommier. — Espèce très répandue, dont les graines C amaladja } sont trùs recherchées par les chameaux. Vabsaq atteindrait jusqu'à 8 et 10 mètres de hauteur.

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