‹ Les toxines microbiennes et animalesChapitre 1 sur 213 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La médecine moderne est redevable de ses étonnants progrès à deux découvertes capitales : celle de la nature vivante des virus et celle des toxines par lesquelles agissent les microbes. A ces deux conceptions principales est venue s'ajoîUer, comme vne conséquence presque nécessaire, la notion fondamentale de l'intervention des tissus et des organes dans les phénomènes généraux de la vie grâce aux poisons qui s'y forment et aux antitoxines et ferments qu'ils sécrètent.

Ces vérités nouvelles n'ont pas surgi de l'examen direct du malade; aux études cliniques et anatomiques nous devons d'autres enseignements et d'autres services, non ceux-là. D'Hippocrate jusqu'à nous, la médecine pratique est restée impuissante devant les grands problèmes de la nature des virus et des miasmes, la genèse de la maladie, de la fièvre, le mécanisme du retour à la santé. Pendant des milliers d'années, ces questions majeures sont restées enveloppées de voiles impénétrables. Ils ont été levés, au moins en partie, de notre

V* INTIIODUCTION.

temps dans les laboratoires des chimistes, des physiologistes, des micrographes, qui se nomynaient Pasteur, Selrni, Broiun-Séquard, Behring, Metchniko/f. J'ai été moi-même, depuis vingt-trois ans, mêlé à ces découvertes, et je crois y avoir contribué.

De cette œuvre fondamentale, c'est la partie relative aux poisons et sécrétions spécifiques formés par les microljes ou dans 910S organes, et les multiples conséffuences et applications qui décoident de ces données majeures que j'expose dans cet Ouvrage.

Je le publie avec confiance. J'y ai résumé consciencieusement et sincèrement Venseynble des travaux des autres et les miens. J'y donne beaucoup de documents inédits : méthodes personnelles, description de ptomaïnes et leucomaïnes non-

velles; tentatives de culture des ferments solubles, etc., etc. J'expose au courant du texte des idées que je crois fondées mais dont je n'ai encore qu'une démonstration partielle. Elles fructifieront dans les esprits si elles sont vraies et vivantes.

L'une de ces conceptions c'est que l'organisation propre à la vie ne parait pas comporte)' nécessairement des organismes figurés, cellules, microbes ou protoplasmas granuleux. Les ferments dits solubles, eux-mêmes, {et la plupart des toxines proprement dites entrent dans cette classe), me semblent doués d'organisation, et je crois que c'est en vain qu'on cherchera, comme facteurs premiers de certaines

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