Jahresh. der Thievchemie, 1879, p
2. Albiiminoïile pnicipilablc par le sel mnrln en excè?, et soluble dans l'eau froide.
AU
LKS TOXINKS.
nisme arrive insensiblement à en tolérer de beaucoup plus grandes. Cette tolérance, comparable, à quelques égards, à celle qui s'établit pour les virus et les venins, n'a qu'une durée très limitée (24 à /i8 heures).
Les peptones des digestions normales, lorsqu'on les fait pénétrer elles-mêmes directement dans le sang, ou qu'on les tait absorber par la voie liypodermique, se conduisent comme de véritaliles poisons {Sclunidt-Mûlheim; Hoffmeister; Politzer, Fano; Gleij; Contejean, etc.^). Elles font disparaître la coagulabilité du sang et tomber sa pression dans les vaisseaux. Injectées en quantité un peu grande, elles peuvent devenir mortelles. On sait du reste que la peptonurie a été signalée dans une foule de maladies : les affections mentales, la phtisie, la néphrite, la pneumonie, le croup, l'ostéomalacie, les abcès du foie, les abcès froids, etc., soit que ces peptones ou albumoses dérivent dans ces cas de digestions mal faites, soit bien plutôt qu'elles proviennent du déversement dans le sang des produits extravasés des globules blancs et qu'elles aient été résorbées dans les foyers purulents.
Les peptones sont-elles toxiques par elles-mêmes ou par les produits qui se forment en même temps qu'elles et qui les accompagnent? Brieger raconte que dans ses essais sur l'action physiologique des peptones il a trouvé un seul échantillon de peptone ne paraissant pas doué d'action nocive par injection sous-cutanée. Mais soumise elle-même à l'influence du suc gastrique, cette peptone devenait à son
1. SCHMIDT-MÛLHEIM, Arch. de. physiolog., 1880. — G. FanO, ibid., 1881. — CONTEJEAN, Arch. de physiolog., 5« série, t. VII, p. 24b. — LkdOUX, Arch. de biolog., t. XIV, p. 63. — Gley et PaCHON, Arch. de physiolog., octobre 189o, p. 711. Les peptones paraissent opposer à la coagulation du sang en provoquant la formation dans le foie d'une substance anticoagulante.
PEPTONES ; PEPTOTOXINE.
tour toxique. Il est donc possible que cette vénénosité tienne, non à la peptone même, mais à des produits plus a,vancés de digestion; Ton sait, en effet, qu'il se forme par une digestion continue des albuminoïdes des corps amidés ayant tous les caractères des alcaloïdes proprement dits'.
Les recherches de Brieger Tout conduit à extraire des produits de digestion des albuminoïdes, et en particulier de la fibrine soumise à Taction du suc gastrique, une substance qui n'est pas protéique, \d.-pepiotoxine, qu'on rencontre aussi dès les premiers jours, parmi les produits de putréfaction des albuminoïdes. Voici comment avec Salkowsky il a essayé de l'isoler. On laisse durant 24 heures digérer de la fibrine avec du suc gastrique frais à 38°. La peptone obtenue est filtrée, évaporée à consistance sirupeuse et épuisée à l'alcool bôuillant. Le résidu insoluble dans l'alcool est agité avec de l'alcool amylique qui laisse, à son tour, par évaporation un extrait brun que l'on traite, après solution dans l'eau, par de l'acétate de plomb. La liqueur filtrée, privée de plomb par H^S, est plusieurs fois reprise par l'éther, puis évaporée à sec et l'extrait est de nouveau traité par l'alcool amylique. Ce dissolvant étant évaporé, on redissout le résidu dans l'eau et l'on filtre : la liqueur abandonne dans le vide une matière toxique qui cristallise très difficilement. C'est un corps neutre, ne répondant pas à la réaction du biuret, mais donnant par le réactif de JVIillon un précipité blanc qui devient rouge intense à chaud. Cette toxine pouvant être extraite par l'alcool amyhque aussi bien en
1. Biichner a remarqué que les peptones injectées dans le sang ne produisent pas de pus, et n'ont pas d'action chimiotaxique, tandis que la gélatine est assez fortement active. Pour les recherches de Br[eqer, voir Berichle. chem. Gesdl., t. XIX, p. 3120, et VerhandI. - d. Congr. fur innere Med., 1892, t. II, p. 277.
LES TOXINKS,
présence des acides que des bases n'est donc pas une ptomaïne. Elle est insoluble dans l'éllicr, le chloroforme, la benzine. Elle ne se détruit ni à chaud, ni par les alcalis, ni par les acides. Les ferments putrides la décomposent au bout de sept à huit jours. Brieger croit qu'elle constitue un dérivé hydroxylé d'un corps amidé aromatique.
La peptotoxine ne se rencontre pas seulement de temps à autre dans les produits de digestion, mais aussi dans la fibrine, la caséïne, le muscle, le foie, etc. abandonnés quatre à cinq jours aux ferments putrides. Il est très probable qu'elle se forme, et contribue à l'empoisonnement, dans les cas d'indigestions alimentaires et de botulisme.
Quelques gouttes d'une solution étendue de cette substance suffisent à tueries grenouilles en moins d'une heure : L'animal comme paralysé ne ,répond plus aux excitants: Les muscles des extrémités sont le siège de tremblements et de secousses tétaniques. L'injection sous-cutanée de 0^'',S à l^"" de peptotoxine est mortelle pour le lapin. Après quarante à cinquante minutes, il est frappé de paral^^sie du train postérieur, il tombe dans le coma et meurt \
Intoxications alimentaires. — Les accidents d'indigestion et de botulisme s'expliquent suffisamment par la formation de substances toxiques dans le tube digestif, lorsque des conditions nerveuses anormales viennent modifier la composition du suc gastrique surtout en arrêtant le flux de l'acide chlorhydrique, ou lorsque cet acide est saturé ou n'arrive qu'en quantité insuffisante dans l'estomac. Les fermentations
1. D'après Tanret, les alcaloïdes que Ton rencontre quelquefois dans les peplones coiuiuerciales sont ducs à raclion des réactifs, en particulier de la potasse, qui les forme aux dépeus des peptones (Voir Compt. rend. Acad. sciences pour 1881, t. XCII, p. llfjS).