‹ Les toxines microbiennes et animalesChapitre 62 sur 213 · C.y.inamitle Glycocolle méiliylé ou sarcosine · texte numérisé non relu

C.y.inamitle Glycocolle méiliylé ou sarcosine

/AzH^

^''"•^\Az(CIP)-CH2-C0-H

Créaline

Si Ton déshydrate cette créatine (ce qui se fait très facilement, même au sein de Teau, quand on chauffe sa solution) elle donne une nouvelle base trouvée aussi par Liebig dans les

muscles et les urines, la créatinine Az H : C ^ ^^3^ . C H V

La créatine et la créatinine répondent, point pour point, à la glycocyamine et à la glycocyamidine dont elles sont les homologues supérieurs, et Ton a vu plus haut comment ces bases se relient à leur tour à la guanidine et à l'urée elle-même, en tant que constitution et aptitudes.

LlîUCOMAÏNES CRÉATINIQUES.

Nous verrons que deux corps homologues supérieurs de la créatine et de la créatinine, la lysatine et la lysatinine, sont aussi entre eux, et avec l'urée, dans les mêmes rapports que la créatine et la créatinine.

Ces relations entre les bases créatiniques et Turée, que nous venons de développer surtout pour les deux premiers termes de cette série, peuvent se généraliser encore. Il existe dans les excrétions animales des substances aptes à donner de Turée par hydrolyse, et que pour cette raison on a nommées iiréïdes. Je n'en citerai qu'une pour le moment, celle que depuis longtemps Woehler et Liebig découvrirent dans la liqueur allantoïdienne et dans les urines du veau qui ne s'est encore nourri que de lait, Yallantoïne G*H''Az*0^ Grimaux en a fait la synthèse en unissant l'urée à l'acide glyoxylique. De cette synthèse, et des produits de sa décomposition, il a conclu à sa constitution

/AzH.CO ^^\AzH.ÔH.AzH-CO-Az H2

Par hydratation, en présence des acides,- cette substance peut perdre d'abord les éléments de l'urée et donner

l'acide allanturique ^O^^^jJ'^^^Qjj^. De cet acide à Yhyj . .. ^^/AzH-CO .1 ,

clanlome GO il n y a qu un pas qu'on peut facile-

ment franchir en suivant les règles ordinaires des substitutions en chimie organique; enfin l'hydantoïne en s'unissant à une molécule d'eau donne l'acide hydantoïque / Az

^^\AzH2.CH2.C0='H* ^^^^^ ces corps qui appartiennent à la série urique, et ceux de la série créatinique précédente, les rapports sont simples; ils résultent de In . comparaison suivante :

LKS LIillCOMAÏNKS.

^i!^''* Leucoiiiaïnes criiaiiniqiics

AzH CH-CO=H ••'^P«"<i \ AzU CH-C^H

Acide liydantoïquu Glycocyaminc

/AzHCO , ,,/AzH2-C0

^•^\AzHGH^ ''''P°"^"^'"-KazIICH^

HydaïUoïne Glycocyamidinc

^•^\Az(CH3)C-H-CœH «-^P»"^^ ^^'"^^\Az(CIP) CH-CœH

Acide Gréaliiie mélhylhydantoîque ou glycocyamidine mélhylée

On voit que du remplacement dans les composés créatiniques du groupe (Azii)" par 0 résultent les uréïdes, cl ceux-ci, à leur tour, donnent l'urée dans une seconde pliase d'hydratation. Exemple :

Phase ^^"•^NAzH CH^ CO^H^"" ^ ~ '''^^ \ AzH CH2-C02 H+" ^

Glycocyamlne Acide hydanloïque

Phase ^^\kiW-œcm\ i" ^ - ^^xAzH^ + CO^H

Acide liydaiiloïque Urée Acide glycolique

C'est là certainement un des mécanismes qui, dans l'économie, conduit des bases créatiniques à l'urée avec formation simultanée des acides oxygras : acides lactiques, glycolique, etc. L'acide glycolique a été signalé, en effet, dans beaucoup de végétaux ; l'acide mélliylgly colique ou lactique, se retrouve dans la plupart de nos sécrétions et surtout dans le suc musculaire oii il est comme le témoin de ces d iverses transfo rmation s .

Nous voyons par ces exemples quels sont les liens qui unissent les bases créatiniques aux composés uriques et à l'urée, et l'on voudra bien se rappeler que nous avons montré dans le précédent chapitre comment à leur tour ces bases

LEUCOMA.ÏNKS CRÉATINIQUES.

créa tin iques dérivent des matières albiiminoïdes grâce à de simples phénomènes de dédoublements liydrolytiques. On ne saurait pousser plus loin, à cette heure, l'analyse du mécanisme intime par lequel se désagrègent les matières protéiques pour donner passagèrement ces leucomaïnes créatiniques, qui se résolvent ensuite en urée et en acides oxygras. toujours par cette même voie de Thydratation successive des molécules qui se produisent au cours de cette désagrégation elle-même due à Thydrolyse.

