Rcrl. klin. Wochens., t. XXVII, p
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l'incapacilé de se mouvoir : il tombe sur le flanc et ne peut s'échapper. La respiration, d'abord ralentie, s'accélère, puis devient très faible ; il défèque ; des tremblements convulsifs apparaissent. L'animal meurt après deux heures, les membres étendus, le cœur en diastole.
Plomaïne du choléra des poisso?is. — A la suite d'une épidémie ayant frappé les poissons (esturgeon, sandat, etc.) d'un grand réservoir, M. Sicber-Schoumow étudia dans le laboratoire de Nencki, cà Pétersbourg, les causes de cette morlahté^ Il trouva sur les branchies et dans l'estomac et l'intestin de ces animaux un bacille mobile, anaérobie facultatif, le bacillus piscicidus ar/ilis , qui reproduit la maladie quand on l'ensemence dans un réservoir jusque-là sain. Ses cultures sont vénéneuses, môme après avoir été chauffées à 100% stérilisées à la bougie Ghamberland et reprises par l'acide chlorhydrique étendu. En les purifiant par l'acétate basique de plomb, hltrant, éloignant l'excès de plomb par I-P S et traitant par la soude étendue, Sieber- Schoumow put en extraire une base qui se précipite peu à peu et qui est très toxique.
Elle donne un chlorhydrate cristallisé biréfringent, de saveur brûlante, légèrement amère qui, chauffée avec un peu de sodium, dégage l'odeur de l'amylamine, puis du benzonitrile. Sa solution traitée par la potasse donne aussi de l'amylamine, avec une odeur de poisson et d'huile rance. Le chlorure de platine ne fait naître aucun précipité avec son chlorhydrate. Le chlorure d'or produit un trouble jaunâtre qui se change à froid en une matière huileuse. Le sublimé
1. Arch. des sciences biolorj. de Sainl-Pétcrsbnurg , t. 111, p. 241 {\8dh).
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provoque un dépôt rcsinoïdo. L'acide picrique donne un précipité' jaunâtre. Les réactifs généraux des alcaloïdes font naître les précipités habituels.
Cette base est très toxique : un lapin ayant reçu 1 centimètre cube du bouillon stérilisé qui n'en contenait que de minimes proportions, succomba vingt-quatre heures après l'injection'. Les symptômes provoqués sont : l'accélération de la respiration, une inquiétude générale, un état apathique suivi de paralysie et de mort.
M. Sieber-Schoumow pense que cet alcaloïde contribue aux désordres provocjués par l'ingestion des poissons, qui, comestibles à l'état ordinaire, deviennent vénéneux quand ils sont envahis par le microbe qu'il a découvert, ou par d'autres bacilles analogues.
Ploma'ines du iclanos. — Des cultures du microbe tétanique de Nicolaier dans le bouillon de t>œuf, ou faites sur de la viande hachée mêlée d'eau ou sur le cerveau, cultures qu'on abandonne quelques semaines à une température de 36° qu'on ne doit pas dépasser, Brieger^ a extrait diverses bases vénéneuses qui participent pour une certaine part, en même temps qu'une albumine toxique qu'on peut retirer des mêmes cultures, au tableau des accidents tétaniques.
A côté de ces bases, on rencontre aussi de la cadavérine et de la pulrescine.
1. Ces cultures sont donc très toxiques, mais elles peuvent contenir d'autres substances vénéneuses que la ptornaïue de Sieber-Schoumow.
2. Unlersuchungen iibcr Plomaïne. Dritlcv Thcil, [>. 'J3. — Dcricitle, 1886, p. 3159 et 1887, p. 69. — Plus tard Brieger admit que la toxine tétanique seule était la cause des accidents tétaniques, et que les bases qu'il avait extraites de ces cultures étaient des produits secondaires ou d'altération. C'est une erreur : les ptomaïnes et les toxines existent à /"ois dans les cultures du bacille de Nicolaier et contribuent chacune pour une part inégale à l'empoisonnement.
LKS PTOMAÏNKS,
L'une des bases syjécifiques du bacille de Nicolaiër est la tétanine G" FF Az^ O'qui, à la dose de quelques milligrammes, détermine chez les petits animaux tous les symptômes classiques du tétanos précédés d'une période d'abattement ou de léthargie très marquée; ils deviennent subitement inquiets, le diaphragme se contracte, la respiration s'accélère et alors commence la période des convulsions cloniques et toniques qui précède la mort. De petites quantités de cette substance (0^',S) n'affectent pas le cobaye.
