‹ Les toxines microbiennes et animalesChapitre 146 sur 213 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

/i. ROUQUES, loc. cit., p. 56 et Soc. biolog., 1893, p. 659.

TOXINI'S IMl SANG.

Toxines du sang. — Le sérum sanguin normal précipite par Talcool concentré; ce dissolvant se charge d'un grand nombre de substances ; mais cet extrait ne jouit que d'une faible toxicité; redissous dans l'eau, il n'est pas coagulant.

Les substances que l'alcool précipite du sérum sont au contraire très actives. Si, au bout de quelques jours, on les reprend par l'eau froide, la solution injectée dans les veines du lapin tend à coaguler le sang et produit chez cet animal des convulsions et un myosis accentué. Le sérum normal de l'homme donne la mort au lapin à la dose de 13 cent, cubes par kilogramme : il provoque le ralentissement de la respiration, ùn état dyspnéique, l'accélération du coeur, des mictions hématuriques, un peu de myosis, de l'abattement ; plus tard de la résolution des membres, des attaques précédées de procursions énergiques^, enfin la mort. Si le sérum n'est pas injecté à doses mortelles (5 cent. cub. par kilo), on remarque un faible myosis, un peu d'accélération respiratoire avec dyspnée légère et ralentissement de la respiration, mais surtout une hyperhémie qui peut persister de 4 à G heures et dépasser la température de 2 degrés deux dixièmes'. Ces phénomènes d'intoxication observés par injection du sérum d'un animal à un animal d'espèce différente, auraient été à peu près les mêmes si l'on eût injecté le sérum de la même espèce. Nous pensons qu'ils sont dus surtout au ferment thermogène sorti .des globules blancs, après l'extravasation du sang, et passé dans le sérum. On peut séparer par l'alcool faible (alcool à 30" cent.) les ferments coagulants du sérum et, dans la liqueur alcoolique faible, précipiter les jrrmcipes toxiques par de l'alcool

1. Mairet et BOSC, Ann. Insl. Pasteur, t. IX, p. 311, et Soc. biolog., IBM, p. /i87, 5/13, 588 et 60^1. — Lecl.vinché et Rémond, ibid., 1893, p. 1037.

LKS TOXINKS.

à jO" ou G0° centésimaux. Ces principes, coagulants ou toxiques, paraissent de nature protéique.

Le sang contenu dans la rate et son sérum sont plus vénéneux que le sang et le sérum ordinaires.

Dans quelques maladies le sérum du sang peut acquérir une grande toxicité : c'est ainsi que Tarnier a vu dans l'éclampsie 12 cent, cubes de sérum injectés à un lapin de IQOO''''' provoquer des phénomènes de paralysie et de convulsions qui le tuèrent en quinze minutes*.

On a dit que le sang des cancéreux, des surmenés, était plus toxique que le sang normaP. Chez une femme atteinte d'accidents cardiogravidiques, 8 cent. cub. de sérum tuèrent un lapin de 2 kilos en douze heures; 7 cent. cub. par kilogramme les faisaient succomber en vingt minutes.

Les sangs, ou plutôt les sérums correspondants, des animaux en puissance de maladies microbiennes (rouget, charbon, pneumocoque, etc.), même après stérilisation par chauffage ou fillration sur biscuit, sont très vénéneux : 10 à 15 cent. cub. de sérum de lapin charbonneux suffisent à luer un lapin ordinaire.

Il en est de môme du sang acétonémique qui paraît contenir de l'acide éthyldiacétique. Il provoque le coma et la mort avec hypothermie.

Enfin l'on verra plus loin {Chapitre XP) que le sang de quelques animaux, ceux de repliles, celui de l'anguille, du hérisson, sont vénéneux à très faibles doses.

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