Caractèi'es généraux des bases créatiniques. — Ces bases sont généralement peu solubles dans l'eau, presque insolubles dans Talcool. Toutes donnent un précipité d'aiguilles cristallines de chlorozincate lorsqu'on ajoute du chlorure de zinc à la solution alcoolique concentrée de leurs chlorhydrates. Elles précipitent généralement par le nitrate d'argent, par le chlorure mercurique, surtout en présence des alcalis étendus. L''acétate de cuivre ne les précipite ni à froid, ni à chaud; ce caractère est important parce qu'il suffit à les différencier des leucomaïnes xanthiques. Les leucomaïnes créatiniques sont toujours beaucoup plus riches en hydrogène que les leucomaïnes de la série de la xanthine.

Nous allons passer rapidement en revue les principales bases créatiniques.

Glycocy aminé CFrAz^O-; Glycocyamidine C^IPAz'O

On a vu plus haut comment la giycocyamine, homologue inférieure de la créatine, ])eut se produire artificiellement grâce à l'action du glycocolb^ mv la guanidine; d'où sa constitution

■ " • ^ \ Az H • CH^ • CO^ H

LES LEUCOMAÏNES.

Elle n'a pas été encore trouvée flans réconomie, et si nous en parlons ici, c'est à cause de ses rapports directs avec son homologue inférieur, la crôatine.

C'est une base faible, soluble dans 126 j). d'eau froide. Son chlorhydrate C^H^Az'O-, HGl cristallise en prismes rliomboïdaux. Son chloroplatinate (C'I-rAz='0SI-IGl)2pt G1S3H'0 est un beau sel très soluble. Les nitrates d'argent ou de mercure forment dans les solutions de glycocyamine des précipités gélatineux.

Lorsqu'on chauffe le chlorhydrate de glycocyamine à 160% il fond en perdant une molécule d'eau. Il en résulte le chlorhydrate d'une nouvelle base, la glycocyamidine G'H'^Az^O dont on extrait la base libre en faisant bouillir ce sel avec de rhydrate de plomb. La glycocyamidine forme des paillettes à peine jaunâtres, très solubles. Sa réaction est franchement alcaline. Son chlorozincate est peu soluble. Son chloroplatinate (G'H=Az'0,HGl)='PtGl\tPO est en aiguilles solubles dans l'eau.

On a déjà dit que Griffiths a signalé la glycocyamidine, base très toxique, dans les urines des rubéoleux, et la propylglycocyamine G®H"Az^O" dans les urines des malades atteints d'oreillons.

Créatine G^H^Az^O"; Créatinine GMrAz^O.

Créatine. — La créatine est l'acide basique méthylgua-

/ Az H'^

nidineacétiquc Az H : C ^ ^^^^ ^^^-^ . G II- • C 0-H " ^^^^ répond au glycocolle ou acide amidoacétique Azll-'CIT-GO^H. Nous avons donné plus haut les preuves de cette constitution de la créatine. G'est un corps doué de propriétés

LEUCOMAÏNES CRÉATINIQUES.

Lasiques faibles. Il fut découvert en 1835 par Ghevreul' dans le bouillon de viande; Liebig Tétudia en 1847. La créaLine existe dans la chair de la plupart des animaux, dans le cerveau, dans le sang, souvent même dans les urines. Celle de chiens nourris de viande en contient toujours. On l'a signalée aussi dans le lait en faible quantité. En un mot, c'est une substance qui se produit d'une manière continue dans l'économie et qu'on retrouve dans beaucoup de tissus et d'excrétions.

Pour l'extraire de la viande fraîche, on épuise méthodiquement celle-ci par l'eau chaude; on porte les liqueurs à l'ébullition pour coaguler l'albumine, on filtre et l'on ajoute un léger excès d'hydrate de baryte. On sépare par filtration le précipité qui se forme ; on enlève par l'acide carbonique l'excès d'hydrate de baryte ajouté, et l'on concentre la liqueur. Elle se remplit peu à peu de fines aiguilles de créatine qu'on purifie par une nouvelle cristallisation.

J'ai dit (p. 57 et 65), en parlant de la méthode générale d'extraction des bases des divers tissus et excrétions, comment on sépare les leucomaïnes créatiniques, insolubles dans l'alcool, des corps xanthiques et des autres bases qui les accompagnent.

