Compt. rend. Soc. biolog. pour 1893, p
2. A. Mosso, Atti. d. real Acad. dei Lincei. ftendicotito, (4) t. IV, p. 665, 673, et Arch. ital. de biolog., t. X, p. 141.
3. A. Mosso, Arch. ilal. de biolog., t. X, p. 141 et U. MOSSO, Jbid., t. XII, p. 229, et Mosso et Schmiedeberg, Maly's Jharesher. t. XVIII, p. 92.
SANGS VlîMMIiUX.
et mourut 5 minutes après l'injection. Aucune lésion à l'autopsie. Le cœur s'était arrêté en diastole. Le sang des animaux tués par l'ichtliyotoxine reste incoagulable chez les lapins et les grenouilles (mais non chez les chiens). La rigidité cadavérique apparaît aussitôt après la mort.
L'ichthyotoxine des anguilles et des murénides a été étudiée par U. Mosso. Elle ne dialyse pas à travers le papier parchemin; elle est soluble dans l'eau, précipitable par l'alcool. Elle ne se conduit pas comme une diastase. Par toutes ses propriétés chimiques elle semble se confondre avec la séroalbumine du sang dont elle représente peut-être une simple variété. Son goût, d'abord légèrement salé, laisse au bout de 10 à 30 secondes, une sensation à la fois phosphorée, âcre et brûlante, caractère qui suffirait à différencier cette substance des autres albuminoïdes. Tout réactif qui fait disparaître ce goût, lui fait également perdre ses propriétés vénéneuses. La globuline, les zymases, les matières cristallines ou salines qui accompagnent l'ichtyotoxine dans le sérum d'anguille ne paraissent pas avoir d'action sensiblement vénéneuse. Mais on ne sait pas si Yichtyotoxine de l'anguille est identique à celle du sang des murénides.
Dissoute dans l'eau cette substance n'est pas modifiée par un courant d'acide carbonique; mais les acides minéraux et même organiques (quoique ces derniers plus lentement) lui font perdre son pouvoir toxique alors même qu'ils ne sont employés qu'en petite quantité et à froid. Il en est de même de la soude, de la potasse et de l'ammoniaque qui font disparaître le goCit âcre du sérum de sang d'anguille, signe constant de sa toxicité. Lorsqu'on a le soin de neutraliser au moyen d'un acide en quantité juste suffisante l'alcali ajouté au sérum vénéneux d'anguille, celui-ci ne récupère
plus sa loxicilé. Celle propriété rapproche singulièrement l'ichtyoloxine du venin de cobra où je l'ai constatée depuis longtemps.
La digestion fait disparaîtrela vénénosité de l'ichtyoloxine. Portée à 68-78" ]a solution de celle substance se trouble, se coagule et perd ses propriétés toxiques.
Fio. 11. — Dialyseur continu de A. Gautier.
Le liquide à dialyser est placé dans rinlérieur des filtres en papier parchemin qui garnissent les quatre entonnoirs de verre. Autour de ces pitres communiquant entre c«a pai- les tubes t, t, t. t, circule lentement un courant d'eau qui va du t" au i» filtre, il coule goutte à goutte du flacon V. L'appareil A fournit, quand il en est besoin, uti courant continu de gaz CO', qui pause dans la cage de verre fermée CC contenant le^ quatre dialyseurs . Les substances qui ont traversé les dialyseurs se recueillent en E.
L'ichtyoloxine pure se prépare en précipitant le sérum • le sang d'anguille par le sulfate d'ammoniaque en poudre ajouté jusqu'à saturation, lavant le précipité avec une solution concentrée du même sel, reprenant ce précipité par l'eau distillée, soumettant à la dialyse pour séparer le sel minéral (fig. 14), filtrant alors de nouveau pour enlever les globulines restées insolubles, enfin évaporant dans le vide