Comfii. rend. Soc. biolog., 1886, p. 82 et
LES PTOMAÏNES
Poisons de la fièvre de surmenage et de la slercorhémie. — On sait que le surmenage amène souvent un état fébrile : il s'explique par la surproduction des substances destinées à être éliminées, substances parmi lesquelles, à côté des leucomaïnes, se trouve une certaine quantité d'enzymes que l'on sait exister dans presque tous les tissus. Ces agents provoquent la fièvre si leur élimination du sang ou leur destruction par oxydation n'est pas aussi active que leur formation ou leur excrétion. Il me paraît très probable qu'après s'être unie passagèrement, durant la digestion et peut-être dans les cellules mêmes, à la pepsine ou aux zymases analogues, la matière albuminoïde en subissant la série des hydratations et dédoublements ultérieurs qui la simplifient, met en liberté le ferment auquel elle s'était unie, ferment qui reprend ainsi toute son activité. De là, sans doute, la continuité de son action. Mais si le ferment ainsi libéré, grâce à une destruction rapide du protoplasma des cellules, est trop abondant, il se répand dans l'économie, arrive aux centres nerveux et produit la fièvre, comme on verra.
M. Bouchard a donné le nom de slercorhémie à l'état du sang en train d'absorber par l'intestin les matières toxiques (alcaloïdiques ou autres) des fermentations intestinales. Il estime que la quantité de ces substances nocives qui se forme en vingt-quatre heures dans le tube digestif, si elle était entièrement absorbée, serait capable de tuer l'animal chez lequel se produisent ces fermentations. Ces substances injectées sous la peau du lapin provoquent de violentes convulsions. Tous les cliniciens ont remarqué, du reste, qu'au cours des maladies ordinaires la constipation entretient la fièvre, et la nécessité des purgatifs est, dans ce cas, une indication classique.
PTOMAÏNES DKS MICUOBES PATHOGÈNES,
Plomaïne de la pcllaçp'e. — Lombroso a donné le nom de pellagrocéïne au poison retiré des farines auxquelles on attribue la pellagre. C'est un mélange de pt6maïnesdonl les unes sont narcotiques et paralytiques, dont les autres occasionnent un empoisonnement comparable à celui de la nicotine.