La créatine est précipitée par le phosphomolybdate de soude en liqueurs fortement acides, et par le chlorure de zinc en liqueurs chlorhydrique et alcoolique, caractères qui permettent aussi de la séparer des matières banales qui l'accompagnent dans les tissus et dans les humeurs.

La créatine cristallise en aiguilles et prismes clinorhombiques nacrés (fig. 4), incolores, légèrement amers, neutres

, 1. Journ. de Pharm., t. XXI, p. 234.

LKS LEUCOMAÏNES.

;ui jiMpitu' do Ll)^l^ll(3^()l, livs sciliil)lc's dana l'eau boiiillaïUc, (V)i'l, pou sohihles à froid, dcivanlage dans l'alcool cliaud, mais non dans l'étlicr. Elle rci)ond à la formule de l'hydrate G* H'AzT)", IPO qui perd Fio.4. - Créatine. ^ ^ Bi 011 l;i. fliaulfe ai)rès

dessiccation, elle fond et se décompose en donnant de l'ammoniaque.

Elle se dissout dans les acides étendus et forme des sels. Son chlorkydrale G* IF Az^ 0^ HGl est en beaux prismes non délicpiescents, acidulés, peu solubles dans l'alcool, même affaibli.

Sous l'action des acides concentrés, surtout à chaud, ou par une longue ébullition de ses solutions, la créatine jjerd une molécule d'eau et se transforme en créatinine :

Bouillie avec l'eau de baryte, la créatine donne par hydratation de l'urée et de la sarcosine ou méthyglycocolle :

H' Az^ 0= + 0 = CO(A7,H2)- + (AzH)-CH^.CH-CO''H

Cléaline Uiée Sarcosine

C'est là une des réactions remarquables qui indiquent, d'une part comment ces bases disparaissent en grande partie des tissus, non à la suite de i)héu()mènes d'oxydation, mais par hydrolyse pure et simple; de l'autre, comment l'urée peut indirectement dériver des matières albuminoïdes par l'intermédiaire de la créatine et des substances azotées de même structure générale, en vertu de simples dédoublements bydroly tiques.

LEUCOMAÏNES CRÉATINIQUES.

La créaline se transformant en créatinine par son ébiillition prolongée en présence des acides étendus, il est facile de la distinguer par la réaction de Weyl que l'on fera connaître à propos de cette dernière substance.

La créaline ne donne pas de précipité avec le réactif de Bouchardat (IK + I), ni de bleu de Prusse avec un mélange de ferricyanure de potassium et de chlorure ferrique très étendus. Elle précipite en blanc par le nitrate mercurique en présence d'un peu de carbonate sodique.

Cette base n'est pas très toxique. Toutefois, chez les animaux, sa solution déposée à la surface de la zone motrice du cerveau détermine, d'après Landois, des convulsions cloniques*.

Créatinine C^LPAz^O. — Cette base, beaucoup plus énergique que la précédente, l'accompagne très souvent dans les humeurs et dans les tissus. On la trouve dans les urines et d'autres sécrétions animales, dans les eaux de l'ammios, dans les muscles, la chair des poissons, le lait, la sueur; en petite quantité dans les matières fécales ^ La créatinine augmente beaucoup chez les animaux surmenés, dans les urines des typhoïques, des tétanisants, des pneumoniques.

1. La créaline peut êlre transformée par certaines bactéries en méthylguanidine qui est très toxique. Celte transformation se produirait-elle dans l'éclampsie et l'urémie ?

2. Suivant Johnson, il existerait divers isomères de la créatinine : on retirerait des urines une créatinine en aiguilles effîorescenies répondant à la composition H'' Az3 0, 2 H'- 0, qui se transformerait en deux modifications isomères, l'une l'a- créatinine tabulaire, solubie seulement dans trois cent soixante-deux parties d'alcool absolu; l'autre, la (î- créatinine tabulaire. D'autre part la créatinine dérivée de la créaline de la chair musculaire aurait un pouvoir réducteur différent de celle qui existe primitivement dans les muscles.

LKS LEUCOMAÏNES.