C'est à tort qu'on a dit que la tétanine ne se rencontrait que dans les cultures impures du microbe tétanique. Kitasato et Weyl l'ont retirée, en 1890, des cultures pures de ce microbe : 1230 gr. de viande de bœuf ont ainsi donné de chlorhydrate de cette base. A cet effet, ces auteurs font digérer à 60°, avec de l'acide chlorhydrique très étendu, les matières ensemencées; ils alcalinisent ensuite très légèrement, filtrent et distillent dans le vide; la tétanotoxine, l'ammoniaque, les phénols, l'indol sont entraînés avec la vapeur d'eau ; la tétanine reste dans le résidu. On le reprend par l'eau, on le précipite par l'acétate de plomb basique, on filtre, enlève l'excès de plomb à la liqueur par IPS, concentre et précipite par le sublimé en solution alcoolique. Le chloromercurate formé est ensuite décomposé par trS.
La tétanine est un alcaloïde qui cristallise dans l'alcool en petites lamelles jaunâtres, peu altérables par la chaleur. Son chlorhydi-ate est déliquescent et soluble dans l'alcool. Son chloroplatinale répond à la formule G*^' IP" Az'0\ 2Ii Gl, Pt Gl''.
Une autre base extraite des mômes cultures, la tétanotoxine GMr'Az (?) est liquide et bout vers 100°. Elle possède une odeur désagréable; elle forme un précipité jaune,
PTOMAÏNRS DLT.S AUX MirilOnKS PATnOCKNKS.
rapidomenl rcsinifiablc avec l'acide phosphomolybdique; son picrate est soluble. Son chlorhydrate est bien cristallisé, très soluble dans l'eau et l'alcool; il fond à 2()'j\ La létanotoxine semble répondre à la lorniule G'IP'Az. Elle forme un chloroplatinale (C^H" Az, HGl}n^tGl* cristallisable en lamelles difficilement solubles. Son chloraurale est soluble. Elle donne difficilement la réaction du bleu de Prusse.
Injectée aux animaux en quantité assez grande, elle produit de l'abattement, des frissons, de l'inquiétude, la dilatation des pupilles, l'accélération suivie du ralentissement du pouls et de la respiration, puis des contractions musculaires qui se généralisent après avoir commencé par la face et le cou. Le cœur s'affaiblit ; le S3'^slème pileux se hérisse; la respiration se ralentit; les mouvements volontaires sont complètement paralysés. L'animal, les membres étendus sur le sol, titube, est pris de convulsions violentes et finit par succomber.
Une troisième ptomaïne, la spasmotoxine voisine de la cadavérine, forme un chloroplatinale soluble, fusible à 210°, contenant 30,0 pour cent de platine. Son chlorhydrate est très soluble. Elle est convulsi vante et très active.
Brieger a retiré encore des cultures du bacille tétanique deux autres bases; l'une répondrait à G^H''AzO^ formule de la leucine et de la mydatoxine. Son chloroplatinate cristallise en lamelles solubles dans l'eau, fusibles à 197° en se décomposant. Elle n'est pas toxique. L'autre ptomaïne, vénéneuse et tétanisante, excite l'hypersécrétion des larmes et de la salive, forme un chlorhydrate déliquescent, un chloroplatinate fusible à 240°, un chloraurate et un picrate très solubles.
LES PTOMAÏNES
Ces bases ne passent pas dans les urines des malades alleinls de lélanos : injectées aux animaux, ces urines restent relativement inaclives.
Ptomàînes de l'angine de poitrine. — Griffiths et Massey ont retiré des urines des malades atteints à'angor pectoris une base très vénéneuse répondant à la composition G'^H^AzO*. Cette ptomaïne produit la fièvre et la mort en deux heures. Elle se formerait au cours de cette maladie [Comptes rendus, t. GXX, p. 1128).
Ptomaïnes de la morve. — D'origine bactérienne, comme l'ont démontré les travaux de Bouchard, Gapitan et Gharrin, Kilt, Weischelblaum et surtout Loeffler et Schiitz*, la morve paraît devoir sa vénénosité spécifique à une substance diastasique, la malléïne, qui agit à la dose de quelques fractions de milligrammes et dont nous parlerons plus loin.
Griffiths^ aurait extrait des urines des animaux morveux une base répondant à la formule G*^H'°Az^O", substance incolore, cristalline, soluble .dans l'eau, à réaction alcaline. Elle forme un chlorhydrate, un chloroplatinate et un cliloraurate cristallisés,. un précipité blanc brunâtre avec l'acide phospliomolybdique, etc.
Une solution de cette ptomaïne injectée sous la peau d'un lapin produit un abcès au point d'injection, des nodosités dans les poumons et la rate, des abcès métastatiques dans différents organes, enfin la mort.