Méin. Soc. biolog., 1892, p
LKS TOXIiN'KS.
matière baclcricide ne converliL ni Ja liijrine en peploiie, ni l'amidon en glycose*.
Suivant Hankin, la subslancc bactéricide ne serait autre que la cellulo-globuline [i d'Haliburton , matière protéique conlcnuc normalement dans les globules blancs. Cette substance qui paraît apte à provoquer la formation de la fibrine dans le plasma sanguin jouit, en effet, de propriétés bactéricides notoires. Elle paraît avoir été retirée par Hankin du sérum lui-même.
Si l'on difï'usc dans do l'eau le sérum bactéricide, il perd cette propriété, sans que le liquide la gagne. Si l'on fait diffuser le sérum dans de l'eau salée à 8 gr. de sel marin par litre en même temps que très légèrement alcalinisée par du bicarbonate de soude, comme est le sérum sanguin, la diffusion ne fait pas disparaître la bactéricidité. La disparition du pouvoir bactéricide à la température de bO", sans que rien de sensible se manifeste dans le sérum, et l'influence qu'exerce la diffusion, pourraient faire admettre que la substance bactéricide est de la nature des ferments solubles; mais l'action inhibitoire du phénol ne s'accorde pas bien avec cette hypothèse.
On a fait l'observation que le sérum est plus bactéricide que le sang correspondant. Si l'on tient compte que dans ce sérum s'extravase, après la sortie du sang des vaisseaux et durant la coagulation, une partie des globulines et des ferments des globules blancs ; si l'on tient en compte que Hankin a démontré l'existence dans ces globules blancs d'albumoses bactéricides, les myxosocines et les myxophlaxines, on arrive à admettre comme très probable que le
1. Cenlralblalt. f. Bacleriol., t. IX, et Ann.Instilul Vasieur, L V, p. o06.
SÉUOTIIKIIAI'IE
sang et les autres humeurs bactéricides de l'économie normale doivent cette propriété à l'extravasation dans le sérum d'une partie des substances que sécrètent les globules phagocytaires pour leur défense et celle de l'économie'.
Sérothérapie.
Puisque le sang, et surtout le sérum, d'un animal vacciné contre une maladie infectieuse contiennent des substances qui annihilent l'effet des toxines du virus correspondant, on a pensé qu'il y avait dans la transfusion de sang ou du sérum d'un animal vacciné à un animal malade ou en puissance d'infection, un moyen de prévenir et de combattre l'infection imminente ou confirmée. Les premiers essais tentés dans le but d'immuniser les animaux par transfusion du sang des vaccinés sont dus à Maurice Raynaud. Il montra, en 1877, que les bovidés vaccinés contre le cowpox fournissaient un sang et une lymphe, qui injectés aux animaux de même espèce, les protègent contre cette maladie-. En 1888, MM. Richet et Héricourt observèrent que le sang des chiens vaccinés contre un certain streptocoque, le St. pyosepticus , lorsqu'on l'introduit en petite proportion dans le péritoine du lapin, vaccine cet animal contre ce virus ^ En terminant leur travail, ces savants remarquaient qu'il ne s'agit pas là d'un cas spécial, mais d'un phénomène probablement général, permettant de