Pour la retirer de l'urine, on recourt le plus souvent à celles de veau. On les traite d'abord par de l'eau de chaux et du chlorure de calcium pour en séparer les phosphates terreux, on évapore à sec et l'on reprend le résidu encore chaud par de l'alcool fort et bouillant; on évapore cet alcool et l'on ajoute au résidu nouveau, tout en agitant fortement, une solution alcoolique de chlorure de zinc. Après quelques

jours, il se sépare une matière (fig. B) formée d'aiguilles cristallines de chlorure de zinc et de créatinine (G*ir Az' 0)' Zn GP. On lave ces cristaux avec un peu d'alcool, et après avoir dissous ce sel dans l'eau, on le décompose par de l'hydrate de plomb; on décolore la solution filtrée

Chlorure, dl" zinc et de P^f du iioir animal, OU évapore à sec creatmme. traite le résidu, mélange de créa-

tine et de créatinine, par de l'alcool bouillant qui dissout la créatinine, tandis que la créaline reste indissoute ou se sépare par refroidissement. La créatinine pure se dépose ensuite par évaporation de l'alcool.

Elle cristallise en prismes brillants, incolores, appartenant au système monoclinique (fig. G). Elle est soluble

dans douze parties d'eau froide et dans cent-vingt parties d'alcool à la température ordinaire. Sa saveur est caustique ; sa réaction alcaline.

Elle déplace l'ammoniaque de ses sels. En solution aqueuse, elle se transforme peu à peu en créatine en s'hydralant. Elle précipite par l'azotate de mercure, par le sublimé :

Fig. 6 Créatinine.

LEUCOMAÏNES CRÉATINIQUES.

dans l'un ou l'autre cas, la présence d'un peu de carbonate ou d'acétate de soude favorise la réaction. Elle forme avec l'azolate d'argent un précipité blanc, caseux, volumineux.

Le chlorure de zinc et de créatinine (G'H' AzO)'ZnCl=' se forme immédiatement dans les solutions concentrées auxquelles on ajoute du chlorure de zinc sirupeux. Ce chlorure double (fig. o) est grenu, cristallin, formé d'aiguilles très fines groupées concentriquement, très peu soluble dans l'eau froide, insoluble dans l'alcool; ce sel double est caractéristique.

La créatinine précipite par le pliosphomolybdate de soude en liqueur acide. Elle donne à peine un louche par le sousacétate de plomb, même ammoniacal et à chaud. Elle est précipitée par l'acide picrique de ses solutions pas trop étendues. Si l'on opérait avec de l'urine, on obtiendrait un mélange d'acide urique et de picrate double de potassium et decréatinineC^LrAz'O, G«H^(Az070H, G«IIK(AzO'-)'OH.

La créatinine ne précipite pas par le réactif de Boachardat et ne donne pas de bleu de Prusse par le mélange de ferricyanure et de perchlorure de fer.

Les réactifs oxydants la transforment en méthylguanidine. Ghaufiée douze heures avec la baryte en excès, elle se change, par hydrolyse, en méthylhydantoïne :

^'^'■^^ N Az(GH3)>CH-^ + = AZH3 + C0 ^ Az(CH3)^CH^

Créalinine Mélhylhydanloïne

La créatinine est facile à reconnaître : si- à une solution de cette base on ajoute à froid quelques gouttes d'un nitroprussiate soluble très étendu, puis une solution faible de soude, il se produit une coloration rubis qui passe ensuite au jaune {Weyl). Si l'on acidulé cette solution avec de

LES LliUCOMAÏNES.

l'acide acétique et que l'on clianflo, la li(|ueur devient verte, puis bleue'.

En solution aqueuse froide, mélangée d'un petit excès de soude, puis de tartratc sodico- potassique et d'un peu de sulfate de cuivre, la créatinine dépose une poudre blanche formée de grains agglutinés si peu solubles que celle réaction peut accuser, dans les liqueurs, un millième de cette base.

La créatinine parait avoir une action toxique très sensible. Landois a vu que sa solution, déposée à la surface d'une partie des hémisphères du cerveau, provoquait chez les animaux des convulsions cloniques.

Lysaline G«ir\Az3 0== et Lijmtininc C«Ii"Az^O.

Nous ne dirons qu'un mot de ces deux homologues supérieurs de la créaline et de la créatinine, parce que ces bases n'ont pas encore été découvertes dans l'économie; mais, vu leur place dans la famille des corps créatiniques et leurs propriétés remarquables, elles méritent qu'on les signale ici.

La lysatinc CH'^Az^O- fut obtenue par Drechsel, en 1891, en soumettant la caséïne à l'action de l'acide chlorhydrique concentré en présence d'étain^ Siegfried a remarqué que la légumine, et probablement d'autres albuminoïdes végétaux, donnent aussi cette base quand on les traite par ce même procédé.

\. Celle réaction se produit aussi avec des substances voisines de la créatinine, contenant le groupement CH^-CO lié à deux atomes d'azote : telles sont rhydanioïne, la méthylhydantoïne, la suUliydanloïne. La guanine, la guanidine, l'allantoïno no la donnent pas [Gnareschi),

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